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Carême - Page 5

  • Veillée du 20 mars 2020

    Le pardon, source de joie.

     

    Nous devions avoir ce vendredi 20 mars une veillée de prière. Je vous en propose une qui peut être priée ce vendredi 20 ou à un autre moment. Ce peut être aussi pour vous une démarche pénitentielle puisque personne ne pourra se confesser pour Pâques. Ce temps de prière, un acte  de contrition et une demande de pardon à Dieu (avec examen de conscience) sera une « confession spirituelle » ; car de même qu’il y a, en cas de nécessité, la pratique de la « communion spirituelle », il y a aussi « la confession spirituelle » pour nous faire entrer dans la miséricorde de Dieu qui n’est pas liée absolument aux paroles sacramentelles. On pourra se confesser sacramentellement plus tard.

     

    Signe de la Croix.

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    Chant   « Ta Croix, ô Christ, est notre lumière ; nous acclamons ta Résurrection  qui donnes la Vie. »  



    podcast
    (ouvrir dans un nouvel onglet)

    1 – Ton peuple racheté par Ta Croix victorieuse célèbre en ce jour ta Victoire sur la mort.

    Tout pouvoir t’a été donné au ciel et sur la terre  Ta Croix est l’Arbre de vie du Paradis nouveau

     

    2 – Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière : Sur l’arbre de la Croix s’est levé le Sauveur !

    Son Royaume est un royaume éternel qui ne passera pas et tous les peuples et langues le serviront.

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         1ère lecture : lecture du Prophète Daniel 9/1- 23

     

                « Tournant le visage vers le Seigneur Dieu, je lui offris mes prières et mes supplications dans le jeûne, le sac et la cendre. Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos gouvernants, à nos pères et à tout le peuple du pays. À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage parce que nous avons péché contre toi.

                Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu. Tout le peuple a transgressé ta loi, il s’est détourné sans écouter ta voix.  Mais nous ne sommes pas revenus de nos fautes en prêtant attention à la vérité.

                Et maintenant, Seigneur notre Dieu, toi qui, d’une main forte, as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte, toi qui t’es fait un nom, comme on le voit aujourd’hui,  maintenant, notre Dieu, écoute la prière de ton serviteur et ses supplications. Pour ta cause, Seigneur, fais briller ton visage sur nous. Mon Dieu, tends l’oreille et écoute, ouvre les yeux et regarde nos dévastations et la ville sur laquelle on invoque ton nom. Si nous déposons nos supplications devant toi, ce n’est pas au titre de nos œuvres de justice, mais de ta grande miséricorde. Seigneur, écoute ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, sois attentif et agis ! Ne tarde pas ! »

                Je parlais encore, priant, confessant mon péché et le péché de mon peuple Israël, je parlais encore dans ma prière quand Gabriel s’approcha de moi d’un vol rapide à l’heure de l’offrande du soir. Il m’instruisit, me parlant en ces termes : « Daniel, je suis sorti maintenant pour ouvrir ton intelligence. Dès le début de ta supplication, une parole a surgi, et je suis venu te l’annoncer, car toi, tu es aimé de Dieu. »

                Parole du Seigneur

     

     

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    Chant :  « Il y a plus de joie au Ciel pour un pécheur qui se repent que ceux qui n’ont pas besoin de pardon. » 


    podcast

    1 – Seigneur Tu m’as séduit et je me suis laissé séduire. Conduis-moi au désert, viens parler à mon cœur. Rends moi Seigneur la joie de ton Salut et renouvelle au fond de moi un esprit tourné vers Toi.

    2 – Tu nous as fiancés à Toi pour toujours, Tu ne méprises par un cœur brisé et broyé. Tu n’es pas venu appeler les justes mais les malades, comme uen source vivifiante Tu as guéri leur cœur.

    3 – Que jaillissent en nos cœurs des chants de joie et de fête pour que nous chantions ta miséricorde, ô Notre Père, par Ton Fils qui nous as lavés de nos péchés dans l’Esprit qui fait danser les ossements desséchés par le mal.

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    2ème lecture :     lecture de la 2ème épitre aux Corinthiens                                          5/14 à 6/2

     

    L’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort. Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si quelqu’un est dans le Christ, création nouvelle ! Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

                Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

     

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    O Dieu Saint, O Dieu fort, O Dieu immortel, prends pitié de nous ! (3 fois)

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    Evangile de Jésus Christ selon St Luc                                                             23/32-48

     

                 Les soldats emmenaient avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.      

     

                Le peuple restait là à observer.  L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »

                Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

                C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.

                À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. » Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. »

      

     

     

    Sermon du cardinal Lustiger                                     

                Nous célébrons Marie la Mère des vivants. Nous célébrons Marie, Mère de l’Église une, car Mère de l’unique corps du Fils ressuscité, Marie, Mère des hommes. Cette appellation que l’on donne à Marie sous-entend une vérité qui devrait nous être familière : celle de l’unité du genre humain. L’unité du genre humain fonde l’espérance d’une communion universelle qui semble être la condition de la paix et du bonheur. Nous devons découvrir de nouveau et comprendre le réalisme de cette vérité de la nature de l’homme, qui est démentie par l’agir des hommes. Oui, c’est en Marie que nous pouvons redécouvrir Ève, c’est dans la fraternité des enfants de Dieu que nous pouvons redécouvrir la solidarité des fils d’Adam. Comment ? Par quelle voie ? Par quel chemin ?

