Pentecôte
Si l’envoi en mission des disciples, recevant l’Esprit Saint du Christ ressuscité Lui-même, le soir venu, semble se faire dans l’intimité de la résurrection, il nous est donné, en ce jour de la pentecôte et au travers des actes des apôtres, de nous trouver dans une situation ô combien différente.
Dans l’’intimité du crépuscule éclairé par le Ressuscité venu en personne, en chair et en os, visiter des amis, le Christ envoie les disciples en mission… Mais… cinquante jours plus tard, ils sont toujours ensemble… unis dans la prière, certes, mais enfermés. Pourtant le Christ les avait envoyés en mission… Tout se passe comme si leur mission était uniquement la prière… Mais ne faut-il pas du temps à l’homme pour faire toute la place à Dieu ? Et n’est-ce pas la prière qui seule permets d’ouvrir les cœurs et les âmes à Dieu ?
Ainsi, en ce jour de la fête juive de la Pentecôte qui célébrait la promulgation de la Loi sur le Sinaï : « les dix commandements » et la conclusion de l’alliance entre Dieu et son peuple. Dieu vient sceller avec les hommes une alliance nouvelle et le calme de la prière se voit envahi par un « bruit » soudain, la sombre pièce hébergeant les disciples est illuminée par des « langues qu’on aurait dites de feu qui se posèrent sur chaque disciple. »
Le temps de l’attente est fini chers frères et sœurs, le temps de la prière se prolonge dans l’action, le temps du silence fait place à l’annonce de la Bonne Nouvelle.
Ainsi nous venons d’assister au départ fracassant et bruyant des apôtres en mission.
• Aujourd’hui : l’Esprit souffle avec vigueur tel un violent coup de vent, la douce brise devient tempête et vient emplir les apôtres les faisant annoncer les merveilles de Dieu dans les multiples langues des Juifs religieux, venant de « toutes les nations sous le ciel », au point de les en stupéfier et de les en émerveiller !
• Aujourd’hui, l’Esprit pénètre les disciples de sa lumière, de sa force, de son amour. Il remodèle leur personnalité, leur donnant la faculté de parle de manière à être entendus sur toute la terre dans les langues diverses de leurs auditeurs. Ils rayonnent d’une telle joie, d’un tel besoin de s’exprimer, qu’ils semblent ivres : Ils sont ivres du Saint-Esprit.
Le Défenseur, si souvent promis par Jésus ne fait pas les choses à moitié, c’est le moins que l’on puisse dire : on croirait assister au décollage d’une fusée ou d’un avion puissant… En tout cas, on assiste à la propulsion des apôtres dans le monde pour qu’ils rendent témoignage avec énergie et efficacité !
Quel évènement ! Peut-être fallait-il qu’il soit aussi énergique pour tirer les disciples de leur attente, de leur torpeur. Peut-être fallait-il qu’il soit ainsi pour les emplir radicalement de la vérité tout entière et les ouvrir définitivement et irréversiblement à la compréhension des merveilles de Dieu et les envoyer parmi leurs contemporains pour en faire la joyeuse annonce, eux qui ont été si lents à croire malgré tous les enseignements reçus du Seigneur…
Ainsi, la douce brise devenue tempête vient habiter les amis de Jésus pour en faire des disciples actifs capables d’annoncer les merveilles de Dieu aux hommes. Elle les emplit de tous ses dons et de ses fruits qui les font agir comme Dieu le veut…
Car être animé de l’Esprit de Dieu, c’est penser comme Dieu le désire et agir avec le même amour, la même joie, dans la même paix, avec la même patience, la même bonté, la même bienveillance, la même fidélité, la même douceur et la même maîtrise de soi que le Christ nous a enseignées tout au long de sa vie terrestre.
Être empli de l’Esprit Saint, c’est aussi être enfants de Dieu et donc faire partie de la famille de Dieu… On dit parfois des personnes qu’elles ont l’esprit de famille en voulant signifier qu’au sein d’un même clan, on se sent tous solidaires et que l’on agit en pensant à l’intérêt collectif
Ainsi, quand on est empli de l’Esprit Saint, on fait partie d’une famille qui s’appelle l’Eglise, famille qui doit être solidaire, orientée vers l’intérêt collectif de l’humanité. Une famille au service du monde : C’est ainsi que l’Esprit de Dieu rend l’Eglise universelle et servante. En Théologie on définit l'Esprit Saint comme l'amour entre le Père et le Fils dans l'ensemble de la Trinité. Et bien lorsque l’Esprit saint nous habite, Il nous habite de l’amour de Dieu, ce qui n’est pas peu dire ! D’autant moins si l’on considère que l’amour est « la faculté de sortir de soi pour aller à la rencontre des autres et de les rendre heureux ».
Aujourd’hui, la commémoration de la Pentecôte des Apôtres nous rappelle que nous sommes nous aussi, remplis de l’Esprit qui est l’énergie la plus puissante que nous puissions avoir en nous : en ces temps de crise énergétique, voilà de quoi faire rêver… Mais l’énergie, si on ne l’active pas, elle ne sert à rien. On peut avoir le réservoir de sa voiture plein, s’il n’y a pas l’étincelle de l’allumage pour l’activer, cela ne sert à rien, le moteur restera muet et la voiture n’avancera pas... On garde un potentiel d’autonomie, mais si on ne l’utilise pas, on reste sur place. Et bien frères et sœurs, si nous n’activons pas cette énergie d’amour qu’est l’Esprit Saint en nous, il ne nous sert à rien…
C’est pourquoi, aujourd’hui, le Christ nous demande d’activer l’énergie de l’Esprit qui nous habite afin qu’il nous propulse dans le monde. Il nous demande de manifester à ce monde sa présence, son amour, son espérance. Pour cela, nous devons laisser l’Esprit agir au plus profond de notre cœur pour qu’il nous envoie vers nos frères parler la langue universelle de l’Amour de Dieu. La seule que tout le monde peut comprendre. N’ayons crainte, Il nous dira ce que nous devons faire, il nous suffit de le laisser agir en nous…
Frères et sœurs : aurons-nous cette disponibilité et cette audace ?
Amen
Jean-marie Blondel, diacre