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Billet spirituel

  • 1er dimanche de l’Avent C

                En cette année liturgique qui s’ouvre, nous commençons la lecture suivie de l’Evangile de St Luc… et nous commençons par la fin ! Nous venons de lire un extrait du discours de Jésus sur la fin des temps. Après une description du siège de Jérusalem par les troupes romaines et des conseils de fuite que els chrétiens ont d’ailleurs parfaitement suivies, Jésus parle de sa Venue dans la Gloire, de son Avènement glorieux, de son Avent (Adventum contracté).

                Le même événement que celui évoqué par Saint Marc dimanche dernier. Même si nous allons comme chaque année liturgique repasser en nos mémoires et revivre tous les mystères du Seigneur, notre conception chrétienne du temps n’est pas cyclique : au contraire elle est directionnelle si je puis dire, tout tendue vers la Venue glorieuse du Seigneur,accomplissement du salut réalisé totalement dans le Christ pascal et encore à venir en l’humanité appelée à devenir son Corps glorieux. Notre cœur, noter esprit est tendu – spirituellement bien sûr, par désir et non psychologiquement – vers cette Venue du Seigneur qui comblera notre attente.

                Toute la liturgie de la messe est marquée par cette attente désirée de la Venue glorieuse de Jésus :nous buvons le « Vin du Royaume » comme dit l’offertoire ; « nous attendons sa venue glorieuse » comme nous le chantons après la consécration ; nous « espérons le bonheur promis et l’Avènement de Jésus Christ notre Sauveur » ainsi que le demande la prière qui suit le Notre Père qui lui-même a exprimé cette prière : « Que ton Règne vienne ! »

                Cette attente joyeuse de la Venue de Jésus dans la Gloire repose  sur sa venue parmi nous, il y a 2000 ans, à Bethléem : Le Fils de Dieu, l’Eternel a assumé une nature humaine en la personne de Jésus de Nazareth, Vrai Dieu et Vrai homme sans mélange ni séparation comme du Chalcédoine. Cette union si intime de Dieu et de l’homme est pour l’éternité. Devenu homme, consubstantiel à nous, Jésus n’a pas cessé d’être Dieu ; glorifié auprès du Père, il demeure avec nous, attendant de nous unir à Lui dans la Gloire pour l’Eternité. Son union éternelle à nous nous assure de sa venue pour que nous soyons toujours avec Lui.

                En attendant, le Seigneur ne cesse de venir dans le secret.

    Il vient dans chaque Eucharistie et il  naît et demeure dans le fond du cœur de chaque croyant. Il demeure dans le Corps des chrétiens unis, - l’Eglise - aujourd’hui sur terre, Présence du Ressuscité au milieu des hommes Il visite secrètement tous les hommes, les sollicite à penser et à faire le bien, « Il éclaire tout homme en venant dans le monde »dit St Jean ; accueilli par les uns, « il leur donne de devenir enfants de Dieu », rejeté par d’autres « et les siens ne l’ont pas reçu » dit le même  St Jean. Mais Dieu en se lasse pas de venir et de frapper à la porte des cœurs.

  • SERMON DE LA FÊTE DU CHRIST ROI 2018 (année B)

    En cette magnifique fête du Christ Roi, je voudrais contempler avec le Christ tel que l‘Apocalypse nous le montre, nous le fait rencontrer ce matin. Nous sommes devant Lui…

    « À vous, la grâce et la paix, de la part de JÉSUS CHRIST,

                le témoin fidèle : fidèle à la mission confiée par le Père, fidèle sur els routes de Palestine comme sur la Croix

                le premier-né des morts, 
c’est sa victoire sur la mort. La Croix ouvre sur la Résurrection et Jésus est le premier né, le premier mort qui vit en Dieu pour toujours.

                le prince des rois de la terre, c’est son Ascension, c’est-à-dire son exaltation, « tous les rois le serviront » dit le psaume. Et l’ayant reçu, l’ayant accueilli au milieu de nous, assemblée du Christ, nous le louons… avec une très belle doxologie :

     