                Le Seigneur nous en donne le sens et l’indication claire : par le pardon. Voici Marie, Mère de miséricorde, voici Marie, nouvelle Ève : elle tient en ses bras le corps du Juste, nouvel Abel, innocent, mort pour nos péchés. Nous pouvons mettre dans la bouche de Marie cette autre prière de Jésus sur la croix : "Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font". Oui, ils ne savent pas jusqu’où va la puissance de l’amour. Ils ne savent pas ce que signifient la mort et le meurtre, car ils sont aveuglés eux-mêmes par le sang qu’ils ont versé, le péché dans lequel ils sont tombés !

     

    Marie, nouvelle Ève, regarde vers le ciel, mais elle nous porte. Ce corps mort sur ses genoux, c’est le corps de l’humanité entière tant qu’il n’a pas été saisi par l’amour. Péguy avait déjà fait ce rapprochement lorsque, dans "Le porche du mystère de la deuxième vertu", il dit : "Les sept douleurs, c’était pour commencer. Il y a longtemps qu’elle est et que nous l’avons faite la Mère des septante et des septante fois septante douleurs".  Il faut, mes frères, qu’en ce temps et en ce jour, nous sachions faire du pardon la force la plus puissante de ce monde. Qu’à l’intercession de Marie, la Mère du Sauveur, Dieu nous en obtienne la grâce. Prions-la avec toute l’Église, en la chantant ainsi dans l’Hymne acathiste : "Réjouis-toi, toi par qui le mal a disparu. Réjouis-toi, tu relèves Adam de sa chute. Réjouis-toi, par toi Ève ne pleure plus. Réjouis-toi, car tu renouvelles toute créature. Réjouis-toi, ô Mère du Sauveur !".

                 

     

    PRIERE PENITENTIELLE.

     

    Refrain : A Notre Dame de Bonsecours, nous confions nos prières

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    podcast

                1 - Seigneur, nous te demandons pardon pour notre pauvre prière, notre absence de prière, nos prières rapidement bâclées. Par là nous montrons le peu d’intérêt que nous Te portons malgré nos dires. St Paul disait que l’amour du Christ le pressait… Nous confessons qu’il ne nous presse pas beaucoup… St Paul affirmait que les créatures nouvelles que nous sommes devenues, devaient avoir leur vie centrée sur le Christ et non plus sur elles mêmes… Nous confessons que nous sommes centrés sur nous, nos problèmes, nos ressentiments, nos aigreurs, nos jalousies… Nous Te demandons pardon.

                Nous Te demandons pardon aussi pour nos frères, nos concitoyens, qui ne Te prient pas, T’ignorent, Te rejettent, s ‘éloignent de Toi peut-être à cause de nous, de notre tiédeur, cherchent Dieu mais ne le trouvent pas dans nos paroles, nos actions, nos prières. Nous Te demandons pardon pour l’orgueil de nos sociétés occidentales et pour ceux qui se dressent orgueilleusement contre Toi, Nous Te demandons pardon par l’intercession de Notre Dame de Bonsecours

     

                         Refrain puis silence.

     

                2 – Nous Te demandons pardon pour notre pauvre espérance, si bornée à cette terre, à nos petites joies … notre espérance si peu en accord avec le Don que Tu nous faits de la Vie éternelle et de Ta Présence perpétuelle à nos côtés et même en nous !  Nous Te demandons pardon pour nos tristesses cultivées, nos regrets inutiles du passé idéalisé, notre peur de l’avenir comme si Tu ne le tenais pas dans Tes mains, notre peu d’effort pour ne pas tomber dans le pessimisme à la mode…

                Nous Te demandons pardon aussi pour tous nos concitoyens qui s’engloutissent dans la consommation de biens qui les frustrent davantage au lieu de les combler, pour tous ceux qui, dans l’économie, ne voient pas plus loin que l’argent, leurs intérêts immédiats et terrestres, pour les « intellectuels » qui ferment l’horizon aux plus jeunes, les détournent de l’idéal et pour ceux qui les orientent vers les paradis artificiels de toutes sortes qui les détruisent à petit feu. Nous Te demandons pardon par l’intercession de Notre Dame de Bonsecours

     

                           Refrain puis silence.

     

                3 – Nous Te demandons pardon pour notre pauvre charité, notre attachement désordonné à l’argent, aux biens, notre cupidité, nos vols peut-être. Nous Te demandons pardon pour notre indifférence polie les uns envers les autres, notre ignorance, pour le rejet des jeunes par les plus vieux et le rejet des vieux par les plus jeunes… et toutes les divisions sociales, surtout parce qu’elles perdurent dans la communauté chrétienne où, pourtant, il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme, ni femme mais des frères égaux en Christ. Nous Te demandons pardon pour toutes nos médisances, nos calomnies, nos haines secrètes, nos méchants propos, nos jugements hâtifs…

                Nous Te demandons pardon parce que dans notre société, la vie est de moins en moins respectée… à son origine comme à sa fin. Parce que le mensonge est devenue la langue commune, la tromperie l’habitude, les propos irresponsables de plus en plus souvent. Nous Te demandons pardon parce que nos gouvernants n’écoutent plus vraiment leur peuple, parce que les médias racontent un monde qui n’existe pas si ce n’est dans leur petite bulle … et qu’on laisse faire. Nous Te demandons pardon pour toutes nos lâchetés, les nôtres comme celles de nos contemporains. Nous Te demandons pardon par l’intercession de Notre Dame de Bonsecours

                          

                           Refrain puis silence.

