“Ne craignez pas” ; “Soyez donc sans crainte” : Deux conseils prodigués par le Christ à ses disciples et ceci juste après les avoir envoyés en mission et les avoir avertis que ce qu’il leur demande ne sera pas sans difficulté et sans opposition. Car être chrétien, c’est témoigner, malgré tout, de l’Amour du Christ et ceci sans baisser les bras. C’est se dire ami du Christ et appliquer dans nos vies ses commandements, dont le premier est l’amour du prochain, c’est-à-dire de nos frères et de nos sœurs de tous les jours… sans se décourager, sans désespérer, sans se lasser…
Et, pour les enfants qui vont faire leur première communion, les conseils du Christ doivent rester imprimés dans leurs cœurs. Tout comme pour nous tous ici rassemblés qui, tous les dimanches, recevons la communion, ces mêmes recommandations doivent nous soutenir quelles que soient les difficultés que nous rencontrons : « Ne craignez pas ». Car il est une évidence que nous ne devons jamais oublier : Par la Sainte Communion, le Christ vient habiter nos corps, en les nourrissant. Au travers de la petite hostie que nous mangeons, c’est le Christ lui-même qui vient nous visiter, nous nourrir et se faire le compagnon unique de nos vies en les habitant par sa divine présence. Oui, pour reprendre les paroles mêmes du Prophète Jérémie : « Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable ». (Jer 20,11). Alors, si nous avons pour compagnon un guerrier redoutable, que pouvons-nous craindre ? D’autant plus que le Seigneur nous habite au plus intime de nos corps, de nos cœurs, de nos âmes et il nous aide quelle que soient les difficultés que nous rencontrons et les échecs que nous pouvons vivre. Ajouter à cela sa Sainte Parole et nous avons, en plus, tous les conseils pour être des disciples armés pour témoigner.
Et Jérémie sait de quoi il parle, lui qui a reçu très jeune (Remarquez, chers enfants que témoigner du Christ ne demande pas d’être un vieux barbu comme moi), il a reçu du Seigneur l’appel pour sa mission de prophète, celui qui parle au nom de Dieu ce n’est pas peu dire : « Avant même d’être façonné dans le sein de sa mère, il était connu par Dieu ; avant que qu’il vienne au jour, Dieu l'a consacré ; il a fait de lui un prophète pour les nations. » et ceci des mots même de Jérémie (Jr 1,5). Et fort de cette expérience, il ne cessera de rappeler combien la conversion du cœur s’impose comme seul remède afin de pouvoir écouter de nouveau la voix du Seigneur… Il a été le fidèle porte-parole de Dieu, non sans opposition, il sera même fait prisonnier, mais, malgré tout, il continuera à témoigner. « C’est pour toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage » chante le psaume. Mais pour lui, l’amour du Seigneur a été son objectif, sa raison de vivre et cela en a fait un juste auprès de Dieu.
Voilà pourquoi l’exemple de Jérémie ne doit pas décourager les plus jeunes ou ceux parmi nous qui traversent des épreuves. Ce serait oublier ce que nous chante le psaume. Ce serait oublier que « l’amour du Seigneur est bon et qu’il est tendre pour qui l’aime ». Ce serait oublier que pour voir Dieu il nous faut savoir être, toute notre vie, ces pauvres, pauvres de cœur, pauvres d’esprit, pauvres de richesses inutiles, si pauvres qu’ils peuvent laisser toute place à Dieu qui alors devient leur seule raison d’espérer, leur raison d’être dans la joie, malgré tout… « Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. » chante encore le psaume.
Jérémie, est resté libre face à toutes les épreuves qu’il a subies. Il est resté un homme libre d’affirmer les merveilles du Seigneur. « La liberté est le fruit de la vertu, et la crainte est le signe de la servitude ; c’est pourquoi celui qui n’a pas peur des hommes, celui qui méprise les attaques du monde et la mort elle-même, est admis par Jésus-Christ dans son amitié ; il y a entre eux et lui de la ressemblance » (saint Pierre Chrysologue : sermon CI).
Alors, chers frères et sœurs, vous aussi chers enfants, soyons ces être libres capables d’annoncer, encore aujourd’hui, au monde les merveilles et les enseignements de Dieu. Les seuls qui ouvrent à la vie éternelle. Soyons ces femmes et ces hommes libres dont le Christ a besoin, qui n’hésitent pas, sans crainte, à dénoncer les injustices, les erreurs vers lesquelles certains grands décideurs ou certains politiques risquent de nous entraîner.
C’est dire à temps et à contre-temps, malgré les risques que nous pouvons courir, que les voies du Seigneur sont les seules qui mènent à la vie éternelle.
C’est dire et redire à nos concitoyens que la vie doit être respectée de son début à sa fin. C’est respecter chaque être humain, riche ou pauvre, en bonne santé ou touché par la maladie ou le handicap. C’est refuser de laisser les plus pauvres comme laissés pour compte sur les trottoirs de notre civilisation. C’est voir en chaque être humain une magnifique image de Dieu, quelle que soit sa beauté physique. C’est respecter notre création, y voyant, y compris dans la plus simple herbe, une magnifique preuve du savoir infini de Dieu. C’est faire comprendre à nos décideurs que l’homme ne pourra jamais se faire Dieu et que tout projet de développement technologique doit être fait en tenant compte du respect de la conscience de chacun.
Frères et sœurs, nous ne sommes pas du monde, n’ayons pas peur du monde dans lequel nous sommes appelés, comme les disciples, à témoigner des merveilles de Dieu. Voilà la mission qui nous est confiée à nous qui recevons, chaque fois que nous communion, le corps du Christ en nos pauvres existences et que nous en faisons ainsi l’hôte de nos vies. Voilà, les enfants, voilà, chers frères et sœurs, la mission qui vous est confiées, avec le soutien de Jésus qui va habiter vos corps sous la forme de l’Hostie : Annoncer, par des actes simples, que Dieu aime chacun de nous et donc toutes les personnes qui vous entourent.
Amen.
Jean-Marie Blondel, diacre