                À lui qui nous aime,
 au présent… il nous aime aujourd’hui, maintenant comme toujours, infiniment comme un fils de Dieu peut le faire, il nous prend dans son amour divin. C’est le seul endroit du Nouveau Testament où on nous le dit !

                qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
 au passé, c’est fait, le mystère de Pâques est totalement et parfaitement accompli même si ce salut doit gagner tous les cœurs humains. Nous sommes entre le « Déjà là » de la victoire salvifique du Christ et le « Pas encore » de son accomplissement… même si aujourd’hui comme à toute messe, ce Royaume accompli  vient à nous et nous y vivons durant la messe.  

                qui a fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père,
 j’y reviendrai un peu plus loin.

                à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles. Amen.
  

     

    Puis tout à coup, St Jean tourne nos regards non plus seulement vers le Christ là au milieu de nous mais vers le Christ Glorieux qui vient à la fin de temps ! C’est le même… mais le même dans la Gloire finale ! comme personne ne l’a encore vu !

     

                Voici qu’il vient avec les nuées,
tout œil le verra,« Venir sur les nuées » Daniel nous en a parlé dans la première lecture de ce jour. Daniel parle du « Fils de l’homme », titre que Jésus s’est attribué (110 fois dans les Evangiles), qu’il a aimé et sur lequel il a  été condamné… Et cette venue n’est pas que pour els croyants ; elle est pour tous ! « Tout oeil le verra »

                
ils le verront, ceux qui l’ont transpercé Répétition de cette vision de tous les hommes, eux qui l’ont transpercé par le mal qu’ils ont fait. C’est une prophétie de Zacharie… comme le texte  qui suit et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.

                
Oui ! Amen !

                Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
dit le Seigneur Dieu,
1èreet dernière lettre de l’alphabet grec. Jésus est au commencement et à la fin de        l’histoire : tout vient de Lui tout est pour Lui. Il est le Créateur, le Sauveur, le Récapitulateur de tout à la fin des temps, c’est le même qui crée, sauve, accompagne l’histoire de tout homme, et ressaisit en Lui tout, création matérielle et humaine. Notre cierge pascal porte tous ces titres sur lui-même : croix, clous, alpha et oméga, humble date de l’année, celle de l‘attente de la venue glorieuse.

                Celui qui est, qui était et qui vient,
le Christ s’applique la révélation du Nom de Dieu au Buisson ardent, « Qui est, était et qui VIENT » moins statique, actif, Dieu intervient, vraiment lui-même, dans la vie des hommes, c’est l’incarnation qui est évoquée.

                le Souverain de l’univers. »Le Pantocrator, l’icône que vous avez sans cesse sous le yeux, à l’Est, là où le soleil chaque matin annonce cette venue

    du Seigneur à la fin des temps.

     

    J’ai encore à ajouter une chose : ce Dessein divin si bien montré par St Jean  nous le VIVONS à chaque eucharistie.

    Et je le fais en citant le Pape St Jean Paul II dans l’encyclique que nous allons étudier toute cette année :

    Le Pape écrit au n° 8 :

    « Quand je pense à l'Eucharistie, tout en regardant ma vie de prêtre, d'évêque, de Successeur de Pierre, je me rappelle spontanément les nombreux moments et lieux où il m'a été donné de la célébrer. Je me souviens de l'église paroissiale de Niegowić, où j'ai exercé ma première charge pastorale, de la collégiale Saint-Florian à Cracovie, de la cathédrale du Wawel, de la basilique Saint-Pierre et des nombreuses basiliques et églises de Rome et du monde entier. J'ai pu célébrer la Messe dans des chapelles situées sur des sentiers de montagne, au bord des lacs, sur les rives de la mer; je l'ai célébrée sur des autels bâtis dans les stades, sur les places des villes...

    Ces cadres si divers de mes Célébrations eucharistiques me font fortement ressentir leur caractère universel et pour ainsi dire COSMIQUE.OUI, COSMIQUE !  Car, même lorsqu'elle est célébrée sur un petit autel d'une église de campagne, l'Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l'autel du monde.