     

    Chacun peut faire son examen de conscience personnel en s’inspirant des demandes pardon ci-dessus.

    Puis

     

    « Je confesse à Dieu Tout Puissant,  je reconnais que j'ai péché en pensée, en parole, par action et par omission; oui, j'ai vraiment péché. C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.


    Que Dieu tout-puissant me fasse miséricorde; qu'il me pardonne nos péchés et me conduise à la vie éternelle. - Amen.

     

    Acte de contrition : « Mon Dieu j’ai un très grand regret de t’avoir offensé car Tu es infiniment bon, infiniment aimable. Je prends la ferme résolution avec l’aide ta sainte Grâce, de ne plus t’offenser et de faire pénitence.  Amen. »

     

    Prière du « Notre Père » dans la joie d’un cœur redevenu un cœur de fils et de fille de Dieu.

     

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    Chant à la Vierge Marie  « Sous ta miséricorde, nous cherchons refuge, sainte Mère de Dieu. Accueille nos prières quand nous crions vers Toi. Mais délivre-nous de tout danger, Marie toujours Vierge, Glorieuse et bénie. »

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  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 20 mars

                Bien chers amis,

                Nous voici réunis à nouveau ce soir auprès du Seigneur. Je vous porte tous dans ma prière à l’autel, dans ma prière affectueuse pour chacun d’entre vous… heureux de savoir que le Seigneur vous aime éperdument et veille sur chacun de vous.

                Avec mon amitié.

     

                Intentions de prière : nous prions pour tous les malades, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

     

               

                La Parole de Dieu.

    « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta force… »  ( Marc 12/28-29)

     

                Je laisse la parole à St Augustin dans son livre « les Confessions » : il raconte son chemin vers le Dieu Vivant avec des mots vibrants de sa foi toute nouvelle

                « Je ne doute pas, mais je suis sûr dans ma conscience, Seigneur, que je t'aime. Tu as frappé mon cœur de Ta Parole et je t'ai aimé. D'ailleurs, le ciel et la terre et tout ce qui est en eux, les voici de partout qui me disent de T'aimer, et ils ne cessent de le dire à tous les hommes, pour qu'ils soient sans excuse..

     

                Mais qu'est-ce que j'aime quand je T'aime ? Ce n'est pas la beauté d'un corps, ni le charme qui passe, ni la clarté de la lumière, qu’aiment tant mes pauvres yeux, ni les douces mélodies des cantilènes variées, ni la suave odeur des fleurs, des parfums, des aromates, ni la manne ou le miel, ni les membres accueillants aux étreintes de la chair, non, ce n'est pas cela que j'aime quand j'aime mon Dieu.

     

                Et pourtant, j'aime une clarté, une voix, un parfum, une nourriture,  une étreinte quand j'aime mon Dieu: C’est la clarté, la voix, le parfum l’étreinte de l'homme intérieur qui est en moi, là où brille pour mon âme une lumière que l'espace ne saisit pas, où chante une mélodie que le temps n’emporte pas, où s'exhale un parfum que le vent ne dissipe pas, où se noue une étreinte que la satiété ne desserre pas. C'est cela que j'aime quand j'aime mon Dieu.

     

                Mais qu'est-ce que donc que Dieu ?

                J'ai interrogé la terre et elle a dit « Ce n'est pas moi.» Et tout ce qui est en elle a fait le même aveu. J'ai interrogé la mer, les abîmes, les êtres vivants qui s’y meuvent :  Ils ont répondu: « Nous ne sommes pas ton Dieu; cherche au-dessus de nous. »

    … Et j'ai dit à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens : « Entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous vous ne l'êtes pas ! Dites-moi sur lui quelque chose ». Ils se sont écriés d'une voix puissante : «C'est lui-même qui nous a faites »  Pour les interroger, je n’avais qu’à les contempler et leur réponse était leur beauté. 

                De fait, la vérité me dit : « Ton Dieu n'est pas la terre ou le ciel, ni aucun corps. » Déjà toi, tu es meilleure, je te le dis, ô âme, puisque tu animes la masse de mon corps en lui donnant la vie !

                 Mais ton Dieu est plus encore pour toi, c'est la vie de ta vie. »

    « Toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même. »[1]

                Quel est cet être au-dessus de la cime de mon âme ? Par mon âme elle-même, je monterai jusqu'à Lui…

     

                Bien tard je t’ai aimée,

    ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !

                Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

     

                Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

     

                Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même, nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur, et vivante sera ma vie toute pleine de toi. Mais maintenant, il y a lutte entre mes joies dignes de larmes et les tristesses dignes de joie ; et de quel côté se tient la victoire, je ne sais. Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises et les bonnes joies ; et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.

     

                Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi Ah ! Malheureux ! Voici mes blessures, je ne les cache pas : tu es médecin, je suis malade ; tu es miséricorde, je suis misère. N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ?

