3ème dimanche de carême A
L’héroïne de l’Évangile d’aujourd’hui, la Samaritaine, était probablement venue au puits, comme chaque jour, pour puiser de l’eau et, selon la coutume des femmes orientales, la rapporter chez elle.
Elle ne s’attendait sans doute pas à une rencontre aussi inattendue.
Car un jeune homme d’une trentaine d’années était assis au puits. Elle ne l’avait jamais vu auparavant et, de plus, il était juif. En tant que Samaritaine, elle ne pouvait lui parler, la loi religieuse le lui interdisant.
Quelle surprise dut se lire sur son visage lorsque cet inconnu lui demanda de l’eau !
Qui plus est, il engagea la conversation, bravant toutes les lois religieuses établies par la communauté israélite.
Et si elle avait ignoré cette rencontre, si elle avait ignoré son interlocuteur, elle n’aurait pas rencontré Celui que non seulement elle, mais toute la communauté palestinienne, attendait.
On pourrait dire que ce furent ces fameuses « cinq minutes de gloire », qu'elle a pleinement exploitées, car elle a reconnu le véritable Messie en cet Étranger.
Non seulement elle a tiré profit de cette rencontre, mais, comme nous l'avons entendu plus tard dans l'Évangile, la Samaritaine a témoigné auprès de tous ceux qu'elle a croisés, qui, sans doute poussés par une grande curiosité, accouraient au puits pour voir le Messie attendu.
Les disciples du Christ observaient tout cela. Ils regardaient, sans rien dire à voix haute, bien qu'ils en aient eu envie.
Mais ils n'osaient pas, car, une fois de plus, ils ne comprenaient probablement pas les agissements de leur Maître.
Tout cela les dépassait, car d'une part, ils voyaient avec quelle méticulosité le Christ accomplissait même les plus petites prescriptions de la loi, et d'autre part, dans des situations inattendues, il pouvait transgresser cette loi, surtout lorsqu'il s'agissait de rencontrer une autre personne, même un ennemi religieux.
Bien-aimés !
Dans nos vies, nous ressemblons souvent à la Samaritaine qui vient puiser de l'eau au puits.
Comme elle, nous venons aussi à la source d'eau vive, qui est Jésus-Christ lui-même.
C'est vrai, nous venons.
Mais agissons-nous comme cette Samaritaine ? Reconnaissons-nous la voix du Christ qui nous parle ?
Après avoir rencontré le Messie, elle a transformé sa vie et s’est empressée d’annoncer sa bonne nouvelle.
Et nous, agissons-nous de même ? Sommes-nous capables de transformer notre vie après chaque rencontre avec le Christ ?
Pouvons-nous nous permettre de confesser notre foi chrétienne aux autres ?
Croyons-nous vraiment en Christ et en ce qu'il nous enseigne par son Église ?
Chères frères et soeurs !
Nous devons croire en Christ.
Vraiment, sans hésitation !
Nous devons croire en ce qu'il nous a lui-même révélé.
Nous ne pouvons imposer aucune condition à notre foi, simplement parce que nous croyons ou non à tout ce que Dieu nous a révélé.
Il n'y a pas de demi-vérités.
Dieu respecte profondément l'humanité, qu'il a créée, dotée de raison et de libre arbitre.
Et Dieu nous demandera sans aucun doute des comptes sur ces dons un jour.
Dieu demandera à chacun de nous comment nous avons utilisé la raison qu'il nous a donnée, ce que nous avons choisi de faire avec notre libre arbitre, le bien ou le mal.
Nous sommes en Carême – un temps particulier où Dieu nous parle, et même, il nous interpelle avec force.
Il nous suffit d'écouter la voix de Dieu et de changer ce qui nous sépare encore de lui. Asseyez-vous simplement comme la Samaritaine au puits et profitez de l'eau vive, qui est la grâce de Dieu.
Profitons de la miséricorde de Dieu dès maintenant, tant que nous vivons, car plus tard, il ne restera qu'une seule chose : sa justice.
Chers catéchumènes !
Le scrutin d'aujourd'hui est un moment où le Christ se penche sur vos vies.
Non pour juger, mais pour apaiser la soif la plus profonde de votre cœur.
Car en chaque personne réside un désir que rien au monde ne peut combler.
C'est pourquoi, dans l'Église primitive, l'Évangile de la Samaritaine était toujours lue lors de la préparation au baptême. Les catéchumènes l'entendaient car l'Église voulait leur dire : « Le Christ est la source vers laquelle votre chemin vous mène.»
Le scrutin n'est pas un examen. Ce n'est pas non plus un jugement. C'est la prière de l'Église pour que le Christ pénètre le cœur et le libère de tout ce qui fait obstacle à la réception de la grâce.
C'est un moment de purification des désirs.
Votre chemin vous conduit à la nuit pascale, au baptême, à la confirmation et à l'Eucharistie. Mais en vérité, cela conduit à quelque chose d’encore plus profond : une rencontre avec le Christ vivant, qui désire demeurer dans votre cœur.
Accueillez aujourd’hui avec une grande foi la prière de toute l’Église pour vous, en rendant grâce au Christ pour son extraordinaire proximité.