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Epiphanie 2022

Nous sommes à la fin du règne d’Hérode, il mourra en 4 avant Jésus-Christ. Parmi les voyageurs qui arrivent sans cesse à Jérusalem, une caravane va faire bientôt beaucoup parler d’elle : ces hommes recherchent le roi de Judée, mais pas Hérode, « celui qui vient de naître » car, disent-ils, « nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

 

Jérusalem est troublée comme Hérode. On comprend ! 

Hérode est en fin de règne ! Et quel règne ! A côté des grands monuments qu’il a bâtis, son règne est une suite effroyable de meurtres : Hérode qui n’avait aucun lien avec les juifs, son père étant édomite (les ennemis jurés d’Israël depuis Moïse, on dit aussi « Iduméen ») et sa mère étant une princesse arabe ! 

Hérode s’est emparé du pouvoir avec l’aide des romains et il se sent menacé sans cesse, même dans sa famille : sa femme Mariamne - le seul être qu’il a aimé – était juive, de la famille des Asmonéens qui avaient régné avant Hérode : elle ne cachait pas le mépris qu’elle portant à son mari. Sa belle mère Alexandra intriguait et son plus jeune fils – le frère de Mariamne - était aimé des gens de Jérusalem. Cela lui fut fatal : en 35 av. JC, lors d’une nuit de fête, Hérode le fit noyer sous les yeux de sa mère Alexandra et de sa sœur, la propre épouse d’Hérode ! 

Cette épouse aimée, Hérode la fit tuer et faillit perdre la raison après ce meurtre. Il se saoulait jusqu’à en perdre la raison. Mais les meurtres continuèrent : sa belle mère Alexandra, ses propres fils Alexandre et Aristobule élevés à la cour impériale… le tout dans un climat de  complot, de fausses lettres, de dénonciations, de témoignages arrachés sous la torture. 

La fin de règne fut terrible, une grave maladie le fait terriblement souffrir et il sentait que tout le monde attendait sa mort… Il ordonna alors de tuer un groupe de notables qu’il gardait en otages pour priver le peuple de la joie de  sa mort et forcer les gens à pleurer.

L’arrivée de ces mages est pour Hérode – on voit maintenant le personnage - qui a 70 ans, un complot de plus… dont il n’avait pas entendu parler. Et Hérode va agir vite, avec détermination… se servant de la science des prêtres et de la naïveté supposée des mages pour savoir où est né ce prétendant.

Voilà le climat à Jérusalem dans lequel arrivent les Mages !

 

Les « Mages » - que les chrétiens ont faits rois - sont des prêtres du culte iranien. Ce nom technique et ce qu’il désigne est bien connu. Cela n’a rien de surprenant. L’historien juif contemporain du Christ - Flavius Josèphe - nous parle dans les Antiquités juives des relations continues sous Hérode entre la Parthie qui domine l’Iran à l’époque, d’un côté, et la Judée d’Hérode de l’autre.

Cette naissance, les mages l’ont apprise dans les astres dont ils étudient minutieusement le cours et risquent l’interprétation. Qu’ont –ils vu ? Il y a une hésitation parmi plusieurs hypothèses : soit une supernova apparue à cette époque et signalée par les astronomes chinois, soit - et c’est l’hypothèse de Kepler – le rapprochement des planètes royales de Jupiter et Saturne qui s’est produit en – 7 de notre ère.

Nous avons donc une chronologie : une conjonction d‘astres, rare, en hiver 7, une interprétation faite dans les mois qui suivent, la préparation d’un voyage et sa réalisation et une arrivée à Jérusalem à la fin de l’année 5 ou au début de l’année 4 avant Jésus, sur la fin du règne d’Hérode. Jésus a entre 1 an et ½ et 2 ans.

 

La sainte famille habite maintenant une maison (2/11) et c’est là que se produit la rencontre. Extrêmement sobre comme tous ces récits de l’enfance : beaucoup de joie, une prosternation et des cadeaux et un départ direct sans repasser par Jérusalem. Les cadeaux sont pleins de sens : or, encens et myrrhe. Généralement, on offre de l’or quand on visite un roi, de l’encens comme on l’utilise dans les temples de différentes religions et la myrrhe pour soigner des maux ou  faire la toilette des défunts.

Voilà les faits dans leur simplicité historique.

 

Pour St Paul, c’est plus encore, ce qu’il appelle « LE Mystère » : ces mages sont les 1ers  païens à venir auprès du Christ, les prémices des païens qui sont appelés à hériter en union avec les juifs, de la promesse faite à Abraham : païens comme juifs sont séparés de Dieu, mais ils sont réconciliés avec Lui par le Christ et c’est unis au Christ par la foi, que tous peuvent recevoir la bénédiction divine promise par Dieu à Abraham : « en ton descendant -  Le Christ – toutes les nations seront bénies par Dieu. »

 

Ainsi Dieu accomplit son dessein bienveillant, malgré Hérode qui est d’ailleurs floué par les Mages.

 

Le monde des hommes n’est pas différent aujourd’hui de celui du temps des Mages : de grands empires, comme Rome, dominent et font la loi, des régimes politiques corrompus et violents, la vie humaine est très peu respectée, partout des hommes politiques méprisables, corrompus par le pouvoir… et au milieu de tout cela, un tout petit événement divin qui change la face de l’histoire !... à la barbe des puissants,… 

mais non sans drame : la fuite en Egypte de la sainte famille pour se protéger… et le massacre des enfants de Bethléem pour éliminer le roi concurrent ! L’Evangile se déroule dans la sanglante histoire des hommes comme l’histoire de l’Eglise. Il n’y a que dans les rêves et les utopies qui n’arrivent jamais, que tout va bien ! 

 

Même le doux Noël n’échappe pas à l’histoire cruelle des hommes. Amen.

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