    Et mon espérance est tout entière uniquement dans la grandeur immense de ta miséricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux.

                Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins, ô charité, mon Dieu, embrase-moi ![2]

     

    [1] Livre III, 6, 11.

    [2]  Confessions de St Augustin, livre 3 et 10  § 6, 10/ 27, 38-29, 40 

    N'OUBLIEZ PAS LA VEILLÉE DE PRIÈRE DE CE SOIR

  • Vendredi 20 mars - Pour la prière du matin.

    Bien chers amis,

    je suis heureux de vous saluer en ce nouveau matin. J’espère que vous allez bien.

    Dans le bas de cette feuille, vous trouverez des intentions de prière pour le chapelet ou tout autre prière, intentions données par plusieurs d’entre vous.

             En plus aujourd’hui,

    Comme nous avions prévu une veillée de prière le vendredi 20 mars à la crypte, j'en proposerai une ce soir pour ceux qui voudront.

     

    Avec mon amitié.

     

    En note, vous trouverez les références des épisodes évoqués dans l’ode d’aujourd’hui. Y recourir est un bon moyen d‘entrer dans la Bible !

    Ode d’aujourd’hui (17)

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut.

    Moïse a étendu les bras contre Amalek en signe de Ta Croix, ô Jésus [1]

    Que j’implore avec lui ta miséricorde

    Que je me tienne en prière devant toi pour le salut de ton peuple !

     

    Comme Moïse je te supplie : « Fais moi voir ta face »[2]

    Prends moi sur ta montagne sainte et cache moi dans le creux du rocher

    Car tu es un Dieu de tendresse, lent à la colère et riche en fidélité.

     

    Moïse dans le désert éleva le serpent d’airain [3]

    Et tous ceux qui le regardaient étaient guéris de la brûlure du péché

    Mais Toi, Jésus très Bon, élevé de terre tu attires à Toi tous les hommes.

     

    Les enfants d’Israël ont mangé l’agneau de Pâque [4]

    Ils ont marqué leurs portes de son sang, en signe de ta croix

    Toi, l’Agneau Pascal véritable, sauve-nous qui sommes pécheurs.

     

     

                Nous évoquons 4 grandes actions de Moïse à la forte signification chrétienne et spirituelle. La prière : lors d’un combat contre Amalek qui veut exterminer Israël, Moïse se tient sur la montagne : naïvement mais au combien véritablement, le texte nous dit que tant que Moïse prie, Israël a le dessus par la Puissance de Dieu… quand il est fatigué de prier, Israël perd… C’est comme en ce moment : bien des personnes luttent contre la maladie. Soutenons-les de notre prière pour que leur action soit efficace contre le fléau.

             2ème action : Moïse qui est un familier de Dieu – « Dieu lui parle comme un ami à son ami » - veut plus ! C’est le chemin  normal d’un priant : « c’est bien ce qu’éprouve une âme passionnée d’amour pour la Beauté divine, une âme que l’espérance entraine sans cesse de la Beauté qu’elle a déjà vue à celle qui est au-delà, une âme qui allume continuellement le désir de ce qui lui reste encore caché. Voir Dieu réellement, c’est donc ne jamais trouver de satiété à son désir. Il faut plutôt en regardant toujours, se laisser enflammer par ce qu’il est déjà possible de voir, du désir de voir davantage. »[5]

                3ème action : Face au péché de révolte du peuple, des serpents ( symbole du mal qui tue depuis le début de la Genèse) mordent et font mourir.  Dieu demande à Moïse  de dresser un serpent d’airain : si le malade le regarde pénitent il sera guéri. Jésus songe certainement à cet épisode quand il déclare « Elevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (St Jean 12 /32).

                4ème action : le repas pascal et l’immolation de l’agneau pascal…surtout le sang mis sur les portes qui fait que l’exterminateur « saute » ( sens du mot Pessah, Passage) les maisons israélites. Le Sang de notre Agneau Pascal Jésus nous sauve du mal, du péché et de la mort.

     

    INTENTIONS DE PRIERE PROPOSÉES PAR DES PAROISSIENS.

     

    « Pourriez vous dans votre prière de l'une de vos messes du soir, confier au Seigneur l'école Saint Jean Baptiste de la Salle, l'école Saint Léon IX, l'école Saint Pierre bien sûr et l'ensemble des écoles catholiques du diocèse, les enseignants qui se dévouent à proposer une continuité pédagogique, les élèves et leurs familles. »

    Nous pouvons prier pour les pompiers.

    Pour les malades qu’on ne peut pas aller voir, douleur ajoutée…

    Les informaticiens et les agents qui font le ménage et préparent les repas à l'hôpital.

     

    [1] Exode 17/8-15

    [2] Exode 33/18-23

    [3] Nombres 21/4-9

    [4] Exode 12/1-14 et 21-28

    [5] Saint Grégoire de Nysse 4ème siècle  Vie de Moïse 2ème partie SC n° 219… 239

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 19 mars

                Je suis heureux de vous accueillir ce soir dans ma prière en cette belle fête de St  Joseph. Vous pourrez lire sa vie réelle de jeune époux et père adoptif de Jésus. Nous pouvons en lisant cette vie penser à tous les jeunes couples que nous connaissons, ceux de nos familles, de nos amis, de nos voisins… les 5 couples de notre paroisse qui vont se marier en juin ou août. Pour vous qui êtes mariés, songez à vos jeunes années toujours présentes et vivantes en vous, cherchez un peu, ce n’est pas loin !  et prenez non pas un coup de vieux mais un coup de « jeune » !... dans le sens de l’esprit d’enfance de Jésus.

