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  • Dimanche 22 mars - Pour la prière du soir.

    Bien chers amis,

    En ce dimanche soir, nous nous retrouvons tous autour du Seigneur pour une temps de prière.

    Nous portons toutes les difficultés de nos frères les hommes, partout sur la terre, concernés par ce fléau.

    Nous pouvons être accablés. Confions-nous au Seigneur bien aimé. Qu’il nous relève et nous donne sa force et sa paix. « Ma grâce te suffit, ma force se déploie dans ta faiblesse. »a-t-il dit à St Paul.

    Avec mon amitié.

     

    En note, vous trouverez les références des épisodes évoqués dans l’ode d’aujourd’hui. Y recourir est un bon moyen d‘entrer dans la Bible !

     

    Ode d’aujourd’hui (19)

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut.

    Mes jours se sont évanouis comme un songe au réveil

    Comme Ezéchias, je te supplie d’ajouter aux années de ma vie

    Qu’y a-t-il pour moi sur la terre, sinon Toi seul Dieu de mon cœur et ma part à jamais !

     

    Comme Marthe et Marie sur leur frère Lazare [1]

    Je pleure Seigneur sur ton image ensevelie par mon péché

    Comme Marie, je répands le parfum de mes larmes en signe de ta Pâque.

     

    Tu as pleuré ô Christ sur ton ami Lazare

    Tu as affermi la foi de Marthe et de Marie

    Et Tu as ressuscité leur frère, mort depuis 4 jours.

     

    En appelant Lazare hors du tombeau, Tu annonces ta Pâque :

    Tu as brisé les portes de la mort et la puissance de l’enfer.

    Par la force de ton bras car Tu es le Dieu Saint, Saint fort, Saint Immortel.

     

    Mère de la Lumière qui ne connaît pas de couchant

    Mère de la Lumière qui dissipe les ténèbres du péché et illumine le monde

    Toi qui as reçu la grâce de l’Esprit Saint

    Prie pour nous pécheurs qui cherchons la Lumière.

     

                Ezéchias[2]est une figure touchante du Messie. Malade jeune, il supplie et le Seigneur lui accorde la guérison. Modèle d’une supplication sincère et aimante et magnifique réponse du Dieu très Saint qui nous aime… comme le chante le dernier verset de ce premier couplet. Tel est le climat dans lequel nous sommes appelés à prier.

                Ensuite nous sommes transportés à Béthanie auprès de Marthe, Marie et Lazare. Béthanie, c’est le lieu d’amitié de Jésus, le lieu de repos dans l’amitié de cette famille. Nous sommes appelés à entrer dans cette amitié… et nous déplorons que notre péché – c’est-à-dire notre éloignement de Jésus – nous en empêche. D’où les signes de pénitence donnés : larmes et parfum… dans le certitude de la force du Seigneur Trois fois Saint pour briser le mal – même en moi - et même l’enfer.

                Et l’ode qui paraît un peu sombre ce soir, se termine dans la vive lumière et la douceur mariale de la « mère de la lumière » en laquelle nous nous abandonnons comme dans la bras de notre Mère du Ciel.

     

     

    Je vous propose de terminer par le Magnificat.

     

     

    Antienne :

    Sous ta miséricorde, nous cherchons refuge Sainte Mère de Dieu.

    Accueille nos prières quand nous crions vers Toi.

    Et délivre nous de tout danger, Toi Marie toujours Vierge

    Glorieuse et bénie.[3]

    Mon âme exalte le Seigneur,
*

    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur

     

     Il s'est penché sur son humble servante *

    désormais, tous les âges me diront bienheureuse.


     

    Le Puissant fit pour moi des merveilles*

    Saint est son nom !



     

    Son amour s'étend d'âge en âge*

    
sur ceux qui le craignent;



     

    Déployant la force de son bras,*

    
il disperse les superbes.



     

    Il renverse les puissants de leurs trônes,*

    il élève les humbles.



     

    Il comble de biens les affamés,
*

    renvoie les riches les mains vides.


     

    Il relève Israël, son serviteur,
*

    il se souvient de son amour,


    de la promesse faite à nos pères,*

    en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

     

    Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit *

    Pour les siècles des siècles. Amen.

