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Concile Vatican II

  • CONCILE VATICAN II : UNE BOUSSOLE POUR AUJOURD'HUI

    Cycle des «Jeudis de Vatican II » par le P. Jacques Bombardier c.o. Cinq conférences pour découvrir ou redécouvrir Vatican II

    Cliquez sur l'image pour l'agrandir :

     1 CONCILE 2012.jpg

    Jeudi 15 novembre à 20H 30 : A La Croisée au domaine de l'Asnée
    Le Concile Vatican II : une boussole pour aujourd'hui
    présentation générale du Concile: contexte et déroulement

    Pour aller plus loin.: 4 conférences. salle Rome à 20 h 30:

    *29 novembre 2012 : la lumière du Christ se reflète sur le Visage de l'Eglise.
    Constitution Lumen Gentium

    *13 décembre 2012 : Dieu s'adresse aux hommes comme à des amis.
    Constitution Dei Verbum

    *17 janvier 2013 : La liturgie. source et sommet de la vie de l'Eglise.
    Constitution Sacrosanctum Concilium

    *31 janvier 2013 : La Mission de l'Eglise dans le monde de ce temps:
    Constitution Gaudium et Spes et décrets Nostra Aetate et Dignitatis Humanae

    Renseignements : http://www.espace-ada.fr/


  • L’APPORT DU CONCILE VATICAN II

    Une compréhension renouvelée de l’Eglise.

    Le Concile emploie très souvent l’expression : « Le Christ et son Epouse ».  Au lieu de regarder l’Eglise comme une organisation, le concile l’a regardée avec les yeux de la foi comme l’Epouse du Christ, comme le « sacrement de l’union intime avec Dieu et de l’union du genre humain. » (Lumen Gentium I/1)

    L’Eglise est le peuple de Dieu, le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit, la Présence de Dieu en ce monde. Voulue par le Père depuis toujours, créée par le Christ dans sa pâque, animée par l’Esprit saint qui lui donne une éternelle jeunesse, l’Eglise trouve donc sa source et son unité dans la Ste Trinité. (Lumen Gentium I/4)

    Enfin, l’Eglise contemple ce qu’elle est sur le visage de la Vierge Marie, Epouse et Mère. (VIII)

    Quand le Concile parle de Dieu, il le nomme toujours dans son unité trinitaire et selon la révélation faite dans l’Ancien et le nouveau testaments.

    Une compréhension plus approfondie du sacrement de l’ordre.

    Les évêques sont « les successeurs des apôtres », recevant la plénitude du sacrement de l’ordre. Dans l’Eglise ils forment un collège uni autour du Pape (le « Pierre » de chaque époque) qui continue le collège des apôtres autour de Pierre. Cela se manifeste particulièrement dans l’institution du Synode des évêques réuni à Rome tous les deux ou trois ans pour le gouvernement de l’Eglise. (LG 21 et 22)

    Les prêtres qui forment dans chaque diocèse un « presbyterium » autour de leur évêque, collaborateurs des évêques assurent le triple service d’enseigner (la Parole dans la fidélité à la Tradition de l’Eglise), sanctifier (par les sacrements) et gouverner le peuple de Dieu qui leur est confié. (LG 28)

    Le diaconat permanent est rétabli dans l’Eglise, sacrement du Christ Serviteur. (LG29)

    La différence entre le sacerdoce des baptisés et le sacerdoce ministériel des prêtres n’est pas une différence de degré mais une différence de nature. Le second étant créé par le Christ pour la sanctification du premier. (LG 28)

    Une clarification de la place et du rôle des laïcs dans l’Eglise.

    Les laïcs sont chargés de la mission de l’Eglise d’annoncer le Christ et son Evangile dans les réalités séculières (vie de famille, travail, engagement associatif, politique, syndical ou culturel) de leur vie. Et cette mission repose comme fondement sur leur sacrement de baptême et de confirmation. Ces réalités séculières, ils sont chargés de les animer de l’intérieur de l’Esprit du Christ et de les offrir à Dieu dans l’Eucharistie pour que le Royaume de Dieu grandisse et que « Dieu soit tout en tous ». (LG + GS et AA)

    Ils sont aussi associés à l’animation de la communauté de l’Eglise dans les diocèses, les paroisses et les mouvements divers.

