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Saint Pierre-Bonsecours - Page 3

  • La parabole des talents

    Un talent…. Pèse 20 kg ! Le premier serviteur part donc avec 220kg d’or.

                Voilà un maître qui sait doter ses serviteurs en leur confiant ses biens quand il part… pour longtemps d’après le texte de St Matthieu. Si dans cette parabole, Jésus parle du temps entre son départ de l’Ascension et sa Venue dans la Gloire à la fin des temps, le retour n’est pas dans la pensée du Maître « pour tout de suite ».

                Dimanche dernier, Jésus exhortait à la vigilance : Jésus comme l’Epoux des Noces vient…il faut se ternir prêt à l’accueillir pour entrer dans la salle des Noces du Royaume.

                Aujourd’hui, l’attente de la Venue du Seigneur est active.

                Il faut faire fructifier les dons reçus du maître. La fin de la parabole, montre que pour Jésus, ce n’est pas un conseil, c’est une EXIGENCE. La brutalité du sort du paresseux en témoigne.

                Quels sont les « biens » que Jésus nous laisse ? Je vous en propose quelques-uns…

                Au baptême, nous avons tous reçus come dons de Dieu la foi l’espérance et la charité. Vertus théologales disons-nous c’est-à-dire dons qui viennent de Dieu pour nous conduire à revenir à Dieu. Ces dons sont à faire fructifier ? Est-ce que je faire grandit ma foi en la cultivant, en l’approfondissant ? De nombreux adultes ne croient plus car ils en sont restés au catéchisme de leur enfance et ce qui convenait à des enfants, ne suffit plus à des adultes, bien sûr. A qui la faute ? A celui que ne cultive pas sa foi mais l’enterre… Quelle belle image pour la paresse !

                De même pour l’Amour reçu de Dieu pour aimer Dieu de toutes ses forces et le prochain et soi-même. Est-ce que je chercher à faire grandir mon amour par don de Dieu et par effort dans la grâce, pour faire reculer les limites d’un amour toujours trop petit, et toujours trop centré sur son ego.

     

                Autre don : la Parole de Dieu contenue dans le récit biblique. Est-ce que vous ouvrez votre Bible ? D’abord en avez-vous une ? Ou au moins un Nouveau Testament ? Quand avez-vous lu la dernière fois l’Evangile, seul ? De votre seule initiative ? Quand vous priez ? Ne vous étonnez pas si votre pratique religieuse ne vous comble pas… si elle tient plus par habitude que par conviction… mais par pitié n’en rendez pas l’Eglise responsable, ne cherchez pas d’excuse bon marché. Assumez votre paresse et votre négligence.

     

                Peut-être hélas, est-ce parce que vous avez la même conception de Dieu que le serviteur mauvais ! UN Dieu dur, à qui il faut rendre des comptes… alors je fais ce qu’il faut, mais le minimum. Ce serviteur parle comme l’aîné de la parabole des deux fils : Tu ne m’as jamais rien donné pour faire la fête avec mes amis alors que je travaille tout le temps mais ce fils qui dépense tout, tu le reçois avec une fête …. La fausse image du Père paralyse, conduit à un rapport servile avec Dieu, à une humanité rabougrie, aigrie, revendicatrice… et Dieu en peut rien faire puisque nous nous protégeons de Lui et de son action. Par sa brutale conclusion, Jésus veut réveiller notre cœur, en nous montrant le danger que nous courons en pensant et an agissant ainsi.

  • 31ème dimanche de l'année A

                Qui oserait prendre la parole après deux telles diatribes, de Malachie contre les prêtres de son temps et de Jésus contre els maîtres et les docteurs pharisiens !!

                Ces passages de l’Ecriture de ce matin font naître en moi les réflexions suivantes.