    Elle est un lien entre le ciel et la terre.

    Elle englobe et elle imprègne toute la création.

    Le Fils de Dieu s'est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l'a tirée du néant. C'est ainsi que lui, le prêtre souverain et éternel, entrant grâce au sang de sa Croix dans le sanctuaire éternel, restitue toute la création rachetée au Créateur et Père.

    Il le fait par le ministère sacerdotal de l'Église, à la gloire de la Trinité sainte. »

                Qu’est-ce que le « ministère sacerdotal de l’Eglise » ?

                C’est le sacerdoce baptismal que nous avons tous reçu au baptême : St Jean disait : « Jésusa fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père. »INCORPORÉ AU CHRIST PAR LE BAPTÊME NOUS SOMMES TOUS INCORPORÉS AU CHRIST PRÊTRE.

                Quand exerçons-nous ce sacerdoce ? Surtout à la messe… à l’offertoire en apportant avec le pain et le vin toute votre vie, vous efforts pour la paix, la vie évangélique, le bien que vous avez reçu d’autres… Et au « Par Lui avec Lui »… où nous nous offrons tous au Père avec le Christ, tout nous-mêmes, corps, esprit, affectivité, volonté, désir …

                On comprend alors la finale du pape Jean Paul II au n° 8 :

    « C'est vraiment là lemysterium fidei (mystère de la foi)qui se réalise dans l'Eucharistie: LE MONDE, SORTI DES MAINS DE DIEU CRÉATEUR, RETOURNE À LUI APRÈS AVOIR ÉTÉ RACHETÉ PAR LE CHRIST. »

  • Charles de Habsbourg-Lorraine, homme de paix.

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    Je voudrais très rapidement expliquer pourquoi cette icône du Bienheureux Charles de Habsbourg Lorraine a toute sa place dans cette église Notre Dame de Bonsecours aux côtés des prières et vœux des 14 paroisses de Nancy et du vœu fait le 14 septembre 1914, par Général de Castelnau défenseur de Nancy. Mais aussi des prières très nombreuses qui s’élevèrent dans cette église de Bonsecours pour la Paix, l’arrêt de la guerre et dont témoignent dans le cloître de cette église plus de 600 ex votos. Au commencement de la guerre, puis durant la bataille de Verdun puis au cours de l’année 1918 « pour que cesse la guerre »,des milliers de nancéiens sont venus ici pour prier.

    Charles de Habsbourg Lorraine devint empereur le 21 novembre 1916. Sa visite sur le front et la situation des populations civiles, son attachement pour son peuple joint à un sens aigu de son devoir de souverain, lui firent tout de suite une obligation de chercher par tous les moyens à mettre fin à une guerre qui n’avait que trop duré. : « il faut arrêter cette boucherie »avait –il déclaré au retour du front, « il faut tout de suite arrêter cette guerre. »redisait-il en mars 1917.

    Il tenta, vainement, de s’opposer au projet de l’Allemagne d’engager une guerre sous-marine à outrance en disant «   C’est affreux  ! L’Allemagne sous-estime l’Amérique et surestime ses propres forces. Berlin est frappé de cécité et nous précipitera dans l’abîme   ».De même, jugea-t-il insensé l’appui que le quartier général du Kaiser accorda à Lénine en avril 1917, le faisant passer de Suisse en Russie, à seule fin d’y allumer sa révolution.

    Mais dans la pratique l’empereur était dépourvu de moyens de faire pression sur les belligérants… jusqu’au jour où il décida d’ouvrir des discussions secrètes directes avec l’Entente, c’est-à-dire avec la France et l’Angleterre, en vue de conclure la paix, entre soldats et dans l’honneur. Il exauçait ainsi tous les vœux et les 27 entreprises du Pape Benoît XV pour faire arrêter la guerre.

       L’empereur décida d’intervenir par l’entremise de la famille de sa femme, les Bourbon Parme. Après un bon début des négociations secrètes au début de 1917 surtout avec l’Angleterre, tout se heurta au refus des Français, d’Alexandre Ribot chef du gouvernement succédant à Briand en mars 1917; le refus fut relayé ensuite par Clémenceau chef du gouvernement à partir du 12 novembre 1917 qui sur se montrer arrogant et destructeur de l’empire austro-hongrois.