     

     

    [1] St Jean, évangile chapitre 11

    [2] C’est le fils du roi Achaz à qui le prophète Isaïe annonce la naissance au ch. 7. C’est donc lui l’Emmanuel annoncé. C’est un très saint roi – bien rare -. Il tomba malade, au bord de la mort et fut guéri. On peut lire cette histoire en 2 Rois 20/1-11, en Isaïe 38/1-6, 21-22. Et son cantique d’action de grâce en Isaïe 38/9-20

    [3] L’antienne mariale « Sub tuum praesidium », « Sous l'abri de ta miséricorde » en français, est la plus ancienne Prière adressée à la Vierge Marie : elle a été retrouvée sur un papyrus égyptien écrit en grec,  daté du 3ème  siècle. Cette antienne est employée dans la liturgie copte, byzantine, ambrosienne et romaine.

  • Dimanche 22 mars - 4ème de Carême

    L'aveugle-né par Barcabas - Photo Gavouyère

    Bien chers amis,

    Bon dimanche, bon dimanche « rose » de « Laetare ».

           Pas de prière du matin mais tout de suite la messe. Ce soir, vous aurez un temps de prière.

           L’Eglise nous fait lire cette année A l’Evangile de l’Aveugle né dans saint Jean. Je vous propose de lire méthodiquement ce magnifique texte. Nous étions engagés pour beaucoup dans noter paroisse,  dans la lecture de St Jean avec le diocèse… Eh bien c’est le moment de continuer.

           Lisez d’abord le texte d’Evangile, lentement.

           Puis tout en gardant le texte près de vous, lisez le commentaire que je vous donne. Vous pouvez le faire en plusieurs temps. Lentement en cherchant à vous appliquer le texte. C’est vous l’Aveuglé né et vous êtes devant le Christ.

           Je suis prêt à répondre à vos questions par le blog.

                       Je vous retrouve ce soir pour un temps de prière.

     

    Dans l’amitié du Seigneur. Votre curé.

     

     

    Dans l’Evangile de St JEAN au chapitre 9 :          

    L’AVEUGLE NE

     

    Plan du chapitre.

           Un événement : la guérison, 1-7

           Les réactions:   - de la foule, 8-12

                                     - des pharisiens, 13-34

           Le résultat : l’aveugle voit et les maîtres sont aveugles !

           Et le discours du Bon Berger du chapitre 10 décrit l’enjeu de l’accueil ou du refus de                        Jésus.

     

           Le miracle

           Chez St Jean la symbolique de l’illumination est totale. Dans la perspective développée par la prière eucharistique IV : »Tu es le seul Dieu, le Dieu vivant et vrai : tu étais avant tous les siècles, Tu demeures éternellement lumière au-delà de toute lumière. Toi, le Dieu de bonté, la source de la vie, Tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup  se REJOUISSENT DE TA LUMIERE. » (dans  la préface)

                       * l’aveugle est de naissance (pas chez synoptiques)

                       * Jean parle de « signe » (9/16) sous-entendu messianique

                       * Jésus,qui se déclare la lumière du monde, (9/5) est celui qui illumine: comme le disait déjà le prologue, « Il est la lumière qui illumine en venant dans le monde. »

                       * le dialogue entre Jésus et les disciples (1-5) - comme au chapitre 6 - explicite la dimension d’illumination du miracle. Les apôtres expriment des croyances populaires; comme on concevait l’après-mort comme une existence larvaire, on attendait la rétribution dès cette vie! C’est déjà le problème soulevé dans le livre de Job (Jb42) Certes Ezéchiel et Jérémie ont fait évoluer la question : Jr 31/29s et Ez 18.