    Une attitude pastorale pour l’Eglise (G et S) et (AG)

    Un texte de Paul VI résume bien l’attitude que l’Eglise a voulu adopter vis à vis du monde nouveau et mélangé qu’elle voyait naître sous ses yeux et que nous vivons maintenant : le concile avait eu lieu en un temps « que tous reconnaissent comme orienté vers la conquête du royaume terrestre plutôt que vers le Royaume des cieux. L’humanisme laïc et profane est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le Concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait dieu. Qu’est-il arrivé ?  Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver. Mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du Bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. » (7 décembre 1965) . Une réflexion nouvelle sur les Missions (AG)

    Une réforme de la liturgie. (SC)

    Le Concile a donné les principes selon lesquels on devait réformer la liturgie de la messe, des sacrements et de la prière. La messe a été purifiée de ce qui avait été ajouté au cours des siècles et qui surchargeait les rites.  Le dimanche a été recentré sur le mystère pascal du Christ, le trésor de l’Ecriture lue à la messe a été considérablement augmenté avec un programme de lectures sur 3 ans pour les dimanches et sur 2 ans pour la semaine. Le nombre des prières a été augmenté en puisant dans les trésors liturgiques des siècles passés (Vè et VIè siècles principalement). Le bréviaire réservé aux prêtres est devenu « la liturgie des heures » pour tous les fidèles qui y puisent la matière de leur prière et  que les ministres ordonnés disent intégralement. Les fidèles sont invités à une participation active et fructueuse à la liturgie, participation qui culmine à la messe dans l’offrande d’eux mêmes et de toute leur vie, avec le Christ, à Dieu le Père. « Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré. » (SC 7)

    Une vision renouvelée de la Sainte Ecriture et de la Tradition. Question laissée comme en suspens par le Concile de Trente

    « Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine. Par cette révélation, le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis, il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie. » (DV 2)

    « L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et dans la vie de l’Église qui croit et qui prie. C’est cette même tradition, qui fait connaître à l’Église le canon intégral des Livres Saints ; c’est elle aussi qui, dans l’Église, fait comprendre cette Écriture Sainte et la rend continuellement opérante. Ainsi Dieu, qui a parlé jadis, ne cesse de converser avec l’Épouse de son Fils bien-aimé… La Tradition est donc une réalité vivante et sous la conduite l’Esprit Saint, l’Eglise ne cesse de grandir dans l’intelligence des mystères que Dieu lui a révélées (DV 8)

    Le Concile a réintroduit dans la pensée de l’Eglise le sens de l’histoire du salut, chère aux Pères de l’Eglise.

    Un rapport nouveau avec le peuple juif. Nostra Aetate. (§4)

    « L’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul. Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ. En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs,… déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs. »

    Un combat pour la liberté religieuse.

    La doctrine centrale de la Déclaration s'inscrit dans la tradition développée depuis Léon XIII: la démarche religieuse de l'homme doit se faire à l'abri de toute contrainte externe. "Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres" (DH 2, 1)

  • Petit journal du concile Vatican II

    VAT II.jpg

    On peut résumer ainsi : le concile Vatican II,  c’est 2 ½ ans de préparation, 4 années de déroulement, 4 sessions et 4 inter sessions.

    2 ans ½ de préparation…

    1- une commission ante préparatoire chargée de recueillir les questions qui se posent auprès des évêques, des supérieurs d’ordres, des universités, des théologiens… 2598 personnes consultées, 1998 réponses, soit 77%, 5000 pages imprimées.

    2 – une commission préparatoire composée d’une commission directrice et de 10 sous-commissions selon les dicastères correspondants. Ces commissions étaient formées de membres effectifs qui votaient et de théologiens consultés. Chacune était présidée par le cardinal de la congrégation concernée. Cela faisait environ 850 clercs au travail. De ce travail sortirent 70 documents soumis aux Pères.

    3 – Jean XXIII avait ajouté à toutes ces commissions un « secrétariat pour l’unité des chrétiens » et l’avait confié au cardinal Béa le théologien et confesseur de Pie XII. Ce secrétariat jouera un rôle essentiel au Concile.

                    Convocation

    Le St Siège a envoyé 2850 convocations au Concile, à l’ouverture un peu moins de 100 étaient absents ! Pour les 4 sessions, environ 2400 pères participèrent au débat.

    Ils étaient 750 à Vatican I, entre 29 et 200 à Trente, 318 à Nicée.
    Les 2750 étaient originaires de 196 pays différents…  36% d’Europe, 34% d’Amérique, 20% d’Asie et Océanie, 10% d’Afrique .

