3ème dimanche A
„Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent”.
Cette courte phrase de l'Évangile selon Matthieu illustre clairement qui était réellement le Christ.
Les quatre apôtres mentionnés aujourd'hui – Simon, André, Jacques et Jean – ont probablement rencontré le Christ à de nombreuses reprises, écouté ses enseignements et été témoins des nombreux miracles qu'il accomplissait pour fortifier la foi de ceux qui l'écoutaient et ainsi démontrer sa divinité, qui éblouissait les yeux des « sages de ce monde ».
Et une seule phrase a suffi à ces quatre hommes pour qu'ils quittent immédiatement leur travail, leurs familles (qu'ils avaient), leurs pères, leurs femmes et leurs enfants, et qu'ils partent, en quelque sorte, vers l'inconnu, simplement pour écouter et observer ce que leur futur Maître, Jésus de Nazareth, comme ils l'appelaient alors, disait et faisait.
Leur réaction aux paroles du Christ aujourd'hui montre qu'ils étaient des personnes d'une foi immense. Jésus n'avait rien à leur prouver lorsqu'il les a appelés, ni ne leur a rien promis, si ce n'est qu'ils atteindraient un jour le royaume des cieux.
Bien sûr, on pourrait dire que se retrouver dans le Royaume de Dieu, de l'autre côté de la vie, est une promesse de grande valeur ; après tout, c'est le rêve de tout croyant.
Et c’est là que nous arrivons au cœur du propos biblique d’aujourd’hui. Nous aussi, au moment de notre baptême, avons été appelés par le Christ à le suivre. C’est-à-dire à vivre selon sa volonté et selon l’enseignement qu’il nous a transmis par les Apôtres.
Jésus désire ardemment que, comme Simon, André, Jacques et Jean, nous quittions immédiatement nos filets pour le suivre.
Il nous appelle par ces mots : « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche. »
Bien-aimés !
Nous sommes appelés à nous défaire de nos chaînes, c'est-à-dire de tout ce qui nous retient prisonniers de notre vie terrestre.
Ces chaînes, peut-être nos habitudes pécheresses, nous appartiennent. Jésus veut que nous les abandonnions immédiatement. Pas la semaine prochaine, pas même demain, mais aujourd'hui, en quittant cette église après l'Eucharistie.
Les addictions, qui détruisent la vie humaine, font aussi partie de ces chaînes.
Je pense que chacun d'entre nous a probablement déjà rencontré des personnes dégradées par les addictions.
Le manque de sensibilité face à la pauvreté spirituelle et matérielle de nos frères et sœurs qui nous entourent peut également constituer une de ces chaînes qui nous asservissent.
Face à la pauvreté matérielle, nous restons profondément sensibles et aimons partager notre compassion. En témoignent les nombreux événements que nous organisons, auxquels nous participons avec enthousiasme pour soulager la misère humaine.
Mais n'oublions pas que la sensibilité à la pauvreté spirituelle est tout aussi cruciale, car elle est bien plus répandue que la pauvreté matérielle.
Les gens ont soif de Dieu, même s'ils donnent souvent l'impression du contraire, que le Christ ne leur est d'aucune utilité.
Et lorsque nous entamons une conversation sincère, étayée par des exemples de l'œuvre de Jésus dans nos vies personnelles, combien de fois même nos plus farouches adversaires nous écoutent-ils, souvent avec une attention soutenue, signe qu'eux aussi le désirent, même s'ils étouffent souvent sa voix discrète dans leur cœur.
Bien-aimés !
Nous pourrions multiplier les exemples de ces réseaux humains qui nous maintiennent souvent dans une situation délicate, mais là n'est pas la question.
L'essentiel est de bien examiner les liens qui nous retiennent et de ne pas les lâcher, afin de suivre Jésus sans tarder, à l'exemple des quatre héros de l'Évangile d'aujourd'hui.
N'ayons pas peur de faire le grand effort de nous repentir de ce qui est péché en nous, de ce qui déplaît à Dieu, de ce qui nous sépare de lui.
Commençons par une confession sincère et profonde, dans laquelle Jésus, le Maître de Nazareth, nous attend pour nous aider à une conversion véritable et sincère.
La deuxième étape consiste en une conversation quotidienne et sincère avec Jésus dans la prière. Prions souvent le Saint Rosaire, car c'est la prière bien-aimée de notre Mère céleste et, en même temps, une arme spirituelle puissante à notre disposition. Il nous suffit de l'appliquer dans notre vie quotidienne.
Ne nous excusons pas en disant que nous n'avons pas le temps, car c'est faux. Nous devons trouver du temps pour Dieu et sa Mère chaque jour, si nous désirons vraiment une véritable conversion.
Et souvenons-nous souvent de cette courte phrase que le Seigneur Jésus a prononcée aujourd'hui : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »