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Exode 13ème temps 

Prière

 

 

« Feu et lumière qui resplendis sur la Face du Christ,

Feu dont la venue est parole,

Feu dont le silence est lumière,

Feu qui établis les cœurs dans l’action de grâces, nous Te magnifions.

 

Toi qui reposes en Christ,

Esprit de sagesse et d’intelligence,

Esprit de conseil et de force,

Esprit de science et de crainte, 

Nous Te magnifions.

 

Toi qui scrutes les profondeurs de Dieu,

Toi qui illumines les yeux de notre cœur, 

Toi qui te joins à notre esprit,

Toi par qui nous réfléchissons la gloire du Seigneur,

Nous Te magnifions. »  

 

Temps de silence

Lecture attentive du texte

puis du commentaire

 

Exode 32/1-20 et 33/7-11 et 18-23 et 34/5-9 et 29-35

 

Je rassemble, pour saisir le contraste, l’épisode du veau d’or et la demande de vision de Dieu par Moïse.

Mais avant, résumons rapidement les chapitres que la liturgie ne nous fait pas lire : ch. 25 – 32.

 

De la même manière qu’après le don des 10 Paroles au chapitre 20, l’auteur a placé un développement de ces Paroles de Vie pour préciser cette loi nouvelle dans la pratique quotidienne (ch. 20 à 23), de même après la conclusion de l’alliance du chapitre 24, l’auteur insère un développement du premier commandement pour tout ce qui concerne le culte à rendre à Dieu à la Tente de la Rencontre et à la mission des prêtres (ch. 25 à 31)

Après avoir décrit minutieusement, dans le détail, le culte à rendre au Dieu Unique, l’auteur nous raconte son contraire : le veau d’or.

 

 

1/ l’épisode du veau d’or :

Ce récit est plein d’enseignement.

 

- v. 1 : Nous prenons le « train en marche » : Moïse est monté une nouvelle fois sur la montagne auprès de Dieu et il tarde à descendre. Le peuple se demande ce qui lui est arrivé ! On peut noter le mépris du peuple pour Moïse : « ce Moïse », « l’homme qui nous affait monter d’ Egypte » on ne sait rien de ce qui lui est arrivé ! Quelle ingratitude !

De plus apparaît une souffrance bien précise : le peuple ne supporte pas de ne pas voir son dieu ! 

Or, on vient de parler longuement de l’arche d’Alliance (25/10-22) et de la plaque d’or posée sur l’arche appelée « propitiatoire » (= là où Dieu se montre propice/bienveillant pour l’homme) et Dieu a précisé : « C’est là que je te rencontrerai. C’est de sur le propitiatoire, entre les deux chérubins qui sont sur l’Arche, que je te donnerai mes ordres pour les Israélites. » (v.22) Cette Arche est le signe d’une Présence Invisible de Dieu.

C’est cette Invisibilité, cette impossibilité de voir Dieu à côté de nous, de la toucher… qui est insupportable au peuple qui demande à Aaron qu’il lui fasse une représentation de Dieu. 

 

- v.2 : Aaron s’exécute aussitôt… sans hésitation ou discussion ! 

 

- v.3 : il récolte de l’or auprès du peuple… qui obéit sans frémir.

 

- v.4 : cet or est fondu en forme de « veau ». C’est de la part de l’auteur une dérision méprisante pour le peuple ! Le modèle choisi est celui des autres peuples qui représentent souvent leur doué par un taureau… comme la déesse Hator en Egypte, déesse de l’amour, de la baute et de la joie : elle porte un tête avec des cornes de vache ou le dieu Apis toujours en Egypte, dieu de la force et de la puissance sexuelle qui est représenté par un taureau.

 

- v. 4-5 : Aaron montre au peuple le veau fondu et proclame : «  Voici ton dieu Israël qui t‘a fait monter d’Egypte »… Et ce veau, c’est Yahvé. On ne change pas de dieu. On le représente… Mais il n’est pas impossible que ce soit comme en Orient de l’époque, non pas la représentation du dieu mais seulement le piédestal de la divinité invisible.

Dans le psaume 105/20, on est plus direct : « A l'Horeb ils fabriquent un veau, ils adorent un objet en métal :
ils échangeaient ce qui ét
ait leur gloire pour l'image d'un taureau, d'un ruminant. »

 

- v.6 : le lendemain, fête devant le veau avec sacrifices et holocaustes offerts !... repas et danses. Le livre des Nombres montre Israël rendant un culte à Péor à la frontière d’Israël et de Moab : et là, le « ils dansèrent » est plus explicite, il s’agit véritablement d’une orgie comme l’incluaient souvent les cultes païens de la fertlité.