                Avec mon amitié.

     

                Intentions de prière : nous prions pour tous les malades, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

     

                La Parole de Dieu.

     

    1ère lecture : 2ème  livre de Samuel 7/4-…16

                Promesse faite à David pour Dieu que le Messie sera dans sa descendance. Ce qui s’est réalisé quand Joseph a accepté de prendre Marie pour épouse et d’être le père du Fils né en elle de l’Esprit Saint.

     

    Psaume 88

                Rappel des promesses faites par Dieu à David concernant le Messie son lointain Fils

     

    2ème lecture Romains 4/13-… 22

                St Paul rappelle l’exemple de la foi  d’Abraham. Celle de Joseph est de la même trempe !

                Croire qu’on va avoir un fils alors qu’on est âgé et au-delà des possibilités humaines d’enfanter…et croire, quand votre fiancée vous révèle qu’elle est en enceinte de l’Esprit Saint : Même audace, même foi, même saut dans l’inconnu, même confiance en la Parole du Dieu Vivant… Même fécondité dans le Dessein de Dieu.

     

    Evangile de St Matthieu 1/16-24

                Non pas doute de Joseph !

                Mais foi de Joseph qui le fait être plein d’effroi à l’idée d’accompagner la mère du Messie ! D’être associé à cette mission, il ne s’en croit pas digne. Alors il échafaude des stratagèmes. Dieu le conforte dans sa vocation et le confirme dans son couple. Tout devient lors possible, même dans l’extraordinaire et l’impossible !!!

     

    Suite : Le beau couple de Joseph et Marie.

                Joseph : en hébreu[1] le nom signifie « Dieu en donnera un autre ». Et de fait il y a aura un « autre Joseph » pour s’occuper du Christ mort, Joseph d’Arimathie. 

                Il est de la famille de David (= le Bien Aimé), roi d’Israël en l’an 1000 avant le Christ. Depuis l’exil à Babylone,[2] la famille royale était devenue très modeste mais très consciente de sa dignité.

                Joseph vivait à Nazareth (en Galilée, nord du Pays) bien que la ville d’origine de la famille soit Bethléem (en Judée) où Joseph a toute sa famille.

                Quand il épouse Marie, il a environ 18 ans. Il exerce le métier de « teknon » c’est-à-dire d’artisan au sens large, architecte, constructeur de maison, travaillant autant la pierre que le bois ou le fer. L’Evangile dit que c’était un homme juste, fidèle à Dieu et à l’Ecriture sainte.

     

                Marie (= Dame), est de Nazareth et si les coutumes ont été appliquées, de la même tribu que Joseph, la tribu de Juda qui était celle de David. La tradition nous a donné les noms de ses parents : Anne (= la grâce) et Joachim (Dieu met debout). Elle a sans doute une sœur ou une demi-sœur  à Nazareth qui a des enfants – les cousins du Christ – Joset, Jude et Simon.

     

                Selon les coutumes du pays d’Israël, le mariage de Marie et Joseph fut célébré dans le village de Nazareth au cours d’une grande fête qui dura près d’une semaine. Les familles, les amis, les habitants du village, tout le monde était convié aux festivités. Au commencement, les garçons fêtaient de leur côté avec Joseph et les femmes avec Marie. Puis vint le moment officiel des noces : après la lecture du contrat de mariage et les prières dites par le père de la mariée et les fidèles, plusieurs jours de joie, de danses, de lectures de textes bibliques. A la fin, le marié et la mariée retournaient habiter chez leurs parents, pendant une année durant laquelle le jeune marié pouvait bâtir ou améliorer la future maison du couple. A l’anniversaire du mariage, le marié venait chercher sa femme et l’introduisait dans leur maison : commençait alors la vie commune.

               

                Un jour, il est clair que Marie est enceinte. L’heureux événement commence à être connu dans le village. Personne n’est étonné : donner la vie est vraiment l’acte le plus merveilleux qu’un homme et une femme puissent accomplir. Personne ne sait le secret du jeune couple, personne ne sait comment Marie s’est trouvée enceinte avant qu’ils aient mené vie commune ; personne ne sait le drame secret du jeune marié qui d’abord,  s’est  cru indigne de devenir l’époux de la mère du Messie avant d’être invité expressément par Dieu à accomplir son rôle d’époux et de père…

                Dans cet événement, les deux époux ont appris à se respecter l’un et l’autre, chacun dans leur vocation. Joseph accueille Marie comme Dieu la lui donne et Marie reconnaît que Joseph est lui aussi inspiré, il est celui que Dieu lui donne comme compagnon, elle se confie à lui dans toutes les péripéties de leur vie de couple. L’extraordinaire maternité est devenu le lieu de l’équilibre de leur couple. Tout le monde les voit heureux et selon la coutume, chacun dit à l’autre : « Dieu est bon ! Il a donné un enfant à Joseph »

                Assez rapidement, au commencement de leur vie commune, le jeune couple a effectué un long voyage en Judée(plusieurs jours de marche) pour se rendre auprès d’une parente de Marie – Elisabeth (= mon Dieu est plénitude) et de son mari Zacharie (Dieu se souvient) – qui attendaient eux aussi un heureux événement : le couple est déjà un peu âgé et il a besoin d’aide. Marie reste environ 3 mois auprès de sa parente jusqu’à la naissance de Jean (= Dieu fait grâce) celui qui deviendra le Baptiste.