     

           La réponse de Jésus écarte l’explication des disciples (culpabilité des parents ou de l’homme lui-même quand il était encore dans le sein de sa mère. Cas prévu par les rabbins à cause de la lutte dans le sein de leur mère des jumeaux Jacob et Esaü.Gn 25/22) mais n’explique pas pour autant la souffrance innocente! Sa réponse (« pour qu’en lui soient manifestées les oeuvres de Dieu ») n’est pas une explication de cause (comme si Dieu l’avait rendu aveugle pour pouvoir le guérir) mais une explication de circonstances : cet homme est aveugle, je vais le guérir et la gloire de Dieu sera ainsi manifestée

     

    Conclusion  « L’homme du récit est aveugle de naissance et sa cécité ne provient pas  de son péché personnel.  Son état symbolise une ténèbre native, celle où tout homme se trouve avant d’être éclairé par la révélation du Fils... Dans l’Ancien Testament, la métaphore de la cécité connote un aveuglement volontaire, résultat du péché... Dans notre récit, tel sera l’aveuglement des pharisiens (9/39 et 12/40) mais il n’est mentionné qu’en second lieu lorsqu’est contestée la lumière manifestée par le signe. Pour ce qui concerne l’aveugle de naissance, le don signifié dans le texte est celui d’une transformation de l’être comparable à celle que produit la naissance d’en haut [1]» dans l’entretien avec Nicodème[2].

           Car l’homme aveugle est religieux; la Loi juive l’éclaire puisque c’est grâce à elle qu’il reconnaît que Jésus vient de Dieu ( 9/30) ( Pour  St Thomas d’Aquin, la circoncision était très efficace, donnant presque la grâce sanctifiante. Jésus, le Verbe incarné, vient accomplir cette illumination.

     

    v. 6-7 : la salive et l’envoi à Siloë : C’est un « mâshâl », une parabole jouée. Jésus suit la manière de faire des anciens prophètes par un geste choquant, inattendu, qui interroge la foule et les disciples.  Nous avons plusieurs sens:

           - une rupture avec le sabbat. Jésus travaille comme le Père quand il créait l’homme avec du limon.

           - un geste symbolique bien vu par St Irénée il s’agit de l’achèvement dans le Christ de la création première.

           - chez Jérémie (38/6) la boue est présentée comme l’enlisement dans lequel l’homme se trouve et dont il ne peut se sauver lui-même. Ce geste de Jésus ajoute à l’homme comme dit le Père Lagrange « cécité sur cécité ».

          

           L’envoi à Siloë : comme Naaman le Syrien (2 R 5)  La piscine de Siloë que l’on vient de retrouver tout récemment à Jérusalem, était celle où on puisait l’eau pour la fête des tentes pour laver l’autel du Temple. Le sens du mot « Envoyé » fait allusion à Jésus qui délivre                                     St Augustin souligne la portée baptismale de cet envoi à Siloë: » Il lava ses yeux dans la piscine et il fut baptisé dans le Christ « ( in Jo 44/2)

     

    v. 8 - 9 : Comme souvent chez St Jean, la guérison est constatée par les autres afin que ce soit un témoignage. Un débat naît alors parmi le peuple, comme pris sur le vif. Du coup, le miracle dûment constaté, se pose la question du « comment » qui va occuper tout le reste du récit.

     

    v. 10 - 12 : Témoignage de l’ex-aveugle «  les yeux ouverts » revient  7 fois dans le chapitre ! Le verbe « voir » est très riche: anablepo = lever les yeux et recouvrer la vue. L’aveugle voit en levant les yeux vers le Christ qu’il ne verra vraiment qu’à la fin du récit, dans une foi parfaite (v35). Pour l’instant, il ne connaît Jésus encore que de nom, selon la curieuse formule de v 11: « l’homme qu’on appelle Jésus » ; il ne l’appelle pas encore Jésus ( c’est-à-dire sauveur) lui ! (Tournure unique en Jn  5./15)

     

    v. 13 - 34  confrontation avec les pharisiens.

           - L’enquête est d’abord correcte : ils s’informent. Leur motif est bon aussi: Dt 13:1-6 leur donne raison (on doit condamner un faiseur de prodiges qui incite à mépriser la loi) Suit l’interrogatoire de l’homme et des parents...

