4ème dimanche de l'Avent A
« Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve. »
Ces paroles, tirées de la première lecture d'aujourd'hui, ont été prononcées par Acaz, roi de Juda.
Il régnait à l'époque du grand prophète Isaïe, envoyé par Dieu à son peuple Israël, et donc aussi à son roi, Acaz. C'était 735 ans avant la naissance de Jésus-Christ.
Si nous sommes peu familiers avec l'histoire de l'Ancien Testament, nous pourrions soupçonner Acaz d'une grande foi, car il a si bien parlé de Dieu, affirmant qu'il ne le mettrait pas à l'épreuve et qu'il ne lui demanderait aucun signe.
Or, nous serions bien dans l'erreur.
Ce roi de Juda était un très mauvais souverain qui, à l'instar de son père, a introduit le paganisme dans son royaume, allant jusqu'à sacrifier son propre fils à diverses idoles.
Pourquoi donc nous rappelle-t-on ces paroles importantes du roi Acaz le dernier dimanche de l'Avent, ou plutôt à l'aube des fêtes de Noël qui approchent ?
Car après eux, le prophète Isaïe prononce l'une de ses plus grandes prophéties : « Voici, que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel.»
Noël approche à grands pas. Dans trois jours, nous nous réjouirons et commémorerons le moment où notre Dieu naîtra en chair et en os et viendra sur terre avec la grande mission du salut.
Nous vivons des temps privilégiés où nous n'avons plus à attendre notre Sauveur, car il est venu depuis longtemps et nous a rachetés.
Nous n'avons plus besoin de chercher ni de croire aux prophéties que Dieu a adressées à son peuple, que ce soit par Isaïe ou par d'autres prophètes, mineurs ou majeurs.
C'est pourquoi nous devrions méditer ces paroles du roi Acaz et les répéter souvent dans notre vie quotidienne : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve. »
Nous rencontrons toutes sortes de situations dans notre vie. La vie nous confronte à de nombreuses situations que nous ne comprenons pas toujours, auxquelles nous sommes confrontés, qui, comme on dit chez nous, nous submergent.
Et dans ces moments-là, surtout les plus difficiles, nous devons faire entièrement confiance à Dieu, à l'exemple du grand saint de l'Église, le héros de l'Évangile d'aujourd'hui, saint Joseph, époux de Marie et protecteur du Seigneur Jésus.
Il ne prononce pas un seul mot des Saintes Écritures, et pourtant, on pourrait dire qu'il nous parle énormément.
Homme d'une foi immense, il n'hésite plus, dans une situation difficile, malgré ses doutes initiaux – qui n'en aurait pas eu à sa place ? – après la révélation de l'Ange, lorsqu'il entendit les paroles d'Isaïe : « Voici, que la Vierge concevra et elle enfantera un fils… », et accueille Marie, sa fiancée, dans sa maison et sa vie.
L'attitude admirable d'un croyant, d'un vrai croyant.
À ce stade, il ne cherche pas conseil auprès des maîtres de la foi de l'Ancien Testament ; il ne se rend pas au Sanhédrin de Jérusalem pour s'interroger sur la conduite à tenir face à cette situation.
Il croit simplement, de tout son esprit, de tout son cœur, de toute son âme, car il était un homme juste, comme nous l'enseigne l'évangéliste Matthieu. Matthieu connaissait très bien la communauté juive, puisqu'il en était issu et lui a adressé son Évangile.
Bien-aimés !
Dans nos vies, faisons entièrement confiance au Seigneur Dieu. Il sait parfaitement ce dont nous avons besoin et comment nous guider, afin que nous gagnions notre vie et gagnions le Ciel.
Dans les moments difficiles, souvenons-nous que c'est précisément alors que nous avons besoin de la confiance de saint Joseph et de son silence.
Acceptons tout ce que Dieu permet, même si notre esprit et notre cœur se rebellent et refusent de dire : « Que la volonté du ciel soit faite.»
Ayons confiance en Dieu, comme sainte Élisabeth, comme Marie et comme la sainte patronne de l’Évangile d’aujourd’hui.
Laissons-nous encourager par les paroles de ma sainte préférée, sœur Faustine Kowalska :
« Jésus, j’ai confiance en toi contre toute espérance, contre tout sentiment qui, en moi, s’y oppose.
Fais de moi ce que tu voudras, je ne m’éloignerai pas de toi, car tu es la source de ma vie. »