 

- v-7-8 : Dieu avertit Moïse qui est toujours sur la montagne avec Lui et montre la trahison d’Israël.

 

- v. 9 : L’amour jaloux que Dieu porte (=Dieu ne supporte pas que l’homme rende un culte aux idoles qui l’asservissent alors que ce culte doit lui être rendu à Lui qui rend libre l’homme qui le prie)  à son peuple souffre de cette trahison.

 

- v.10 : et Dieu fait une proposition étonnante à Moïse : exterminer le peuple à la nuque raide, « ton peuple » dit Dieu !, ce n’est plus « mon peuple »… et refaire un peuple « une grande nation » à partir de Moïse.

 

- v-11-13 : cette proposition provoque chez Moïse une réaction magnifique… que Dieu attendait sans doute ! – il intercède pour le peuple : comme naguère, l’éventualité de détruire Sodome et Gomorrhe avait suscité l’intercession d’Abraham,(Gn. 18), cette éventualité de la destruction d’Israël élargit le cœur de Moïse si souvent prompt à se plaindre du peuple et de la mission que Dieu lui a confiée auprès d’Israël. Moïse est écartelé entre son amour pour Dieu et et son amour pour le peuple ! Là, en redisant à Dieu «ton peuple »(v.11), il déploie beaucoup d’arguments pour «convaincre» Dieu de ne pas le faire … Comme si Dieu n’y avait pas pensé ! Moïse serait plus intelligent que Dieu, aimerait mieux et plus que Dieu … Tout cela montre bien que le but de Dieu en faisant cette proposition de détruire Israël est de faire de Moïse un intercesseur aimant de son peuple chéri de Dieu.

La conclusion du v. 14 – laconique – montre ce que Dieu attendait.

 

- v. 15- 20 : maintenant il faut descendre ! … avec les tables de pierre sur lesquelles Dieu a écrit les 10 Paroles de Vie. Le texte insiste : c’était l ‘écriture de Dieu lui-même !

- v. 17-18 : Josué ne sait rien ou n’a rien compris… comme souvent les apôtres autour de Jésus ! Il prend pour des chants de bataille ce qui est des chants de fête.

 

- v-19-20 : Moïse voit la fête autour du veau … et c’est lui qui se met en colère comme Dieu, son amour monte en colère devant l’inconséquence du peuple et son peu d’obéissance ! Du coup il casse les tables ! La BJ interprète l’eau dans laquelle la poudre du veau d’or est mêlée comme une ordalie, cette boisson montrant la culpabilité des vrais coupables. 

 
La suite du texte montre Moïse questionnant Aaron… le zèle des lévites conduit à châtier les coupables et Moïse renouvelle son intercession auprès du Seigneur pour demander son pardon.

 

 

2/ Moïse rencontre Dieu. Exode 33 et 34

 

Ordre de repartir a été donné par Dieu,… repartir vers la Terre Promise, « terre qui ruisselle de lait et de miel »… même si Dieu, depuis le Veau d’or, « garde ses distances par rapport à ce peuple à la nuque raide ».

 

- v.7-11 : on nous explique comment, durant le séjour au désert,  Dieu était présent au milieu de son peuple : dans la Tente de la Rencontre, habitée de la Nuée, qui accompagne le peuple dans sa pérégrination. Dans cette Tente contenant l’Arche, « Dieu parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. » Vatican II dans Dei Verbum 2 reprendra cette expression et l’élargira à tout croyant en disant : « Par cette révélation, le Dieu invisible  s’adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15), il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie. »

 

- v.12-17 : toujours les suites de l’épisode du veau d’or. Dieu a pris ses distances et cela bouleverse Moïse : il ne sait plus où aller si Dieu ne le guide pas… alors il demande à Dieu de considérer Israël pour son peuple par amour de Moïse et de le guider. Dieu promet.

 

- v. 18-23 : Moïse demande : « Fais-moi de grâce voir ta Gloire »… ce qu’Israël voulait voir lui aussi jusqu’à être conduit à l’idolâtrie. La différence est que Moïse demande à Dieu de se faire voir. On pourra noter la délicatesse avec laquelle Moïse demande à Dieu. Il ne dit pas « je veux voir Dieu » comme une exigence.

Au v. 19, Dieu rappelle à Moïse, d’une certaine manière, le buisson ardent : quand Dieu dit son Nom, il montre « toute sa beauté ».

Au v. 20, Dieu ajoute que nul ne peut voir sa face. Comme le dit la note de la BJ : « il y a un tel abîme entre la sainteté de Dieu et l’indignité de l’homme que l’homme mourrait de voir Dieu… même seulement de l’entendre. D’ailleurs Moïse (Ex. 3), Elie (1 R 19/13) et même les séraphins (Isaïe 6/2) se voilent la face devant Dieu.