     

                Puis vint la naissance de l’enfant de Marie. Elle eut lieu au plus mauvais moment, lors d’un voyage effectué en Judée, à Bethléem, pour un recensement. Le jeune couple fut reçu dans leur famille.

                Marie accoucha dans la grotte que presque toutes les maisons de Bethléem possédaient : une femme ne peut accoucher en public, la loi et la bienséance ne le permettent pas !… la grotte, pièce chaude et à l’écart, est le lieu idéal pour Marie et les femmes qui l’aident dans son accouchement. La première visite est celle de bergers qui gardaient les troupeaux dans le voisinage. Ce qui place la naissance de Jésus soit à la fin du printemps, durant l’été ou au début de l’automne. Huit jours après, Jésus est circoncis[3], il entre dans le peuple saint et reçoit le nom de Jésus (=Dieu sauve)

     

                Puis, après le rétablissement de la maman, 40 jours après la naissance, c’est le voyage à Jérusalem – 4 kms – et la montée[4] au Temple pour « racheter cet enfant » : coutume qui rappelle que « nous appartenons au Seigneur » et non à nos parents ! Marie porte l’enfant, Joseph les deux petites tourterelles, la famille accompagne sans doute et tous rencontrent Siméon et la prophétesse Anne. C’est le meilleur d’Israël rassemblé autour du Fils du Dieu Béni.

     

                La Tradition chrétienne a retenu comme confidence que le couple n’eut jamais de relation conjugale, non pas parce que ce serait mauvais – toute la tradition biblique dit le contraire – mais parce qu’il n’était pas possible d’avoir un enfant après le Christ ! Mais ce fait n’a pas privé Marie et Joseph d’une véritable vie de couple, de tendresse, d’affection et d’intimité spirituelle très profonde. Dans l’histoire de l’Eglise, plusieurs couples ont connu la même expérience « pour un amour plus grand encore  » selon la confidence de Raïssa et Jacques Maritain au début du 20èmesiècle.

     

                Puis c’est l’installation à Bethléem. Un peu de temps a passé depuis la crèche… nous sommes dans une maison,…l’enfant a grandi, il peut avoir près de deux ans comme l’indique le massacre des Sts Innocents : Hérode  qui « se fait préciser par les mages le moment où a brillé l’étoile » (Mt 2/7), « envoie exécuter tous les enfants dans Bethléem et dans toutes ses frontières, de deux ans et en dessous selon le moment qu’il s’était fait préciser par les mages. » (Mt 2/16) Joseph et Marie avaient donc continué à résider à Bethléem, pensant qu’il convenait sans doute au Messie d’habiter cette cité de David.         

                Ces Mages, nous les connaissons assez bien par les historiens de l’époque et par Hérodote. Prêtres, astrologues autant qu’astronomes, médecins… les mages sont des sages, des curieux du ciel et il n’est pas étonnant que Dieu ait pu leur faire signe… dans le ciel justement ! La conjonction d’astres dans un ciel plutôt immuable était toujours vue comme une annonce de la naissance d’un homme exceptionnel de même que l’apparition d’une nouvelle étoile.

                Ces Mages, païens intrigués et mis en route par cet événement astrologique, ne savent pas bien ce qu’ils cherchent. Ils ont besoin d’Israël et des Saintes Ecritures juives. C’est le point capital : c’est Israël qui sait qui est l’homme exceptionnel qui vient de naître – le Messie du Seigneur – et qui sait où il faut le chercher : Bethléem, selon l’oracle de Michée. Comme dit Jésus à la Samaritaine avec une certaine brutalité : « Nous adorons nous qui nous savons, car le salut vient des juifs ». (Jean 4/22)

                Ce qui est vécu aujourd’hui dans la maison de Bethléem n’est pas une jolie histoire pour les enfants. St Paul dans l’épitre nous l’enseigne : « le mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps et à la même promesse que les juifs ». Pendant des siècles, Dieu a tout fait pour séparer son peuple – les juifs – des nations païennes. Et les règles alimentaires étaient faites pour cela.

                Mais maintenant, dans le Christ, « par l’annonce de l’Evangile », « les deux peuples sont réunis en un seul homme nouveau » dit encore St Paul (Eph. 2/15).

                L’enfant Jésus reçoit la visite des juifs d’abord – les bergers - puis des païens - les mages. Les païens n’ont pas un chemin direct vers le Christ, qui se passerait d’Israël. Ils sont unis au peuple saint par le Christ et reçoivent de cette union réalisée dans le Christ, tous les dons promis par Dieu à Abraham : « en ta descendance se béniront toutes les nations de la terre. » ce qui sera accompli sur la Croix –« il a abattu le mur de séparation entre juifs et païens » (Eph 2/14) – s’inaugure aujourd’hui dans l’humble maison de Bethléem.

