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4ème dimanche de carême A

Nous voici aujourd’hui, chers frères et sœurs, arrivés au dimanche de Laetare, le dimanche de la Lumière. Dimanche qui nous laisse entrevoir quelque chose de la joie du Ressuscité qui se proclame « Lumière du Monde » devant ses disciples. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques. Et pour manifester cette joie, la couleur liturgique de ce quatrième dimanche de Carême est le rose. Le rose qui indique déjà l’aurore à venir, l’aurore de la résurrection. Rose qui est également le mélange du violet, couleur de la pénitence, de la conversion et du blanc, couleur de la transfiguration et de la résurrection. Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens.

 

Et pour accompagner cette journée de joie, cette journée de lumière, la liturgie nous donne de méditer sur le récit de la guérison de l’aveugle né. Elle nous invite à regarder comment Jésus a opéré ce miracle qui a ouvert les yeux de l’aveugle à la lumière de la création, et son esprit, à la Lumière de Dieu, « la Lumière du Monde » aux dires mêmes de Jésus jusqu’à reconnaitre en Lui « le Fils de l’homme »
Ainsi, « en sortant du Temple » Jésus pose son regard sur un aveugle de naissance qu’il croise sur son passage. « La lumière du monde » s’arrête sur cet homme dans les ténèbres de l’exclusion de par son handicap attribué au péché de ses parents. Les juifs pensaient, en effet, que les enfants portaient le poids des péchés commis par les parents. Et cela explique la question légitime des disciples : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Mais Jésus remet les disciples sur le chemin de la miséricorde de Dieu : « Ni celui-là n’a péché, » dit-il, « ni ses parents. » et il ajoute « Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. ».
Oui, Jésus, Dieu fait Homme, «ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1Samuel16-7). Il reconnait en cet homme une âme disponible à l’action de Dieu. Il va pouvoir éclairer celui qui vivait dans les ténèbres et lui offrir une vie nouvelle qui le poussera à témoigner des merveilles de Dieu.
Maintenant, chers frères et sœurs, regardons comment opère le Christ pour réaliser son miracle : Il crache à terre et, avec sa salive, Il fait de la boue ; qu’Il applique sur les yeux de l’aveugle puis Il lui dit « va, lave-toi à la piscine de Siloé », ce qui signifie envoyé ».
De la boue, de la salive, nous voilà renvoyés au récit de la première création où « le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol » ; et comment ne pas associer la piscine de Siloé au baptême par lequel nos péchés sont pardonnés et par lequel nous sommes envoyés proclamer les merveilles de Dieu ?
C’est pourquoi cet homme purifié, va témoigner, témoigner de sa guérison de façon remarquable et ceci devant les pharisiens, les spécialistes de la Loi.
A ce sujet, remarquons comme il est impressionnant de voir toute la pertinence que Dieu donne à qui témoigne de son amour devant le monde, même et surtout dans les circonstances les plus tendues. La guérison de l’aveugle né n’est pas là pour me contredire. Son témoignage, devant les pharisiens, se révèle un bel exemple de la force, de l’objectivité, de la liberté, du détachement et même de l’humour que Dieu donne lorsqu’il s’agit de parler de ses merveilles. On retrouve ici toute la force dont Bernadette Soubirous a fait preuve devant ses détracteurs à Lourdes « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire. » Dieu soutient toujours ceux qui témoignent de son amour devant le monde. Prenons le temps de relire chez nous tout ce passage qui relate la rencontre entre l’aveugle et les pharisiens.
Mais, ce n’est pas tout, Jésus ne laisse pas ses amis seuls dans les épreuves. Apprenant que l’aveugle de naissance avait été jeté dehors par les pharisiens, Jésus va le retrouver (Admirons la sollicitude du Christ envers sa création, on pourrait même dire envers sa recréation). Jésus le retrouve et lui pose la question qui sauve : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » à laquelle il répond : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » et après que Jésus eut dit : « Tu le vois, et c’est Lui qui te parle. » Il s’écrie : « Je crois, Seigneur ! », et « il se prosterne devant Lui. L’homme est devenu disciple du Christ. La Lumière l’a illuminé dans sa vie physique et spirituelle. D’un homme exclu, cantonné dans les ténèbres, Jésus a fait un disciple solide, un homme recréé, un homme lumineux. Jésus a ouvert son âme aux merveilles de Dieu au point qu’il est devenu apte à reconnaître Dieu en notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ.
Et c’est ce que dirons, dans la nuit de Pâques : Rayhama, Mathilde, Lucile et Paul Alexandre, nos catéchumènes, après un long chemin qui les a amenés vers Dieu. Ils vont, eux aussi, proclamer librement « Je crois Seigneur ! », tout comme nous tous qui renouvèlerons les vœux de notre baptême. Et ce « Je crois Seigneur ! » devra sonner comme un cri de joie et de confiance car c’est le cri de notre naissance à la vie éternelle. Comme un nouveau-né pousse son premier cri, poussons ce cri de tous nos poumons et de tout notre cœur, c’est le plus beau que nous puissions pousser !
Alors, réjouissons-nous car Jésus est venu pour changer nos cœurs, et Il vient encore aujourd’hui vers nous, comme Il est allé vers l’aveugle de naissance, pour nous sortir de notre aveuglement qui nous éloigne de Lui, si nous sommes capables, à la différence des pharisiens, de nous reconnaitre aveugles…
Frères et sœurs, que cette fin de carême, nous permette de reconnaître nos aveuglements qui nous cachent la vérité et nous éloignent des merveilles de Dieu. Pour cela, demandons au Christ d’ouvrir les yeux de notre âme comme Il a ouvert les yeux de l’aveugle-né, afin que nous reconnaissions les merveilles de sa grâce et que nous Le suivions sur le chemin de la vie éternelle qu’Il nous ouvre par son sacrifice ultime de la Passion...
Amen

Jean-Marie Blondel

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