    1 – Jésus a voulu que des paroles infaillibles, quelle que soit la sainteté du prêtre – puissent toujours construire son Eglise : « Je te baptise » « ceci est mon Corps, mon Sang… » « Je te pardonne ». Ainsi l’Eglise peut naître vivre et grandir… même avec des ministres indignes. Cependant, tout le reste du ministère dépend de la sainteté du ministre. St Paul en est un magnifique exemple. Le texte d’aujourd’hui nous livre son cœur de ministre du Seigneur : une grande affection pour ceux qu’ils sert dans la foi. Une volonté de leur donner non seulement sa prédication mais aussi sa propre vie ! Un travail personnel pour n’être pas à charge … l’acceptation de toutes les difficultés – et elles sont nombreuses et répétitives pour le pauvre Paul - pour annoncer le Christ.

                Nous sommes donc invités à prier pour les prêtres, pour leur sainteté. Le nombre importe peu en définitive…ce qui compte, c’est leur sainteté, leur zèle, le don d’eux-mêmes total au Christ, la livraison de tout leur être à l’action sanctificatrice de l’Esprit Saint et sans doute aussi, comme le dit st Paul, la conviction que la Parole qu’ils portent n’est pas parole « humaine » – à leur taille, modifiable à leur goût, selon les modes et les idéologies – « la Parole même de Dieu à l’œuvre chez les croyants ».

    2 – Avec Jésus, c’est la comédie humaine qui est dénoncée… le paraître, se faire remarquer, prendre les premières places ou du moins les convoiter à en être malades… Comédie sociale qui a aussi, hélas, sa place dans la communauté juive… comme dans la chrétienne. Jésus a des paroles extrêmement sévères : « ils disent et ne font pas »… qui est indemne de ce reproche, parmi chrétiens et prêtres ? « ils font tout pour être remarqués des hommes »… toute la société est remplie des « coups de com. » comme on dit, paraître même si c’est du vent, parler même si c’est pour mentir et tromper, … Faire travailler les autres et soi, ne rien faire, ne pas remuer le petit doigt ! Ces paroles de Jésus sont très incisives. Ne nous dérobons pas à elles !

    3 – Mais le bouquet final est merveilleux : « n’appelez personne Rabbi/docteur car vous n’avez qu’un seul docteur, le Saint Esprit…personne Père car vous n’avez qu’un Père, le Père des cieux…personne maître car vous n’avez qu’un seul maître le Christ et vous êtes tous frères. » Chacun de nous est libre par rapport aux mauvais prêtres, aux docteurs de toutes sortes, plus ou moins bons, aux maîtres de pacotille, aux faux pères… car dans l’état de grâce, chacun est en relation directe, personnelle, avec la Trinité qui habite en lui ! Chacun est inondé de cette Présence douce, forte, illuminante… à une condition - et c’est la dernière phrase - à une condition, l’humilité généreuse : « Celui qui veut être le plus grand se fera le serviteur de tous. »…humilité… serviteur comme le Christ… généreux de tous comme le Christ.

  • Les béatitudes selon St Matthieu.

                Dans l’Evangile selon Matthieu, c'est le début du premier discours de Jésus. Les Béatitudes sont donc un commencement. Un commencement au même titre que d’autres commencements dans la Bible… la création… où chaque jour, Dieu vit que cela est bon, très bon… Naissance du monde ! les 10 Paroles de Vie au Sinaï, une autre montagne. … Naissance du peuple de Dieu.

             Sur la montagne de Galilée, il s’agit aussi d’une naissance, le Nouveau Peuple de Dieu, continuité de l’Ancien mais aussi Nouveauté absolue. : le Christ est au centre, comme celui qui enseigne – Moïse recevait la loi de Dieu – le Christ est au centre comme le modèle – qui a mieux vécu selon les Béatitudes que lui-même – Le Christ est au centre qui donne l’Esprit Saint.

     

             Ce commencement du Nouveau Peuple de Dieu est une joie inouïe. Le mot ''heureux'' revient neuf fois… 9 béatitudes… et une 10ème encore plus joyeuse avec deux injonctions « Réjouissez Vous ! Soyez dans l’allégresse ».

             Et pourtant quel paradoxe ! Ceux et celles que Jésus déclare heureux, ne se croyaient sans doute pas tels ! Mais Jésus leur déclare qu’en cela, il va les rendre heureux. Car la fin du texte devient tout à coup direct: ''Heureux êtes-vous lorsque…'' alors qu'avant, Jésus paraissait s'adresser d’une manière plus générale… là il se tourne vers ses disciples et la foule qui l’entoure.