     

                Commencent alors les turbulences, l’exil, l’inquiétude. La menace d’Hérode sur l’enfant les fait fuir vers l’Egypte pour se cacher. A la mort du roi en - 4, ils songent à rentrer à Bethléem. Mais l’arrivée sur le trône de d’Hérode, d’Archelaüs – pire que son père ! - les fait remonter, au retour d’Egypte, à Nazareth pour y habiter. (Mt 2/21-22).

     

                NAZARETH, la patrie de Jésus qui va façonner son rapport au monde et son imagination : les paysages – de grandes plaines bordées de montagnes, la mer toute proche – la vie quotidienne que Jésus a tant observée et goûtée comme en témoignent toutes les paraboles, les gestes familiers, les attitudes, les petits côtés… la maison paternelle, les travaux des champs, le commerce à Séphoris la ville toute proche, le métier d’architecte artisan… Nous sommes tous façonnés par notre maison, notre ville, notre village… jusqu’à notre accent, et Jésus avait celui du Nord comme Pierre.

                La famille de Jésus était pratiquante. Les célébrations du sabbat à la synagogue,[5] la liturgie domestique[6], les prières quotidiennes qui sanctifient bien des gestes de tous les jours  et leur donnent toute leur profondeur… Et puis les pèlerinages[7] à Jérusalem, à la ville sainte, au temple « voir la Face de Dieu »… Au cours d’une de ces fêtes à Jérusalem,(Luc 2) Jésus est resté fasciné par le Temple et par la recherche spirituelle des docteurs. Il dialogue avec eux, posant questions, donnant des réponses à leurs questions… Admiration mutuelle des docteurs et du Christ. C’est la même passion qui court à travers toute le peuple : mieux lire la Loi  pour mieux la connaître, cette Parole Sainte, pour mieux la vivre.  C’est pourquoi, à chaque synagogue est attachée une école : en Israël, ils sont nombreux les garçons, elles sont nombreuses les filles à savoir lire et écrire (elles étudient à la maison) ! Marie et Joseph inquiets cherchent leur fils ! « Ton père et moi » dit Marie ! Si Jésus a accompli le rite de la Bar mistwa[8] durant ce séjour, il a entendu son père Joseph déclarer : « Béni soit l’Eternel qui aujourd’hui m’a déchargé de l’éducation de ce fils » D’où la question étonné du jeune Jésus : « Pourquoi me cherchiez-vous ? »

     

                Et il redescendit soumis à Nazareth, sous la conduite de Joseph. Et c’est là dans l’ombre de la vie quotidienne, formé par Marie et Joseph que Jésus va grandir et devenir l’homme accompli qu’il est. Quelle discrétion, quelle humilité pour Dieu ayant pris une nature humaine en Jésus !

     

                Au moment où il commence son ministère – au printemps de l’année 28 – Joseph est déjà mort sans que l’on sache ni quand ni comment. Depuis un certain temps tout de même, car dans on village, on appelle Jésus  « le fils de Marie ».

     

    [1] L’hébreu est la langue dans laquelle la Bible de l’Ancien Testament est écrite. Notre Bible catholique comprend deux parties :

         A – Les textes que nous avons en commun avec les Juifs nos frères aînés qu’on appelle l’Ancien Testament. Ecrit en hébreu et en grec.

         B – Les textes propres à Jésus et aux chrétiens le Nouveau Testament, écrit en grec.

    [2] Cet événement capital pour le peuple d’Israël eut lieu en 587 avant Jésus Christ. Le peuple a été déporté en Babylonie, Jérusalem a été détruite, le roi tué… Grande désolation.

    [3] La circoncision consiste en l'ablation du prépuce, c'est à dire la peau qui recouvre le gland du sexe masculin. Il est en Israël signe de l’Alliance entre Dieu et son peuple.

    [4] La présentation de Jésus au Temple est fêtée le 2 février chque année, 40 jours après Noël.

    [5] Salle d’étude de la Bible et de prière par quartier. Les hommes s’y réunissent chaque soir pour lire et étudier ensemble la Bible.

    [6] Il y a beaucoup de gestes et de prières pour les repas, le lever, l’habillement… tout est dans la prière.

    [7] A Jérusalem au Temple, au moins 3 fois l’an : à Pâques au printemps, Pentecôte au début de l’été et à la Fête de Tentes à l’automne.On peut y ajouter, chez les plus pieux comme Jésus et sa famille, Pentecôte et Hanoukka au mois de décembre.

    [8] L’enfant devient un adulte « un fils du commandement divin » selon le sens du mot « bar mitswa ».

     

     

    ANNONCE : Jean-Paul Baert nous signale la programmation de KTOTV

  • Jeudi 19 mars 2020 - SOLENNITE DE SAINT JOSEPH

    PRIERE DU MATIN

    Bonne fête à tous les Joseph !

    Bonne fête aussi à l’Eglise dont il est le Protecteur !

    « Dieu tout Puissant, à l’aube des temps nouveaux

    Tu as confié à St Joseph la garde des mystères du salut.

