Mercredi des Cendres
„…revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment”.
Aujourd'hui, en ce début de Carême, ces paroles du livre du prophète Joël nous encouragent tout particulièrement à vivre pleinement les quarante jours à venir, afin que Pâques devienne pour chacun de nous un temps de joie et de gratitude particulières envers le Christ pour son sacrifice de salut.
Les paroles du prophète Joël nous révèlent la véritable nature de Dieu : miséricordieux, plein de grâce et de compassion envers ceux qui souffrent.
Je crois que chacun de nous ici présent est convaincu de l'amour de Dieu, de pouvoir compter sur lui et de se réjouir chaque jour de sa présence discrète, qui nous fortifie souvent face aux difficultés et aux doutes de la vie.
Il arrive cependant que nous perdions ce sentiment de proximité avec Dieu ; il nous semble distant, indifférent à nos problèmes. Nous pensons qu'il n'a pas le temps de nous guider, que nous ne nous sentons pas aimés de lui, mais rejetés, relégués au second plan de son action.
Bien-aimés !
C’est précisément pour cela que le Carême est nécessaire. Ces six semaines, que Dieu nous accorde à nouveau, sont un temps de grand amour.
Il nous offre ce temps pour que nous prenions le temps de ralentir le rythme de nos vies, ne serait-ce qu’un instant, pour nous arrêter et observer notre quotidien, la plénitude de l’amour, de la chaleur et de la paix qui nous entourent, et la multitude de nos défauts, de nos péchés et de nos oppositions à Dieu qui nous aime.
Ce temps qui s’offre à nous est une grande grâce de Dieu, une grâce que nous pouvons pleinement mettre à profit.
Mais c’est aussi un temps précieux qui peut nous échapper et être gaspillé.
Tout dépend de nous, de notre volonté de changer, de notre disposition intérieure.
„…revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment”.
Voici notre Dieu, et Il désire que nous, ses enfants, lui ressemblions.
Que la bonté, l'amour, la miséricorde et la compassion soient aussi nos traits de caractère, des traits qui nous rendront semblables à Lui et sanctifieront ainsi notre vie quotidienne.
Dans un instant, une cendre tombera sur nos têtes, ce symbole fort qui nous révèle notre véritable nature, mais aussi un appel à œuvrer pour que nos cœurs, nos âmes, en qui Dieu Lui-même demeure, ne soient pas détruits, mais au contraire, par l'amour, la compassion pour autrui, par la grâce et la miséricorde, deviennent un rempart inébranlable qui nous protégera du mal, de Satan et de tout ce qui cherche à nous séparer de Dieu.
L'essentiel, c'est que nous commencions véritablement, dès aujourd'hui, à travailler sur nous-mêmes. Après tout, chacun de nous sait que personne ne le fera à notre place.
Dans l'Évangile, le Christ évoque trois moyens bien connus de se rapprocher du Dieu qui nous aime : le jeûne, la prière et l'aumône. Ce sont là trois repères qui, si nous les gardons chaque jour à l'esprit, si nous les vivons et les respectons, ne peuvent en aucun cas compromettre notre préparation à Pâques.
En ce temps de Carême, répétons souvent les paroles de la prière du célèbre écrivain français Jean Guitton :
« Mon Dieu, apprenez-moi à bien employer le temps que vous m’avez accordé, afin que je ne le gaspille pas.
Apprenez-moi à anticiper sans angoisse, apprenez-moi à tirer profit de mes erreurs sans m’y attarder.
Apprenez-moi à ne pas désespérer lorsque j’imagine l’avenir parce qu’il n’est pas conforme à mes rêves.
Apprenez-moi à allier hâte et lenteur, sérénité et impétuosité, zèle et calme.
Venez à mon secours lorsque je commence, car alors je me sens faible. Veillez sur ma concentration pendant que je travaille et, surtout, comblez les imperfections de mon travail. »
Bien-aimés,
Que ces paroles soient pour nous aussi un encouragement, afin que nous ne gaspillions pas le temps que nous avons commencé aujourd’hui à l’église. Qu’elles nous incitent à porter du fruit dans l’œuvre spirituelle que nous entreprenons.
Car alors sera le signe que nous n’aurons pas vraiment perdu le Carême.
Ce fut pour nous une véritable période de conversion.