     

             Attachons-nous à la première béatitude : Heureux les pauvres en esprit, le Royaume des cieux EST à eux. Chaque béatitude énonce un état spirituel de l’homme (pauvre, doux, miséricordieux, pacifique, pur, passionné de la sainteté (justice= être juste), supportant l’épreuve) puis comme une récompense conséquente : toutes au futur… « seront consolés, hériteront le terre, seront rassasiés »… sauf pour la première, où le Royaume est à ceux qui sont pauvres en esprit.

             C’est comme si la première béatitude ouvrait le royaume… un royaume d’aujourd’hui et d’avenir où nous serons consolés, rassasiés…où nous devenons fils de Dieu, pardonnés…

     

             Heureux ?

             Selon les traducteurs, le mot hébreu peut signifier : « bienheureux, béni, magnifique, enviable, prospère. » Mais le mot grec Makarios traduit un mot hébreu qui exprime « l'idée de marche, de mouvement », exprimant la notion de dynamisme. Chouraqui le traduit par en marche : il ne s'agit pas  d'un état de béatitude passif, mais d'un état de béatitude actif, d'une marche en avant, d'un bonheur... actif ! Une action qui, si nous écoutons la fin de la phrase, peut nous amener à entrer dans le royaume des cieux, tout de suite ! « Il est à eux », dit il, au présent.

     

             Etre pauvre ? Dans la langue hébraïque, le mot qui désigne les pauvres est « 'anawim ». Il évoque ceux qui sont « courbés, prostrés, opprimés ».C’est devenu dans les derniers siècles avant Jésus Christ, dans le peuple d’Israël, une spiritualité, une attitude spirituelle, une manière de se tenir devant Dieu : cela signifie tout simplement accepter d'être totalement dépendants de Dieu. Savoir comme dit Jésus qu’  « une seule chose me manque », suivre le Christ jusqu’à être persécuté pour lui.

             Ces pauvres en esprit sont humbles, savent compatir (ceux qui pleurent) sont doux, artisans de paix, purs, miséricordieux, assoiffés de sainteté… plus exactement, joyeux dans leur humilité, dans la douceur, dans la paix, dans l’épreuve de la persécution, dans le pardon…

             Ces pauvres en esprit, connaissent leur faiblesse, leur fragilité, ils se savent souvent incapables de résister au mal, c’est l’attitude décrite par Paul, un homme intellectuellement puissant, qui écrivait : « C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » (2 Co 12/9-10) Mais encore en 2Co. 5/15 : « Jésus est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux ». Ces avis de Paul éclaire notre compréhension : le pauvre en esprit, c’est celui qui sait ses faiblesses et ses manquements mais qui sait surtout qu’il ne veut plus vivre pour lui-même mais pour le Christ mort pour lui… qui sait que dans l’acception de ses faiblesses se trouve sa force.

             Sa force ? Cette phrase de St Paul nous donne sans doute la clé de « pauvre en esprit » que l’on pourrait traduire - ne l’appelle-t-on pas « Père des Pauvres » (pater pauperum) dans la séquence de la Pentecôte ?- pauvre selon/par l’Esprit Saint. Il ne s’agit pas d’être timide, servile, écrasé, faible, ni de se tenir à l’écart, ni de ne jamais se faire remarquer. Être "pauvre en esprit" ne consiste pas non plus à se minimiser ou à écraser sa personnalité.

                « Les Pauvres en Esprit » sont ceux qui sentent que l'Esprit  Divin leur manque » ! qui ne veulent pas prendre appui sur eux-mêmes mais qui rebondissent – heureux - dans leur manque et leur petitesse, vers le Christ dans la joie de l’Esprit Saint.

  • Lettre mensuelle d'octobre

    Télécharger la lettre 

    CALENDRIER DE LA PREMIÈRE QUINZAINE

    Lundi 2 octobre : 14H30 salle St Jean Paul II de l’équipe du Rosaire de la paroisse.