    La plupart des Pères étaient venus avec un secrétaire et/ou un conseiller théologique.
    En plus des Pères, le Pape avait nommé 484 experts  pour aider les Pères.

    Enfin, il y eut selon les sessions entre 50 et 100 observateurs non catholiques (orthodoxes et protestants) ou catholiques laïcs. Ils allèrent en augmentant selon les sessions !

    Avec les journalistes, le personnel de service et des groupes divers qui tournèrent autour du Concile, on pense que c’est 7500 personnes qui travaillèrent pour la réussite du Concile.

    La salle de réunion était la nef de St Pierre, bien aménagée avec des tribunes entre les piliers. Il y avait deux bars dans chaque bas-côté afin de permettre aux Pères de se retrouver et de  discuter. La sonorisation était excellente et la répartition des micros facilitait les débats.

    En haut de la nef, près de la confession de Pierre, un fauteuil avec le Livre de l’Evangile ouvert posé dessus. Il était intronisé chaque jour après la messe célébrée dans les différents rites de l’Eglise catholique et présidait les débats.

    4 années et 4 sessions

    Il y eut 168 séances de travail tous ensemble de 9H à 12H. (On disait congrégation générale). L’après-midi était consacré au travail personnel, aux rencontres de commissions nationales qui se sont vite mises en place, pour des conférences, débats divers et rencontres personnelles. Aussi important que le travail du matin.

    Il y eut 10 séances solennelles publiques en particulier pour les votes des textes.

    Les inter sessions sont aussi des moments importants par la confrontation avec l’Eglise locale, par les rencontres d’experts qui proposeront de nouveaux textes.

    L’animation du concile

    Les modérateurs : ils sont 4 dont Cardinaux Suenens, Agagianian, Döpfner et Lercaro.
    Le conseil des présidents 
    : 10 cardinaux nommés, dont cardinaux Tisserant, le seul de Curie, Alfrink , Frings, Liénart, Ruffini, Siri, Spellman…
    Un secrétariat des affaires extraordinaires
    présidé par Cardinal Cigognani secrétaire d’Etat
    Le secrétaire du concile 
    : Mgr Felici.

     

  • Messe pour les 50 ans de l'ouverture du Concile

    7. Présence du Christ dans la liturgie     Pour l’accomplissement d’une si grande œuvre, le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, … et, au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes… Effectivement, pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Église, son Epouse bien-aimée, qui l’invoque comme son Seigneur et qui, par la médiation de celui-ci, rend son culte au Père éternel. »(Liturgie)

    TOI QUI AS FAIT DE PIERRE ET DE PAUL LES TÉMOINS JOYEUX DE LA BONNE NOUVELLE GLOIRE A ROI SEIGNEUR JESUS, GLOIRE A TOI !

     1 -  Toi qui as envoyé tes apôtres devant Ta Face
    Loué sois-Tu pour Pierre et Paul, les colonnes de Ton Eglise
    Tu as mis dans leur bouche  Ta Parole de Vie
    Ils ont versé leur sang   pour confesser Ton Nom.

    2 - Toi qui rassembles tous les hommes en un seul Peuple
    Tu as donné à Pierre d’annoncer la Résurrection au peuple juif.
    Et Paul annonça aux païens qu’ils étaient héritiers de la même Promesse
    Afin que tous soient réconciliés par le Sang de l’Alliance Nouvelle.

    3 - Tu as choisi Paul pour révéler ton Nom parmi les païens
    Du persécuteur de l’Eglise / Tu as fait l’Apôtre des nations! /C’est par grâce que Tu l’as mis à part / Et ta grâce en lui n’a pas été vaine.

    Avant la Parole de Dieu.

    Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine. Par cette révélation, le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis, il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie.

    Ainsi Dieu, qui a parlé jadis, ne cesse de converser avec l’Épouse de son Fils bien-aimé, et l’Esprit Saint, par qui la voix vivante de l’Évangile retentit dans l’Église et, par l’Église, dans le monde, introduit les croyants dans la vérité tout entière et fait que la parole du Christ réside en eux avec toute sa richesse.

    Psaume :
    RASSASIE NOUS DE TON AMOUR : NOUS SERONS DANS LA JOIE !

    Offertoire

    Par conséquent, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré.

    Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs…

    Aussi l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l’unité avec Dieu et entre eux pour que, finalement, Dieu soit tout en tous. »

    Communion

    « l’Eglise est dans le Christ comme un sacrement ou si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain » (I/1)

    LIVREZ VOUS A L’EMPRISE DU DIEU VIVANT POUR LE SERVIR EN SON EGLISE.
    1 – L’amour de Dieu est infini / Il vous a pris pour le révéler
    Pour guider ceux qui le cherchent/ aux Sources du Verbe de Vie

    2 – Sanctifiés par l’Esprit d’amour /marchez de clarté en clarté
    Vers la ressemblance avec le Christ /il vous partagera sa Gloire.

    « Toutefois, la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Église, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur. » (liturgie)

  • Le 50ème anniversaire du Concile Vatican II (6)

    LUMEN GENTIUM

    CHAPITRE II : 
Le Peuple de Dieu

    Paul VI.jpg

    -    Après un premier chapitre qui a montré le « mystère de l’Eglise » « sacrement de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain », le texte nous présente au chapitre 2, le peuple de Dieu. Retournement intéressant : dans une Eglise qui avait survalorisé la hiérarchie, au point qu’au XIXè siècle, on se demandait ce que c’était que les laïcs, le concile parle de l’Eglise comme du peuple de Dieu, rappelant que, depuis toujours Dieu, veut rassembler l’humanité dans l’unité. Ce peuple de Dieu, c’est le peuple messianique.

    -    Ce peuple messianique a un chef le Christ. Il a une destinée, un accomplissement : le Royaume de Dieu (toujours la dimension eschatologique) ; Ce peuple est le germe d’espérance d l’unité de toute l’humanité. Ce peuple porte le même nom que le peuple d’Israël : il s’appelle Eglise.

    -    Ce peuple est sacerdotal par son baptême : c’est la consécration baptismale qui fait de tout le peuple un peuple prophétique (chargé d’annoncer les merveilles de Dieu) un peuple sacerdotal (chargé de la prière et de s’offrir avec le Christ à la messe avec toute sa vie), peuple royal (laissé au gouvernement de lui-même par Dieu.)

    -    Le Concile précise aussitôt la distinction entre le sacerdoce commun à tous les baptisés et le sacerdoce ministériel confié à certains pour la sanctification de tous. La différence n’est pas de degré (ce qui voudrait dire que le sacerdoce ministériel est supérieur à l’autre) mais une différence essentielle ( d’une autre nature). Cependant ces deux sacerdoces ont leur source en Christ et sont ordonnés l’un à l’autre.

    -    Les fidèles exercent leur sacerdoce dans les sacrements et cherchent de plus en plus la sainteté de leur vie.

    -    Ce peuple de Dieu a un sens surnaturel de la foi, il pressent ce qui est juste dans la foi dans l’élan unanime qui habite le peuple de Dieu.

    -    Ce peuple de Dieu est doté par l’Esprit Saint de nombreux charismes, dons particuliers faits par l’Esprit à tel ou tel fidèle pour le bien de tous et la construction de l’Eglise. Ces charismes peuvent être à vie ou ponctuels.

    -    Ce peuple de Dieu est catholique, c’est-à-dire universel : tous les peuples sont appelés à faire partie du peuple de Dieu… et le peuple de Dieu est déjà présent à tous els peuples de la terre. Les richesses culturelles de chaque peuple ne sont pas détruites par l’adhésion au Christ : au contraire, « elles sont assumées, purifiées, renforcées et élevée. »

    CHAPITRE II : 
Le Peuple de Dieu

    9. La Nouvelle Alliance et le Peuple nouveau

    Le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C’est pourquoi il s’est choisi Israël pour être son peuple... Tout cela cependant n’était que pour préparer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ, et la révélation plus totale qui serait transmise par le Verbe de Dieu lui-même, fait chair. « Voici venir les jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une Alliance Nouvelle... (Jr). C’est la Nouvelle Alliance dans le sang du Christ.  il appelle la foule des hommes de parmi les Juifs et de parmi les Gentils, pour former un tout selon la chair mais dans l’Esprit et devenir le nouveau Peuple de Dieu. Ceux-là constituent finalement « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis, ceux qui autrefois n’étaient pas un peuple étant maintenant le Peuple de Dieu » (1 P ).

