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2ème dimanche de Pâques

Chers frères et sœurs,

Ce dimanche nous sommes conduits au cœur même du mystère de la miséricorde de Dieu. Ce n'est pas un hasard si l'Église nous offre aujourd'hui l'Évangile de la rencontre du Christ ressuscité avec ses disciples, et plus particulièrement avec Thomas.

Les disciples sont enfermés. Les portes sont verrouillées « par crainte des Juifs », mais en réalité, par crainte du monde, de l'avenir, et peut-être surtout, de leur propre désillusion.

Leurs espoirs se sont effondrés. Tout ce qui avait un sens pour eux a été cloué à la croix.

Et c'est précisément à ce monde – replié sur lui-même, effrayé, blessé – que Jésus vient.

 

Il n'attend pas qu'ils soient meilleurs.. Il n'attend pas qu'ils croient. Il n'attend pas qu'ils se ressaisissent. Il vient simplement.

Il se tient au milieu d'eux et dit : « La paix soit avec vous ! »

Ce sont les premières paroles du Ressuscité.

Ni reproche, ni jugement. Ni « Ne vous l'avais-je pas dit ? » Mais seulement : la paix.

Voilà c'est la miséricorde.

La miséricorde n'est pas une théorie.

Souvent, nous pensons à la miséricorde comme à une belle idée, un beau mot. Pourtant, l'Évangile d'aujourd'hui nous montre qu'elle a un visage bien concret.

Jésus montre à ses disciple ses mains et son côté. 

Il montre ses blessures.

C'est extraordinaire : le Ressuscité ne cache pas ses plaies. Il n'en a pas honte. Il ne les efface pas.

Les blessures deviennent un signe d'amour.

Et c'est peut-être important pour nous aussi, car chacun de nous porte des blessures :

des blessures du passé, des péchés qui nous pèsent,

des situations que nous ne comprenons pas.

Et Jésus ne dit pas : « Redressez-vous d'abord, et ensuite venez.» Il dit : « Montrez-moi ceci. Venez avec cela. Laissez-moi entrer en cela.»

Saint Thomas l'Apôtre, le saint patron de nos doutes, est au cœur de l'Évangile d'aujourd'hui.

On le qualifie souvent d'« infidèle », mais il serait peut-être plus honnête de dire qu'il est authentique. Voyons voir, il ne fait pas semblant. Il ne répète pas des paroles en l'air. Il le dit clairement : « Si je ne vois pas… je ne croirai pas.»

Et que fait Jésus ?

Il ne le rejette pas. Il ne le couvre pas de honte. Il ne lui dit pas : « D’autres ont cru, mais toi ? »

Huit jours plus tard, il revient spécialement pour lui.

C’est incroyable : Jésus revient pour un seul homme.

Et il lui dit : « Mets ton doigt ici… regarde mes mains… »

Voici une miséricorde qui respecte l’autre et son cheminement. Une miséricorde qui ne brise pas, mais qui guide.

Cette rencontre avec la miséricorde conduit Thomas à l’une des plus belles professions de foi de toute l’Évangile :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Ce n’est plus une théorie. Ce n’est plus un savoir. C’est une expérience.

Et c’est peut-être précisément le sens de ce dimanche : cesser de dire seulement « Dieu est miséricordieux » et commencer à dire : « Il est miséricordieux envers moi. »

Jésus ne garde pas sa miséricorde pour lui seul. Il dit :

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »

Et il leur donne alors le pouvoir de pardonner les péchés. Cela signifie que la miséricorde doit aller plus loin.

Cela ne s'arrête pas à la réception de la miséricorde. Cela commence lorsque je la donne :

lorsque je pardonne, lorsque je ne garde pas de rancune, lorsque j'offre une seconde chance,

lorsque je ne rejette pas autrui.

 

Frères et sœurs.

Ce dimanche de la Miséricorde nous pose trois questions simples :

Est-ce que je permets à Jésus d'entrer dans mon monde fermé ?

Est-ce que je crois qu'il vient aussi à mes blessures et à mes péchés ?

Suis-je moi-même un instrument de miséricorde pour les autres ?

Jésus est parmi nous aujourd'hui – comme hier – et dit :

« La paix soit avec vous. »

Que cette parole touche nos cœurs. Qu'elle ouvre ce qui est fermé. Et qu'elle fasse de nous des témoins de la miséricorde.

Amen.

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