       La guerre de ce fait,  dura encore une grande année. Charles 1erfut contraint à l’exil sans bien, ni aide, à Madère où il mourut de faiblesse, de froid et de faim à 34 ans, le 1eravril 1922 laissant une veuve et huit enfants.

       Cet« ami de la Paix » comme l’appela St Jean Paul II à sa béatification, ce disciple de Christ qui subit comme son maître l’humiliation et le rejet injuste a toute sa place dans notre église et offre son exemple et son intercession à tous les fidèles qui le prieront ici.

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  • Impétuosité spirituelle…

    Voici comment un chrétien araméen de la région d’Edesse exprimait sa joie d’aller vers le Christ, Dieu fait chair. Allons-nous à l’eucharistie dominicale où le Verbe fait chair se donne à ses frères et sœurs avec le même « impétuosité » … le même « élan », le même émerveillement.

    Je vous souhaite à tous de vivre ainsi votre encontre dominicale…

    « Telle l'impétuosité de la colère contre l'impiété,

    l'impétuosité de la joie vers l'objet aimé

    Ma joie, c'est le Seigneur,

    et mon élan se porte vers lui.

    Belle est ma route vers le Seigneur,

    car il est mon soutien.

    Il s'est fait connaître à moi dans sa simplicité

    sa bienveillance a rapetissé sa grandeur,

    Il s'est fait semblable à moi pour que je le reçoive,

    Il s'est fait semblable à moi pour que je le revête.

    Je n'ai pas été effrayé en le voyant,

    car il est ma miséricorde.

    Il a pris ma nature pour que je le comprenne,

    et ma figure pour que je ne me détourne pas de lui. »

     

    (Odes de Salomon 7)

     

    De la part de votre curé en ce début d’année eucharistique dans nos paroisses de Nancy.

  • L'eucharistique est au centre de la vie de disciple

     

     

    20èmedimanche dans le temps B

                Nous venons d’entendre Jésus déclarer avec force : « Amen, amen, je vous le dis :  si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,  et si vous ne buvez pas son sang,  vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang  a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »L’enseignement est clair : la manducation eucharistique est au centre de la vie de disciple du Christcomme accueil en nous de la Vie divine –éternelle – et comme gage de notre résurrection. Un peu plus loin Jésus insiste : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. »

                Je ne suis pas sûr que les catholiques français soient tout à fait convaincus de cette centralité de l’eucharistie, eux qui pratiquent si peu ! Il n’y a pas encore si longtemps qu’on expliquait que l’eucharistie n’était pas « obligatoire » et qu’on pouvait être chrétien sans y participer : il fallait seulement faire du bien.

                Car le fond de l’affaire est le suivant : on a fait du christianisme une morale, rigoriste personnelle pour les traditionnalistes, socialiste et collective pour les progressistes. Mais c’est toujours de la morale.Que de fois entend-on des parents expliquer qu’ils font baptiser leur enfant pour lui inculquer des « valeurs : tolérance, paix, amour … »

     

                Et cela vient de loin :de la seconde moitié du 19èmesiècle, en Allemagne ou en Angleterre dans les pays protestants : on a voulu faire une présentation « rationaliste » de la foi c’est-à-dire enlever du contenu tout ce que la raison scientifique ne pouvait tolérer : miracles, résurrection, eucharistie, divinité du Christ, résurrection finale … Que reste-t-il ? Un Jésus moral et moraliste. Ainsi Dieu existe, il nous veut moraux et il nous récompense à la fin. Voilà le credo qui reste.

                C’est la« Vie du Christ »de Strauss en Allemagne[1], c’est la réplique française d’Ernest Renan[2]et la déferlante libérale rationaliste qui envahit l’exégèse (= l’explication des textes bibliques. Exemple : dans une récente prédication télévisée sur la multiplication des pains, il fut expliqué que le miracle était que les gens avaient sorti de leur poche, le pique nique qu’ils avaient préparé par avance !)