    Ce peuple messianique a pour chef le Christ …. Le statut de ce peuple, c’est la dignité et la liberté des fils de Dieu,… Sa destinée enfin, c’est le Royaume de Dieu, inauguré sur la terre par Dieu même, qui doit se dilater encore plus loin jusqu’à ce que, à la fin des siècles, il reçoive enfin de Dieu son achèvement. C’est pourquoi ce peuple messianique, bien qu’il ne comprenne pas encore effectivement l’universalité des hommes et qu’il garde souvent les apparences d’un petit troupeau, constitue cependant pour tout l’ensemble du genre humain le germe le plus sûr d’unité, d’espérance et de salut.

    Et tout comme l’Israël selon la chair cheminant dans le désert reçoit déjà le nom d’Église de Dieu ainsi le nouvel Israël qui s’avance dans le siècle présent en quête de la cité future est appelé lui aussi : l’Église du Christ. Destinée à s’étendre à toutes les parties du monde, elle prend place dans l’histoire humaine, bien qu’elle soit en même temps transcendante aux limites des peuples dans le temps et dans l’espace.

    10. Le sacerdoce commun ( prêtre, prophète et roi par le baptême)

    Le Christ Seigneur, grand prêtre d’entre les hommes a fait du peuple nouveau « un Royaume, des prêtres pour son Dieu et Père ». Les baptisés, en effet, par la régénération et l’onction du Saint-Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint, de façon à offrir, par toutes les activités du chrétien, autant d’hosties spirituelles, en proclamant les merveilles de celui qui, des ténèbres, les a appelés à son admirable lumière  C’est pourquoi tous les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu doivent s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu, porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et rendre raison, sur toute requête, de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle .

    Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective.

    11. L’exercice du sacerdoce commun dans les sacrements

    Devenus fils de Dieu par une régénération (baptême), ils sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu. Par le sacrement de confirmation, leur lien avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint … pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ. Participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, ils offrent à Dieu la victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle; ainsi, tant par l’oblation que par la sainte communion, tous prennent leur part originale dans l’action liturgique. Enfin, par la vertu du sacrement de mariage, qui leur donne de signifier en y participant le mystère de l’unité et de l’amour fécond entre le Christ et l’Église, les époux chrétiens s’aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, par l’accueil et l’éducation des enfants ; en leur état de vie et leur ordre, ils ont ainsi dans le Peuple de Dieu leurs dons propres. Pourvus de moyens salutaires d’une telle abondance et d’une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père.

    12. Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chrétien

    Le Peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs», elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel.

    Mais le même Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier le Peuple de Dieu par les sacrements et les ministères, à le conduire et à lui donner l’ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église.

    13. L’universalité ou « catholicité » de l’unique Peuple de Dieu

    À faire partie du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés. C’est pourquoi ce peuple, demeurant uni et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés. C’est dans ce but que Dieu envoya son Fils dont il fit l’héritier de l’univers... C’est pour cela enfin que Dieu envoya l’Esprit de son Fils, l’Esprit souverain et vivifant, qui est, pour l’Église entière, pour tous et chacun des croyants, le principe de leur rassemblement et de leur unité dans la doctrine des Apôtres, et la communion fraternelle, dans la fraction du pain et les prières

    Ainsi, l’unique Peuple de Dieu est présent à tous les peuples de la terre, empruntant à tous les peuples ses propres citoyens, citoyens d’un Royaume dont le caractère n’est pas de nature terrestre mais céleste. Tous les fidèles, en effet, dispersés à travers le monde, sont, dans l’Esprit Saint, en communion avec les autres, et, de la sorte « celui qui réside à Rome sait que ceux des Indes sont pour lui un membre [23] ». Mais comme le Royaume du Christ n’est pas de ce monde l’Église, Peuple de Dieu par qui ce Royaume prend corps, ne retire rien aux richesses temporelles de quelque peuple que ce soit, au contraire, elle sert et assume toutes les capacités, les ressources et les formes de vie des peuples en ce qu’elles ont de bon ; en les assumant, elle les purifie, elle les renforce, elle les élève.

