Vigile Pascale
La Vigile pascale est le moment, dans toute l'année liturgique, où nous revenons tout particulièrement sur le souvenir de notre baptême.
Peut-être qu’aucun de nous ne se souvient clairement de ce moment, car, comme c'est souvent le cas, la plupart d'entre nous avons été baptisés dans notre enfance.
C'est pourquoi nous devrions d'autant plus nous replonger dans cet événement, et la liturgie d'aujourd'hui, appelée liturgie de la lumière ou liturgie baptismale, nous en offre l'occasion.
Il y a eu un moment dans notre vie où nous sommes entrés dans l'Église, et là, sous le regard de nos parrains et marraines, un miracle s'est produit dans nos âmes.
Le péché originel a été effacé, le Dieu trinitaire a habité en nous, et une marque indélébile s'y est gravée, nous assurant jusqu'à ce jour que, quelle que soit notre condition spirituelle, nous appartiendrons toujours au Christ, car ce sceau divin est inaltérable.
Le moment du baptême fut un grand miracle ; on pourrait dire qu'une explosion de grâce divine a explosé dans nos cœurs, nous transformant complètement.
Ce fut un moment unique lorsque nous avons commencé à être appelés chrétiens, ceux qui croient en Christ, l'aiment et veulent le reconnaître, quelles que soient leurs circonstances.
Bien-aimés !
Être chrétien n'est ni une obligation ni une triste nécessité.
C'est avant tout une grande grâce. Le Christ a institué ce sacrement non pour asservir l'homme, mais pour lui faire sentir pleinement qu'il n'est pas seul dans la vie, que le Christ est avec lui, lui qui, par le sacrement du baptême, nous a ouvert le chemin vers lui.
En cette veillée pascale que nous vivons actuellement, éprouvons une profonde gratitude envers nos parents pour leur attention à nos âmes.
Soyons donc reconnaissants envers tous ceux qui ont contribué à notre baptême et à notre formation spirituelle, nous permettant ainsi de garder le Christ comme notre Dieu dans nos vies.
Le Christ se réjouit infiniment en chacun de nous, et nous ne pouvons en douter. Après tout, il a dit lui-même aux Apôtres : « Allez dans le monde entier, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »
Grâce à ces paroles, nous pouvons tous, sans exception, nous réjouir d'être devenus les destinataires de la parole du Christ.
C'est une grande joie, un grand honneur, mais aussi une grande responsabilité qui repose sur nous.
Être chrétien nous engage à quelque chose : devenir semblables à notre Dieu, Jésus-Christ.
Et ce n'est assurément pas une tâche facile, mais nous ne sommes pas seuls. Il suffit de notre bonne volonté, parfois de quelques sacrifices, et surtout, d'autant d'amour que possible, et cela nous permettra, jour après jour, de refléter toujours mieux l'image de notre Seigneur.
Le pape saint Léon le Grand a écrit, écoutons-le : « Chrétien, reconnais ta dignité ! Tu es devenu participant de la nature divine. Abandonne donc les coutumes dégénérées de ta vie passée et n’y retourne pas. Souviens-toi de la Tête et du Corps dont tu es membre. Souviens-toi que tu as été arraché aux puissances des ténèbres et transféré à la lumière et au royaume de Dieu. Par le baptême, tu es devenu la demeure du Saint-Esprit. Ne le chasse donc pas de ton cœur par une vie indigne. Ne te soumets plus à l’esclavage de Satan, car ton prix est le Sang du Christ. »
Bien-aimés !
Nous, chrétiens, devrions être des signes visibles de Jésus-Christ. Et nous le serons si, dans notre vie quotidienne, nous sommes guidés avant tout par l'amour. Car l'amour est l'image de notre Maître et Seigneur.
Même si nous nous prosternons en prière, même si nous louons le Seigneur partout et en tout temps, même si nous confessons le Christ à tous ceux que nous rencontrons, même si nous donnons tous nos biens aux pauvres, si l'amour véritable n'est pas en nous, nous ne serons pas de véritables témoins de Jésus-Christ.
Saint Paul a magnifiquement écrit sur cet amour, et dans sa Première Lettre aux Corinthiens, il a décrit ce que devrait être l'amour chrétien.
Il doit être patient, bienveillant, désintéressé, non irritable, non orgueilleux, non honteux, ne tenant pas compte du mal, ne se réjouissant pas de l'injustice.
L'amour véritable supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout. L'amour véritable ne périt jamais.
Ce ne sont là que quelques caractéristiques de l'amour véritable. Un amour qui ne peut nous laisser indifférent.
Car depuis le moment de notre baptême jusqu'à aujourd'hui et jusqu'à la fin, nous sommes disciples de Jésus-Christ, qui est ressuscité pour que nous ayons aussi la vie, non pas une vie éphémère, mais la vie éternelle, qui est essentielle.