                Le christianisme est devenu une morale. Cela nous rapproche du questionnement des juifs au commencement du chapitre 6 de St Jean : « Que devons-nous faire pour travailler aux  œuvres de Dieu ? » Jésus répond : « l’œuvre de Dieu(au singulier !), c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    Ce que Jésus réclame, c’est la foi parce que le christianisme n’est pas une morale, même pas d’abord une doctrine, mais une foi, une adhésion au Christ envoyé du Père ; être chrétien, c’est être une seule chair avec le Christ, un seul être avec lui.

     

                Au milieu de ce siècle rationaliste qui a contaminé profondément la foi des chrétiens – le modernisme de Loisy en France au début du 20èmesiècle et l’exégèse rationaliste -, c’est la lutte de l’Eglise contre cette redoutable déviance qui pour un croyant, fait prévaloir la raison dans sa réduction scientifique, sur la foi ! C’est la réaction par la contrainte des serments, c’est la réaction de grands théologiens – protestants comme catholiques - contre cette déviance, des moines comme Dom Chautard de Sept Fons avec son livre « L’âme de tout apostolat », comme ceux qui réfléchissaient sur la liturgie comme Dom Odon Casel ou Dom Lambert Beauduin… le renouveau patristique d’après guerre…

                Le Concile Vatican II est à la fois l’aboutissement de cette vivante rechercheet une présentation nouvelle de la vraie foi,présentation toute centrée sur la source des sacrements et surtout de l’eucharistie qui est déclarée « source et sommet » de l’être et de la vie de l’Eglise, de sa mission, de la vie des prêtres et des chrétiens…

                On est loin de la pensée commune dans notre pays d’une foi devenue pure morale… et d’une morale qu’on peut acquérir par soi-même d’où le baptême suivi de rien d’autre ! On est loin de vivre cela dans nos paroisses !! Vatican II n’a pas été vraiment reçu chez nous.

                D’où notre année eucharistique entre nos paroisses du Centre ville dont nous reparlerons bientôt, pour retrouver le centre de notre vie chrétienne et savourer la joie de la vivre chaque semaine.

                Une dernière remarque : chers frère set sœurs, il y a parmi vous de retraités… je ne dirai pas qu’ils n’ont rien à faire… je sais la garde des petits enfants et les voyages familiaux. Mais malgré tout, je reste stupéfait de vous voir si peu aux messes de semaines ! Vous ne ferez pas croire que vous n’avez pas le temps… une fois ?? Venir la semaine, c’est du « gratuit » qui montre qu’on sort de l’obligation dominicale (quelle horreur !)… qu’on veut davantage s’approcher du Seigneur…

     

    [1]Parue en 1835  et traduite aussitôt par une force du rationalisme français Emile Littré en 1839 ! pour le 1ervolume et 1853 pour le 2ème.

    [2]Vie de Jésus1863

  • Le Royaume de Dieu

    Billet spirituel.                                                                                  11èmedimanche dans le temps. B

                Le « Royaume des cieux ou de Dieu » voilà bien une expression propre à Jésus dans sa prédication… 157 fois dans les Evangiles.

                Le Royaume de Dieu « n’est pas de ce monde »[1],c’est dans le cœur des hommes que cette royauté s’exerce. Le projet divin en créant l’humanité – « son merveilleux dessein »[2]comme dit St Paul – c’est de « récapituler tout dans le Christ »,créer une seule humanité et l’unir à Lui dans la communion divine et la vie éternelle. Pour dire autrement, Dieu crée l’humanité pour en faire une Eglise, dont l’Eglise de la terre en est le commencement : quand sur la place St Pierre, on vous annonce qu’il y a présentes 115 nationalités différentes, on mesure là que cette humanité une est commencée dans l’Eglise du Christ par le Christ et son Esprit. St Paul résume cette vision grandiose en 4 mots : « Dieu tout en tous ».[3]