    En vertu de cette catholicité, chacune des parties apporte aux autres et à toute l’Église le bénéfice de ses propres dons, en sorte que le tout et chacune des parties s’accroissent par un échange mutuel universel et par un effort commun vers une plénitude dans l’unité. C’est pourquoi le Peuple de Dieu ne se constitue pas seulement par le rassemblement des peuples divers, mais jusqu’en lui-même, il se construit dans la variété des fonctions. En effet, entre ses membres règne une diversité qui est, soit celle des charges, certains exerçant le ministère sacré pour le bien de leurs frères, soit celle de la condition et du mode de vie, beaucoup étant, de par l’état religieux qui leur fait poursuivre la sainteté par une voie plus étroite, un exemple stimulant pour leurs frères. C’est pourquoi encore il existe légitimement, au sein de la communion de l’Église, des Églises particulières jouissant de leurs traditions propres – sans préjudice du primat de la Chaire de Pierre qui préside à l’assemblée universelle de la charité [25], garantit les légitimes diversités et veille à ce que, loin de porter préjudice à l’unité, les particularités, au contraire, lui soient profitables. De là, enfin, entre les diverses parties de l’Église, les liens de communion intime quant aux richesses spirituelles, quant au partage des ouvriers apostoliques et des ressources matérielles. Les membres du Peuple de Dieu sont appelés en effet à partager leurs biens et à chacune des Églises s’appliquent également les paroles de l’Apôtre : « Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu, comme il sied à de bons dispensateurs de la grâce divine qui est si diverse » (1 P 4, 10).

    Ainsi donc, à cette unité catholique du Peuple de Dieu qui préfigure et promeut la paix universelle, tous les hommes sont appelés ; à cette unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés, et les fidèles catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la grâce de Dieu appelle au salut.

    14. Les fidèles catholiques

    C’est vers les fidèles catholiques que le saint Concile tourne en premier lieu sa pensée. Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, il enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16 ; Jn 3, 5), c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient pas être sauvés.

    Sont incorporés pleinement à la société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et les moyens de salut qui lui ont été donnés, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion, sont unis, dans l’ensemble visible de l’Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques. L’incorporation à l’Église, cependant, n’assurerait pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien « de corps » au sein de l’Église, mais pas « de cœur» [26]. Tous les fils de l’Église doivent d’ailleurs se souvenir que la grandeur de leur condition doit être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce particulière du Christ ; s’ils n’y correspondent pas par la pensée, la parole et l’action, ce n’est pas le salut qu’elle leur vaudra, mais un plus sévère jugement [27].

    Quant aux catéchumènes qui, sous l’action de l’Esprit Saint demandent par un acte explicite de leur volonté à être incorporés à l’Église, par le fait même de ce vœu, ils lui sont unis, et l’Église, maternelle, les enveloppe déjà dans son amour en prenant soin d’eux.

    15. Les liens de l’Église avec les chrétiens non catholiques

    Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de la communion sous le Successeur de Pierre, l’Église se sait unie pour de multiples raisons [28]. Il en est beaucoup, en effet, qui tiennent la Sainte Écriture pour leur règle de foi et de vie, manifestent un zèle religieux sincère, croient de tout leur cœur au Dieu Père tout-puissant et au Christ Fils de Dieu et Sauveur [29], sont marqués par le baptême qui les unit au Christ, et même reconnaissent et reçoivent d’autres sacrements dans leurs propres Églises ou dans leurs communautés ecclésiales. Plusieurs d’entre eux jouissent même de l’épiscopat, célèbrent la sainte Eucharistie et entourent de leur piété la Vierge Mère de Dieu [30]. À cela s’ajoute la communion dans la prière et dans les autres bienfaits spirituels, bien mieux, une véritable union dans l’Esprit Saint, qui, par ses dons et ses grâces, opère en eux aussi son action sanctifiante et dont la force a permis à certains d’entre eux d’aller jusqu’à verser leur sang. Ainsi, l’Esprit suscite en tous les disciples du Christ le désir et les initiatives qui tendent à l’union pacifique de tous, suivant la manière que le Christ a voulue, en un troupeau unique sous l’unique Pasteur [31]. À cette fin, l’Église notre Mère ne cesse de prier, d’espérer et d’agir, exhortant ses fils à se purifier et à se renouveler pour que, sur le visage de l’Église, le signe du Christ brille avec plus de clarté. 

    16. Les non-chrétiens

    Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu [32] et, en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. Et même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4). En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33]. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique [34] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm 1, 21.25) 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. C’est pourquoi l’Église, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : « Prêchez l’Évangile à toutes créatures» (Mc 16, 16), met tout son soin à encourager et soutenir les missions.

