Dimanche des Rameaux
La liturgie de ce jour semble nous faire faire un grand écart en nous donnant d’écouter deux récits d’évangile : celui de l’entrée dans Jérusalem et celui de la Passion. Elle nous met ainsi face à des contrastes des plus saisissants.
En effet, si l’entrée dans Jérusalem commence par des « Hosanna » de joie, scandés par la foule, adressés au Fils de David et « bénissant celui qui vient au nom du Seigneur », reconnaissant ainsi la royauté du Christ Lui-même, les « Hosanna » sont remplacés par des « Qu’il soit crucifié ! » vociférés par la même foule au début de la Passion.
Et « Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criant « Hosanna » » sont alors sur le bord du chemin se rassasiant du spectacle, avide de violence. Où sont-ils tous ceux que le Christ a guérit ? Sont-ce les mêmes personnes qui vocifèrent maintenant ? La foule est si versatile ! Mais nous, sommes-nous toujours fiers de témoigner de notre foi et des merveilles de Dieu pour nous, malgré les vents contraires ?
Mais ce n’est pas tout : Le roi « plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne », se voit hissé sur la croix des pires malfaiteurs, au travers d’un supplice humiliant, dégradant, extrêmement violent… Elevé sur la croix, Il s’est abaissé pour nous ! Haï, Il continue d’aimer…
Les branches coupées, disposées sur le sol, se transforment en roseau de dérision outil de moquerie. Les vêtements eux aussi déposés sur le sol en signe de vénération deviennent outils de dérision et de moquerie. Ceux de Jésus seront arrachés dévoilant sa nudité, objet d’humiliation.
Le compagnon de longue date, le vend aux Grands-Prêtres. Les amis fidèles ne sont plus capables de prier et veiller avec Lui et succombent à la faiblesse humaine. Le roc sur lequel Le Christ compte bâtir son Eglise le renie trois fois… Ne sommes-nous pas, nous-aussi parfois habités de lâcheté ?
L’homme Dieu, sans défaut, innocent est condamné à la place du bandit.
La boisson incorruptible et immortelle, le « sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés » est substituée par une boisson vinaigrée.
La vie connait la mort.
Oui, la célébration de la Semaine Sainte commence par tous ces contrastes, ces paradoxes... qui nous font tourner la tête. Mais plutôt que de nous perdre, tout cela doit plutôt faire apparaît le cœur du mystère que célébrons aujourd’hui : par amour infini de l’homme, Dieu, au travers de son Fils bienaimé, a accepté de tout subir pour nous dire son amour.
JPII « Dans le Christ, le Fils de l'homme humilié et qui souffre, Dieu aime tous les hommes, pardonne à tous et confère sa signification ultime à l'existence humaine. Il veut qu’en regardant Jésus, nous acceptions de Le suivre dans sa passion pour partager avec Lui la résurrection. »
Soyons ces disciples qui ne se découragent pas face aux défaites et qui ne se vantent pas des victoires et qui acceptent humblement de faire la volonté du Père jusqu’à notre dernier souffle pour avoir nous aussi part à la Vie Eternelle - Amen