                Ce dessein divin avait été donné à l’homme au 1erjour de création : c’est la lumière qui « fut » créée[4]… et retirée, perdue pour l’homme, quand il n’a pas voulu entrer dans cette Alliance. Seuls quelques-uns connurent ce dessein : Abraham, Moïse, les prophètes… les justes, puisqu’il est écrit dans le Psaume 96 : « Une lumière est  semée pour le juste ». St Paul a bien raison quand il écrit aux Corinthiens, extrait que nous lisions à l’instant : « nous cheminons dans la foie et non dans la claire vision ».[5]

                Jésus explique, à la fin du discours des paraboles, qu’il révèle « des choses cachées depuis les origines »[6]…ce dessein divin donc, ce mystérieux royaume de Dieu.

                Deux petites paraboles ce dimanche :

                La première insiste sur la certitude de la réalisation de ce dessein divin qui s’opère dans le secret de la terre de l’histoire – comme la petite gaine semée – qui pousse, que le cultivateur dorme ou soit éveillé, par la seule force de Dieu – « tu ne sais comment » - et qui aboutit à la moisson fructueuse. Certes, il faut semer le grain, c’est notre tâche de croyants. Le reste c’est « Dieu qui donne la croissance. »[7]

                La seconde parabole insiste sur la disproportion entre la petitesse de la graine semée – la moutarde – et le résultat final « un grand arbre où tous les oiseaux du ciel viennent y faire leur nid »[8].Jésus est très optimiste et même « un peu de Marseille » comme on dit,  en exagérant la grandeur de cette plante : mais c’est pour montrer la belle réussite divine et son ampleur.

                Même si à certains moments nous croyons voir le Mal vainqueur, Jésus nous détourne de cette vision par un acte de foi en la réussite divine que nous ne voyons pas encore mais qui est certaine depuis que la Croix est victorieuse dans la Résurrection de Jésus.

     

    [1]St Jean 19/36

    [2]Ephésiens 1/9-10

    [3]1 Co. 15/28

    [4]Genèse 1/2

    [5]2 Co. 5/6

    [6]Mt 13/31-35

    [7]1 Co. 3/2

    [8]St Marc  4/26-34

  • Sermon de la Vigile pascale 2018

    1 – quel Evangile déroutant… 8

             Les femmes n’ont l’air d’avoir pour grande préoccupation que l’enlèvement de la pierre du tombeau… comme d’ailleurs autrefois Rachel se demandait qui lui enlèverait la pierre qui était grande et qui fermait le puits. Le commentaire des rabbins disaient : « le patriarche Jacob revêtu d’une rosée de résurrection avait pu lui tout seul déplacer la pierre. » Vous avez entendu « une rosée de résurrection » ! Quelle magnifique formule ! Elle conviendrait bien à notre Jacob – il y a ici plus que Jacob – le Christ Ressucité.

             Et après le message de l’ange, elles s’enfuient et ne disent rien !

             Pourquoi ? Personne n’attendait la résurrection maintenant. Pour la fin des temps oui ! et pour tous… Mais pour un tout seul ? Tout est si neuf, inattendu, impensable, incompréhensible… Les apôtres eux mêmes comme les saintes femmes, durent voir, entendre, toucher, palper même comme dit Jésus, embrasser, manger avec lui comme dit Pierre…pour devenir croyants. La résurrection est si charnelle !! Tout passe par les sens qu’il faut en même temps dépasser… « Ne me retiens pas ! »

    2 – Mais pourquoi St Marc arrête-t-il brutalement son évangile comme cela ? Nous savons bien que la suite des quelques versets n’est pas de lui. Pourquoi ne rien montrer des manifestations de Jésus ? Une belle hypothèse : cet évangile était lu en entier aux futurs baptisés avant leur baptême. Tout s’arrêtait brutalement : ils étaient conduits à la piscine baptismale, vivaient leur baptême puis habillés de blanc et un cierge à la main, ils entraient dans l’église et là, le signe magnifique de la Résurrection de Jésus leur était donné : l’EGLISE, l’Eglise de Jésus assemblée elle est qui est née de la Pâque du Seigneur. Cette Assemblée sainte de l’Eglise, c’est le peuple de Dieu le Père, c’est le Corps du Christ ressuscité selon le témoignage même de Jésus qui dit à Paul sur le chemin de Damas, qui dit au persécuteur des chrétiens : Pourquoi ME persécutes-tu ? Toucher au chrétien c’est toucher au Christ. Cette Eglise enfin est le temple de l’Esprit Saint.