    17. Le caractère missionnaire de l’Église

    En effet tout comme il a été envoyé par le Père, le Fils lui-même a envoyé ses Apôtres (cf. Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 18-20). Ce solennel commandement du Christ d’annoncer la vérité du salut, l’Église l’a reçu des Apôtres pour en poursuivre l’accomplissement jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8). C’est pourquoi elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16) : elle continue donc inlassablement à envoyer les hérauts de l’Évangile jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et en état de poursuivre elles aussi l’œuvre de l’évangélisation. L’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier. En prêchant l’Évangile, l’Église dispose ceux qui l’entendent à croire et à confesser la foi, elle les prépare au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ pour croître en lui par la charité jusqu’à ce que soit atteinte la plénitude. Son activité a le résultat non seulement de ne pas se laisser perdre tout ce qu’il y a de germe de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou de leurs rites propres et leur culture ; mais de le guérir, l’élever, l’achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme. À tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l’expansion de la foi [35]. Mais si le baptême peut être donné aux croyants par n’importe qui, c’est aux prêtres cependant qu’il revient de procurer l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique en accomplissant les paroles de Dieu quand il dit par la voix du prophète : « De l’Orient jusqu’au couchant, mon Nom est grand parmi les nations, et en tous lieux est offert à mon Nom un sacrifice et une offrande pure » (Ml 1, 11) [36]. Ainsi, l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire.

  • Le 50ème anniversaire du Concile Vatican II (5)

    Constitution Lumen Gentium, enseignement du 8 décembre 2011 à ND de Bonsecours

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    Chapitre 1  § 8   L’Église, à la fois visible et spirituelle

    Rappel du rôle de l’Eglise

    Le Christ, unique médiateur, crée et continuellement soutient sur la terre, comme un tout visible, son Église sainte, communauté de foi, d’espérance et de charité, par laquelle il répand, à l’intention de tous, la vérité et la grâce

    L’Eglise visible et l’Eglise invisible ne font qu’une seule Eglise

    Cette société organisée hiérarchiquement d’une part et le corps mystique d’autre part, l’ensemble discernable aux yeux et la communauté spirituelle, l’Église terrestre et l’Église enrichie des biens célestes ne doivent pas être considérées comme deux choses, elles constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d’un double élément humain et divin C’est pourquoi, en vertu d’une analogie qui n’est pas sans valeur, on la compare au mystère du Verbe incarné. Tout comme en effet la nature prise par le Verbe divin est à son service comme un organe vivant de salut qui lui est indissolublement uni, de même le tout social que constitue l’Église est au service de l’Esprit du Christ qui lui donne la vie, en vue de la croissance du corps

    C’est là l’unique Église du Christ, dont nous professons dans le symbole l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité , cette Église que notre Sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur, qu’il lui confia, à lui et aux autres Apôtres, pour la répandre et la diriger et dont il a fait pour toujours la « colonne et le fondement de la vérité » .

    Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c’est dans l’Église catholique qu’elle subsiste, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui , bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère, éléments qui, appartenant proprement par le don de Dieu à l’Église du Christ, portent par eux-mêmes à l’unité catholique.

    Mais, comme c’est dans la pauvreté et la persécution que le Christ a opéré la rédemption, l’Église elle aussi est appelée à entrer dans cette même voie pour communiquer aux hommes les fruits du salut. Le Christ Jésus « qui était de condition divine s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave », pour nous « il s’est fait pauvre, de riche qu’il était » . Ainsi l’Église, qui a cependant besoin pour remplir sa mission de ressources humaines, n’est pas faite pour chercher une gloire terrestre mais pour répandre, par son exemple aussi, l’humilité et l’abnégation. Le Christ a été envoyé par le Père « pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, ... guérir les cœurs meurtris », « chercher et sauver ce qui était perdu » : de même l’Église enveloppe de son amour ceux que l’infirmité humaine afflige, bien plus, dans les pauvres et les souffrants, elle reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant, elle s’efforce de soulager leur misère et en eux c’est le Christ qu’elle veut servir. Mais tandis que le Christ saint, innocent, sans tache  ignore le péché, venant seulement expier les péchés du peuple, l’Église, elle, enferme des pécheurs dans son propre sein, elle est donc à la fois sainte et toujours appelée à se purifier, poursuivant constamment son effort de pénitence et de renouvellement.

    « L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu , annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne . La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière.

    Commentaire :

    1 – C’est SON Eglise (au Christ) avant d’être la nôtre. C’est lui qui la fait vivre.