           - Une évolution dans la présentation de Jean des pharisiens: il les montre très scrupuleux face à Jean Baptiste et Jésus, mais pas en bloc : ainsi Nicodème qui vient librement à Jésus. Ils deviennent adversaires déclarés de Jésus à partir de 7/32 et ici, au chapitre  9, on peut voir une évolution : au début ilss e comportent correctement, puis divisés, de moins en mois sûrs de leur vérité face à l’aveugle dont la guérison est patente… puis enfin usant de la force et violents !, l’argument des faibles. C’est l’itinéraire inverse de l’aveugle ! Et le verbe « savoir » revient comme un refrain ironique (v 24, 29, 31 ironie de l’aveugle guéri)

     «Confronté aux faits, le savoir trop assuré de lui-même risque de ne trouver d’issue que dans l’abus du pouvoir sinon dans la mauvaise foi. »[3]           

           - L’aveugle a une bonne théologie et il progresse : Jésus est un homme de Dieu, un « prophète » qui accomplit loyalement sa mission : le fait du miracle atteste qu’il n’enfreint pas la loi de Dieu, sinon Dieu ne l’exaucerait pas ! (v 31-32-33) Et l’étonnant pour lui est que les autorités ne sachent pas d’où vient Jésus ! (v 30)

           - L’exclusion qui annonce les exclusions futures, celles que connaît peut-être déjà la communauté chrétienne quand Jean écrit. L’aveugle est le 1er chrétien exclu!

     

    v. 35-41 : épilogue et confession de foi.

     

    v. 35 : Jésus connaissant le sort de l’aveugle, le trouve - hasard ou recherche- dans le Temple. ( XLD écrit :  « sans doute volontairement ». St Jean Chrysostome écrit: «  les juifs le chassent du Temple, le Seigneur du Temple le trouve » ) et le dialogue s’instaure car l’homme n’est pas encore à la plénitude de la foi,  même s’il a déjà subi l’exclusion. Jésus lui pose la question de la foi avec l’expression très proche des synoptiques : le Fils de l’Homme. C’est assez rare en St Jean ; seule fois où l’emploi est absolu alors qu’ailleurs, il y a toujours un verbe qui explicite l’action du Fils de l’homme : 1/51; 3/13,14 ; 6/ 27, 53, 62 ; 12/34 ; 13/ 31; « son emploi absolu ICI suggère que la totalité du mystère est évoquée, dans sa réalisation effective et dans sa portée salvifique. » [4]

        

    v. 37-38 : « voir » et « écouter » : les deux aspects de la révélation : « écouter », c’est plutôt l’Ancien Testament - l’aveugle a écouté quand Jésus lui a donné l’ordre pour le miracle, il a obéi ! (9/è,11) -  et cette première alliance a produit tout son effet chez l’aveugle qui a reconnu Jésus somme un prophète, qui a tenu tête aux pharisiens avec bon sens et piété.  « Voir », c’est la Nouvelle Alliance: « Dieu personne ne l’ a jamais vu, mais le Fils qui est dans le sein du Père l’a fait connaître..;. Qui m’a vu, a vu le Père »... Et l’aveugle se prosterne, dans le Temple, certes …mais devant Jésus !

           La Foi est progressive pour l’aveugle : il obéit, après l’eau, il voit clair, puis il témoigne du fait ; ensuite, il témoigne de Jésus : « c’est un prophète », recourant à ses catégories à lui, incomplètes mais exactes ; puis il déclare « je crois » et se prosterne.

    v. 39 - 41 : Jésus reprenant 9/5, élargit la portée du miracle pour en faire le sens profond de sa mission très proche de Isaïe 42/6-7.

           Jésus en 40-41 ne condamne pas les pharisiens; il les avertit afin qu’ils découvrent tout l’enjeu de la reconnaissance/non reconnaissance de Jésus: rien moins que la guérison du péché ! Par votre crispation sur votre savoir, vous vous empêchez de voir et vous empêcher Dieu d’agir pour vous en vue de votre salut.

     

           Et le chapitre 10 – le Bon Berger - poursuit le sermon de Jésus aux pharisiens et peut-être à la foule qui les entoure.

     

     

    [1] Xavier-Léon Dufour  commentaire sur St Jean tome  II/335-36)

    [2] St Jean 3/3

    [3] XLD op. cit. p 344

    [4] idem p.347