Mais Dieu trouve un moyen de plus grande proximité au v. 21 : une fente du rocher où Moïse se cachera ; Dieu l’y protégera de sa main en passant et Moïse pourra voir Dieu de dos. » 

D’ailleurs même les apôtres verront plus souvent Jésus de dos « en marchant à sa suite ».

 

Il faut sauter au ch. 34/5-9 pour lire la suite de la rencontre.

 

- v. 5-7 : Dieu comme promis prononce son Nom et en donne tout le sens. Le sens du tétragramme YHVH,  c’est : « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. » Avec une disproportion très grande entre les milliers à qui il garde sa fidélité et donne son pardon, la « punition » seulement jusqu’à la 4ème génération. St Paul pourra dire reprenant la même dissymétrie : « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Rm 5/20)

 

- v.8-9 : nouvelle intercession de Moïse sur le même thème.

 

- v. 28-35 : Moïse ensuite met par écrit sous la dictée de Dieu les tables des 10 Paroles de vie puisque celles données par Dieu, ont été brisées en signe de la rupture d’alliance opérée par Israël en allant vers le Veau d’or.

 

Puis Moïse redescend… le visage rayonnant d’avoir vu Dieu. Ecoutons St Paul commentant ce passage : 2 Co 3/7-18 : « Le ministère … de la Loi gravée en lettres sur des pierres, avait déjà une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse à cause de la gloire, pourtant passagère, qui rayonnait de son visage. Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit ! Le ministère… de la Loi, était déjà rayonnant de gloire ; combien plus grande sera la gloire du ministère qui fait de nous des justes ! (ministère = l’apostolat de Paul qui, dans le Christ, annonce la Bonne Nouvelle et fait des chrétiens baptisés, des Justes. C’est celui continué par les évêques et les prêtres dans l’annonce de l’Evangile et le don des sacrements)

Si, en effet, ce qui était passager a connu un moment de gloire, combien plus ce qui demeure restera-t-il dans la gloire ! Nous ne sommes pas comme Moïse qui mettait un voile sur son visage pour empêcher les fils d’Israël de voir la fin de ce rayonnement passager… Jusqu’à ce jour, en effet, le même voile demeure quand on lit l’Ancien Testament ; il n’est pas retiré car c’est dans le Christ qu’il disparaît ;et aujourd’hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur.(C’est la foi au Christ qui « enlève le voile » et fait tout comprendre dans la lumière du Dessein de Dieu.)

Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé… Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit. »

 

Ainsi, illuminés par L’esprit Saint, les disciples de Jésus reflètent cette gloire qui les transforme peu à peu dans la Gloire de Dieu. Alors que pour Moïse cette gloire s’éteignait, pour les disciples, elle augmente peu à peu en les transformant en Christ. 

 

Le texte de l’Exode rapporte que Moïse mit un voile sur son visage car d’avoir vu Dieu, son visage était lumineux et les hébreux ne pouvaient pas regarder le visage de Moïse trop lumineux pour la vue. Moïse n’enlevait ce voile que devant l’arche de Dieu.

Paul qui veut montrer la supériorité de l’Evangile laisse entendre que le voile était pour qu’on ne voit pas quand disparaissait cette lumière divine.

Puis le voile devient le symbole de l’aveuglement d’Israël dans sa lecture des textes saints dont la pleine compréhension ne vient que par le Christ et par la foi au Christ.

 

C’est pourquoi sur les portails des cathédrales gothiques (comme Strasbourg par exemple, mais aussi plus modestement St Epvre à Nancy), la synagogue est souvent représentée comme une femme avec le visage ouvert d’un voile et l’Eglise comme une femme dans la pleine lumière, sans voile.

 

Ce phénomène d’un visage lumineux est donné à de nombreux saints et l’auréole en est la représentation picturale.


podcast

« Dieu descendit dans la nuée

Et se tint là auprès de lui.

Et Dieu passa dans la nuée

Son Nom : Miséricorde infinie !

 

Tu te cachais dans la nuée

Et Te tenais auprès de moi.

Je Te cherchais et j’ai crié 

Ton  Nom : MISERICORDE INFINIE !

 

Dieu m’appela de la nuée

Et me prit là auprès de Lui :

Un feu brilla dans la nuée

Son Nom : MISERICORDE INFINIE !

 

Et dans la fente du rocher

Tu m’abritais secrètement :

Et dans Tes plaies je ma cachais

To Nom : MISERICORDE INFINIE ! »

 

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