    2 – Il n’y a qu’UNE SEULE EGLISE
    composée de l’Eglise visible (=société organisée et visible)
    et de l’Eglise invisible (= Corps mystique du Christ invisible)

     Comme disait St Augustin : certains sont dans l’Eglise visible qui, à caudé de leurs graves péchés, ne sont pas de l’Eglise et d’autres sont de l’Eglise sans que cela se voit en raison de la sainteté de leur vie selon leur conscience et de leur communion invisible avec le Christ.

    3 – L’Eglise telle que l’a voulue le Christ SUBSISTE dans l’Eglise catholique. Les séparations successives ne lui pas fait perdre ce qui la fait être l’Eglise du Christ même si demeure le devoir de rechercher l’unité.

    Bien des éléments de sanctification (Parole de Dieu et sacrements et succession apostolique) se trouvent « hors de la sphère de l’Eglise catholique » dans les Eglises orientales.

    Des éléments de sanctification (= Parole de Dieu) se trouvent dans les Communautés ecclésiales protestantes.

    4 – Pas de triomphalisme ! l’Eglise accomplit sa mission confiée par le Christ dans « la pauvreté et la persécution »venant du dehors comme du dedans, comme son Maître.

    C’est l’Eglise sainte des pécheurs toujours à purifier.

  • Le 50ème anniversaire du Concile Vatican II (4)

    Constitution Lumen Gentium, enseignement du 21 Nov.  2011

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    CHAPITRE PREMIER : 
Le Mystère de l’Église        

    7. L’Église, corps mystique du Christ

    La comparaison de l’Eglise avec un corps vient de St Paul. (1 Corinthiens 12)… avec deux aspects : l’Eglise forme un tout organique comme le corps ; l’Eglise est comme corps l’épouse du Christ : il ne fait qu’un avec elle. Cette image a été reprise par le pape Pie XII dans une célèbre encyclique « Mystici corporis »1943 que le concile suit ici. Le Corps du Christ, c’est donc le Corps eucharistique du Christ et aussi le Corps mystique du Christ (l’Eglise) indissolublement.

    La participation à l’Eglise dans le salut : une incorporation au Christ.   Le Fils de Dieu, dans la nature humaine qu’il s’est unie, a racheté l’homme en triomphant de la mort par sa mort et sa résurrection, et il l’a transformé en une créature nouvelle. En communiquant son Esprit à ses frères, qu’il rassemblait de toutes les nations, il les a constitués, mystiquement, comme son corps.

    Dans ce corps la vie du Christ se transmet par les sacrements, baptême et eucharistie surtout. Dans ce corps, la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié. Nous devenons ainsi les membres de ce corps, « étant chacun pour sa part membres les uns des autres».

    Diversité de membres et de fonctions dans ce Corps. Dans l’édification du Corps du Christ règne également une diversité de membres et de fonctions. Unique est l’Esprit qui distribue des dons variés pour le bien de l’Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services.

    Unité du Corps par l’Esprit.  Le même Esprit qui est par lui-même principe d’unité dans le corps où s’exerce sa vertu et où il réalise la connexion intérieure des membres, produit et stimule entre les fidèles la charité.

    Le Christ Tête et cohésion du Corps. De ce corps le Christ est la tête … et, par sa perfection et son action souveraine, il comble des richesses de sa gloire le corps tout entier. Tous les membres doivent se conformer à lui jusqu’à ce que le Christ soit formé en eux. De lui « le corps tout entier, par les ligaments et jointures, tire nourriture et cohésion pour opérer sa croissance en Dieu ». Dans son corps, l’Église,… nous nous apportons mutuellement, grâce à sa vertu, les services nécessaires au salut.

    L’Esprit est comme l’âme de la jeunesse de l’Eglise  Pour que nous puissions nous renouveler en lui sans cesse, il nous fait part de son Esprit qui, unique et présent, identique à lui-même dans la tête et dans les membres, vivifie le corps entier, l’unifie et le meut, si bien que son action a pu être comparée par les saints Pères à la fonction que remplit dans le corps humain, l’âme, principe de vie.

    L’Eglise, l’épouse aimée du Christ, croît jusqu’à sa plénitude. Le Christ aime l'Église comme son épouse, et il est le modèle de l'homme qui aime sa femme comme son propre corps; l'Église, pour sa part, est soumise à son Chef. "Parce qu'en lui corporellement réside la plénitude de la divinité", il comble de ses dons divins l'Église qui est son corps et son plérôme, afin qu'elle tende et atteigne à toute la plénitude de Dieu.