2ème dimanche de Carême A
Les rencontres des disciples avec le Christ peuvent être divisées en deux catégories.
La première catégorie regroupe les rencontres ordinaires, celles où rien d'extraordinaire ne se produit entre Jésus et ses disciples. Par exemple, les repas partagés, la plupart des moments qu'ils passaient ensemble, étaient aussi des moments où leur Maître enseignait non seulement à ses disciples, mais aussi à tous ceux qui venaient à lui.
La seconde catégorie de ces rencontres comprend les moments extraordinaires, ceux où Jésus surprenait ses plus proches. Cette surprise était aussi une révélation de la vérité sur Jésus-Christ. Par exemple, il y a eu des moments où Jésus accomplissait des miracles, et comme nous le savons par les Évangiles, ils furent nombreux.
Il est, je pense, très instructif d'observer les réactions des disciples dans ces situations. La vérité sur leur Maître, qu'ils suivaient sur les routes ensoleillées de Palestine, était avant tout une surprise pour eux.
Pour illustrer cela, il suffit de citer la scène où saint Pierre ne pouvait se résoudre à l'idée que Jésus était le Messie et qu'il souffrirait et mourrait.
L'Évangile d'aujourd'hui relate également l'une de ces rencontres extraordinaires entre le Christ et ses disciples. C'est un autre événement au cours duquel Jésus révèle la vérité sur lui-même, montrant à ses disciples choisis qu'il est le véritable Messie, le Fils de Dieu.
Le récit de la Transfiguration du Seigneur, placé au début du Carême, porte en lui cette belle vérité de foi, vécue par des générations de chrétiens : le but de notre vie chrétienne est de rencontrer le Christ transfiguré, c’est-à-dire de le rencontrer dans son Royaume, dont nous nous rapprochons chaque jour davantage.
J’espère que chacun de nous désire rencontrer le Christ transfiguré dans sa vie, c’est-à-dire franchir les portes du paradis, qui nous est promis pour les instants terrestres bien vécus.
Mes chers frères et sœurs !
Les disciples furent terrifiés et se prosternèrent au moment de la Transfiguration. N’est-ce pas surprenant ?
Quand Dieu apparaît à quelqu’un, il éprouve de la peur. On peut se demander pourquoi.
Les disciples furent terrifiés et se prosternèrent parce qu’ils refusaient de voir. Selon les enseignements du judaïsme, quiconque voit Dieu doit mourir, c’est pourquoi Moïse se protège les yeux du buisson ardent où se trouvait Dieu.
Les disciples, sur le mont Thabor, tombent à terre, n'osant pas lever les yeux de peur d'être atteints par le châtiment de Dieu.
On pourrait dire que nous sommes comblés de pouvoir contempler notre Dieu, Jésus-Christ, sans aucune crainte de la mort. Bien au contraire. Chaque dimanche, lorsque nous venons au temple pour contempler le pain devenu le Corps du Christ, le vin devenu son Sang, nous contemplons notre Seigneur transfiguré.
Nous sommes comme Pierre, Jacques et Jean sur la montagne de la Transfiguration. Cette grande sainteté de Dieu se révèle à nos yeux, mais devons-nous nous interroger sur la foi qui nous permet de voir véritablement le Christ transfiguré ?
Croyons-nous profondément que le Christ lui-même sera bientôt sur l’autel, lui qui, il y a 2 000 ans, a emmené ses disciples pour leur révéler sa gloire ? Ne nous sommes-nous pas tellement habitués à l’Eucharistie que nous réfléchissons peu à la présence du Christ dans la sainte communion ?
Qu’il est bon d’avoir Dieu près de nous, qu’il est merveilleux de pouvoir l’accueillir dans nos cœurs ! Quelle joie devrait emplir nos cœurs de savoir qu’il est, pour ainsi dire, à notre portée ! Vous pouvez entrer dans n'importe quelle église, vous approcher du tabernacle et parler au Dieu vivant, qui n'est pas dans l'au-delà, mais si proche de chacun de nous.
Mes chers frères et sœurs,
Profitons de ce temps précieux, don du Christ transfiguré, pour approfondir notre amitié avec Lui.
Profitons de ce Carême pour affermir notre foi, approfondir notre confiance et approfondir notre amour, comme le Seigneur nous y appelle.
Que le Christ transfiguré de l’Évangile, et plus encore le Seigneur transfiguré de cette Eucharistie, demeurent avec nous et en nous.
Ne laissons pas cette rencontre merveilleuse de côté, mais agissons concrètement dans notre vie quotidienne, pour être fiers devant Dieu d’avoir accompli cela, d’avoir été capables, mais surtout d’avoir voulu faire le bien pour le Christ ressuscité et de Lui offrir concrètement nos vies.