             Voilà le Ressuscité Total si je puis dire, le Christ-Eglise, le Christ total dont parle St Augustin. La rencontrer cette Eglise, c’est rencontrer le Christ.

     

             C’est l’Eglise des martyrs qui ont donné leur vie pour attester leur foi en Christ et leur amour débordant pour Lui, « fous » pour le Seigneur. Martyrs des premiers siècles, martyrs si nombreux de nos jours.

             Cette Eglise, c’est l’Eglise des Saints, de tous âges et de toutes conditions jeunes comme Dominique Savio ou Pier Giorgio Frassati, ouvrier comme Marcel Callo, professeur d’université et homme politique comme Frédéric Ozanam, servante des pauvres mourants comme Mère Teresa ou St Rosalie Rendue du quartier Mouffetard en plein Paris misérable du 19è siècle… bergère comme Bernadette Soubirous à Lourdes, Pape comme St Jean Paul II ou St Paul VI, reines comme Mathilde ou Elisabeth de Hongrie.

             Cette Eglise, c’est ce soir cette noble et pauvre assemblée de disciples à Bonsecours : nobles et saints car Dieu habite en chaque chrétien et rayonne à partir de lui, pauvres car, en même temps, bien faible, fragile, pécheur si facilement… Cette Eglise pauvre et petite, Jésus l’aime avec tendresse. Jean Luc, ne craignez pas de vivre en elle et d’être reçue à la table du Christ avec elle.

     

    3 – Cette noble et pauvre Eglise vous donne aujourd’hui, à vous Jean-Luc et à vos enfants Yvan et Ambroise, vous donne son plus beau trésor : le Christ ressuscité qui l’habite, l’Esprit Saint qui est déposée en elle pour le donner. Elle vous donne avec joie la Nouveauté de Dieu pour vous renouveler au point de faire de vous, et chacun de vos enfants, un homme nouveau, pour illuminer votre intelligence et vous faire connaître le mystère de Dieu. Cette Eglise noble et pauvre veut vous accueillir sans vous accaparer, vous accompagner sans vous forcer à un chemin unique.

             Mais en même temps, cette Eglise attend de vous une chose : votre jeunesse dans la foi, votre émerveillement pour réveiller le nôtre, vos questions pour nous pousser à approfondir notre foi, vos remarques pour grandir dans la sainteté. Vous le voyez, c’est un échange de cadeaux… car la communauté de Jésus se nourrit fondamentalement du Don de Dieu et du partage entre frères et sœurs.

             Yvan et Ambroise vont suivre un autre chemin tout aussi beau et fort : une découverte au fur et à mesure de leur avancée en âge, un patient apprentissage de l’Evangile jusqu’au moment où ils auront à ratifier ou non le baptême reçu ce soir.

     

             Voilà qui est aujourd’hui la Présence du Ressuscité : l’Eglise… et dans ce quartier la noble et petite communauté de St Pierre Bonsecours dont Jean-Luc vous faites déjà partie depuis votre entrée en catéchuménat.

             Nous naissons sans cesse de la Résurrection du Seigneur, nous vivons d’abord fondamentalement de l’Eucharistie du Seigneur, de sa Parole, de son Esprit Saint et de l’échange de foi entre nous. Nous vous invitons à vivre cette humble vie chrétienne avec nous, selon votre grâce, vos possibilités et ce que le Seigneur saura bien vous suggérer. Nous vous accueillons avec garde joie. Amen

  • Le Carême

    Mes frères, nous commencerons le soir du Mercredi des Cendres, une longue période d’intense vie chrétienne : 90 jours !