    Jeudi 5 octobre : rencontre avec notre l’évêque des curés et économes paroissiaux au sujet de l’immobilier des paroisses.

    Mardi 10 octobre : au GEC, cours Léopold à Nancy, reprise des cours du Père Bombardier sur l’Evangile de St Jean. 14H30 ou 20H30.

    Jeudi 12 octobre : 14H30 salle St Jean Paul II rencontre mensuelle du Mouvement Chrétien des Retraités.

    Samedi 14 octobre : 10H15-11H45 rencontre de catéchèse salle St Jean Paul II

     

    DIMANCHE 15 OCTOBRE

    16H30   à BONSECOURS

    ORATORIO SUR LE LIVRE DU PROPHETE DANIEL

    Lecture biblique, Chants,

    Contemplation d’images.

    Mercredi 18 octobre : 18H-20H30 rencontre de préparation à la Confirmation. 18H messe à la crypte.

     

     

     

  • Préface du Pape émérite Benoît XVI au 11ème volume de l’édition de ses œuvres théologiques et pastorales.

             « Nihil Operi Dei praeponatur » ce qui veut dire Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu. Par ces paroles, saint Benoît, dans sa Règle (43,3), a établi la priorité absolue du Culte divin sur tout autre devoir de la vie monastique. Cela, même dans la vie monastique, n’était pas immédiatement une évidence parce que pour les moines le travail de l’agriculture et de la science était aussi un devoir essentiel.

             Aussi bien dans l’agriculture que dans l’artisanat et dans le travail de formation, il pouvait y avoir des urgences temporelles qui pouvaient sembler plus importantes que la liturgie. Face à tout cela Benoît, avec la priorité attribuée à la liturgie, met en relief la priorité de Dieu dans notre vie, sans équivoque : « A l’heure de l’Office divin, dès que l’on entend le signal, on laisse tout ce que l’on a entre les mains, on accoure avec la plus grande sollicitude » (43,1).

             Dans la conscience des hommes d’aujourd’hui, les choses de Dieu, et avec elles la liturgie, ne semblent pas du tout urgentes. Il y a urgence pour toutes les choses possibles. La chose de Dieu ne semble jamais urgente. Aujourd’hui, on pourrait affirmer que la vie monastique est en tout état de cause différente de la vie des hommes dans le monde, et c’est certainement juste. Et cependant la priorité de Dieu que nous avons oubliée vaut pour tous. Si Dieu n’est plus important, on déplace les critères pour établir ce qui est important. L’homme, en mettant Dieu de côté, se soumet lui-même à des contraintes qui le rendent esclave de forces matérielles et qui sont ainsi opposées à sa dignité.

             Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, je suis devenu à nouveau conscient de la priorité de Dieu et de la liturgie divine. Le malentendu de la réforme liturgique qui s’est largement répandu dans l’Eglise catholique a conduit à mettre toujours plus au premier plan l’aspect de l’instruction et de son activité et sa créativité. L’action des êtres humains a fait presque oublier la présence de Dieu. Dans une telle situation, il devient toujours plus clair que l’existence de l’Eglise vit de la célébration juste de la liturgie et que l’Eglise est en danger lorsque le primat de Dieu n’apparaît plus dans la liturgie et ainsi dans la vie. La cause plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Eglise réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. Tout cela m’a conduit à me dédier au thème de la liturgie plus largement que par le passé parce que je savais que le vrai renouveau de la liturgie est une condition fondamentale pour le renouveau de l’Eglise.

             Sur la base de cette conviction sont nées les études qui sont recueillies dans ce volume 11 de l’Opera omnia. Mais au fond, malgré toutes les différences, l’essence de la liturgie en Orient et en Occident est unique et identique. Et ainsi j’espère que ce livre pourra aider aussi les chrétiens de Russie à comprendre de façon nouvelle et mieux le grand cadeau qui nous est donné dans la Sainte Liturgie.

    Cité du Vatican, Fête de Saint Benoît,   11 juillet 2015         Benoît XVI