                90 jours composés des 40 jours du Carême, des 40 jours du temps pascal avec le Ressuscité et 10 jours entre Ascension et Pentecôte dans l’attente du don renouvelé de l’Esprit Saint qui vient accomplir toutes choses !!

                Ces 90 jours sont les jours du mystère pascal aussi bien dans sa face de mort au péché que dans celle de Vie Nouvelle, toute orientée et façonnée par Dieu, sous l’inspiration bienfaisante de l’Esprit. Trois mois centraux de notre année chrétienne.

                Ce mystère pascal, c’est notre bien le plus précieux depuis notre baptême qui nous l’a fait vivre réellement sous le mode du sacrement. Depuis ce jour, toute notre vie est pascale. Toute notre vie est accueil du Seigneur Ressuscité Lumineux, Vivant, Splendide et plein d’amour à notre égard. Toute notre vie est façonnée par sa main, toute notre vie est Passage, sans cesse renouvelé, de la mort à la Vie, des ténèbres à la Lumière, de l’amour de nous-mêmes à l’amour de Dieu.

                Alors pourquoi ce carême ?

                C’est que vous le savez bien, le temps, le tumulte de la vie, l’insouciance et l’indifférence de cœurs qui n’aiment pas assez, … tout cela fait que nous perdons de vue ce Bien précieux entre tous, nous nous y habituons ou ce qui serait pire, nous nous soustrayons à son action en nous.

                Le carême est d’abord le temps du souvenir joyeux de l‘amour pascal que Dieu nous porte. Commençons ce Carême dans l’action de grâce pour notre baptême, « pour avoir été arrachés au mal, aux ténèbres et à la mort, pour être plantés dans le royaume lumineux du Christ. » Le carême, c’est le temps de la gratitude : laissons-la monter du fond de notre cœur vers Dieu, laissons cette gratitude envahir notre âme pour que tout ce que nous entreprendrons comme effort de sainteté soit dans ce climat de joyeuse gratitude pour Dieu qui nous a tant aimés, le premier.

                Le Carême est aussi le temps de l’espérance réaffirmée : nous ne pouvons pas grand-chose pour nous faire être un peu mieux ! Notre médiocrité nous accable parfois au-delà de toute mesure : mais le carême nous fait nous tourner avec une confiance accrue vers le Seigneur Victorieux du mal, toujours, ce Seigneur éblouissant de Vie et d’Amour que nous rencontrerons dans la prière, la communion ou la méditation des Ecritures qui sont les lettres d’affection qu’il nous a adressées depuis si longtemps !

                Dans ce climat de douce gratitude peuvent alors s’exercer les œuvres de conversion du carême. Ce sont celles que Jésus lui-même nous indique : une prière intime avec lui, plus longue et plus donnée de notre part. Un jeûne de ce qui nous encombre (nourriture, objets,) de ce qui nous rend esclaves (passivité devant la télévision, abus du portable et abus d’Internet), un jeûne pour briser nos chaînes secrètes, en un mot un jeûne pour aller avec plus de fraîcheur et de jeunesse enthousiaste à la rencontre du Christ. Enfin, partage, générosité renouvelée, limite imposée à notre égoïsme ou à notre instinct de possession.

                Le résultat, au bout de 40 jours ? Un chrétien renouvelé, rajeuni, heureux de croire, enthousiaste de vivre avec le Christ et de chanter avec lui les louanges du Père. Cette transformation à laquelle nous nous serons prêtés pendant 40 jours, manifestera pleinement que dans le Carême, c’est la force de Pâques qui agit et que le but de ces jours est de devenir davantage vivants de la Vie nouvelle qui jaillit sans cesse du Christ.

                Bon 90 jours à tous ! Et commencez votre chemin pascal le soir des Cendres. Tout de suite ! Si vous attendez, vous allez avoir tout de suite mille fausses raisons de ne rien faire, que vous justifierez comme toujours avec des raisons qui ne tiennent pas, … et vous le savez bien !

               Allons ! tout de suite en marche, c’est le sens des cendres que vous viendrez chercher auprès du Christ que le prêtre représente. Amen.