    Accorde maintenant à ton Eglise, toujours soutenue par sa prière,

    De veiller sur leur achèvement. » (oraison du jour)

    Ode d’aujourd’hui (16) 

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut.

    A sa naissance, Moïse fut par Toi sauvé des eaux.

    Porté sur les flots du fleuve, tu fis échapper le juste à la mort.

    Souviens-toi de ta mort et de ta résurrection où Tu nous as plongés.

     

    Seigneur, conduis-moi au désert avec Moïse

    Donne moi son courage et l’amour de son peuple.

    Que je contemple avec Lui le Buisson ardent et révèle ton Nom à mes frères.

     

    Moïse divisa les flots avec son bâton et en fit un rempart au milieu de l’abime.

    Et Toi, Seigneur, façonne en mon cœur l’image de ta divine croix :

    Elle sera mon bâton qui me soutient et par lequel j’accomplirai tes merveilles.

     

    Sainte Marie Madeleine , en répandant tes larmes aux pieds de Jésus

    Ton corps blessé par lé péché fut déjà renouvelé par sa Résurrection

    C’est pourquoi il te choisit pour annoncer au monde le triomphe de sa miséricorde.

     

     

     

             Nous sommes aujourd’hui (et demain) avec MOÏSE. Nous nous souvenons de sa naissance miraculeuse. Dieu s’est occupé de lui, soigneusement, comme pour moi ! Et mon baptême reçu bébé, comme le bébé Moïse dans les flots du Nil, m’a aussitôt plongé dans la mort et la Résurrection de Jésus et m’a fait vivre éternellement. Ma destinée a été associée « à la vie à la mort » avec celle du Christ : il ne me reniera jamais… même si moi je peux, hélas, me retirer de Lui.

              « Seigneur, conduis-moi au désert avec Moïse »…eh bien ! Nous y sommes avec ce confinement et la solitude sévère pour certains d’entre nous. Acceptons que ce temps de désert nous transforme, n’essayons pas de biaiser… « Livrez-vous, livrons nous à l’emprise du Dieu vivant pour le servir en son Eglise. »

              Que le Seigneur nous donne comme à Moïse, l’amour du peuple de Dieu que nous sommes, la Sainte Eglise des pécheurs. Nous en disons tant de mal ! Nous en parlons comme si nous n’en étions pas ! Comme si son péché n’était pas un celui de chacun d‘entre nous qui acceptons de rester si médiocre. Moïse aimait son peuple même quand il était pécheur !

             Que notre prière nous conduise au bord du Buisson Ardent où Dieu se révèle à nous ! Que nous aimions l’amour que Dieu nous montre et nous donne sur la Croix, brasier ardent de l’amour trinitaire !

             Ayons confiance : des pécheurs, Dieu peut faire des Saints ! La dernière strophe nous le rappelle en Marie Madeleine.

  • Entrée en carême

    Billet spirituel

    « Aujourd’hui, jour des cendres, c’est Pâques » !

    Tout le temps qui commence est aimanté par Pâques, c’est vers Pâques que nous regardons. Vers ce sommet de l’année, ce jour de la libération totale accomplie par Dieu.

    Dans la vigile pascale, nous lirons la sortie d’Egypte qui est le commencement de la Pâque : le premier acte !  Là Dieu a commencé à la libérer les hommes en libérant son peuple de l’esclavage d’Egypte et de la menace de génocide qui pesait sur lui.  Moïse s’entend dire pas Dieu : « J’ai entendu le cri de mon peuple, j’ai vu sa misère je suis résolu à le libérer : va, fais sortir d’Egypte mon peuple. »

    Ensuite, nous lirons le récit de la Pâque du Christ : sa mort, sa résurrection qu’est cet événement fabuleux. Là Dieu accomplit la Pâque d’Egypte – Jésus meurt à l’heure où les agneaux pascals sont immolés – en libérant l’homme de la mort et de l’esclavage de la mort qu’est le péché. Le souhait de Dieu est que chacun de nous soit libre, parfaitement libre. Nous sommes depuis notre baptême en chemin de libération… du grand esclavage qui est « l’esclavage du moi. »

    L’Evangile de ce soir nous donne les remèdes à mettre en œuvre pour que Jésus puisse nous transformer ; c’est la grâce qui met à mort notre « moi » égoïste et égocentré avec notre accord.

    1er remède : le secret. Faire tout en secret pour tuer en nous notre amour de la renommée, pour nous libérer de la recherche du regard des autres.

    2ème remède : le jeûne alimentaire. SI quand j’ouvre une boîte de chocolat elle y passe toute entière… j’ai un rapport aux biens terrestres qui est déréglé. Certes la création est bonne, elle est don de Dieu… « Tu peux manger/tu dois manger se tous les arbres du jardin sauf de l’arbre »… il y a une limite, une maîtrise de soi qui fait user du monde donné par Dieu sans perdre de vue qu’il est le premier Bien pour nous.

    3ème l’aumône : si je jeûne et que je garde ce que je ne prends pas, tout est encore pour moi ! Le jeûne conduit au don, au détachement volontaire de ce dont je pouvais jouir normalement mais dont je me sépare pour être libéré de l’enfouissement dans le matériel.

    Enfin 4ème remède : la prière. Pas une  petite prière comme cela, en passant en gardant  pour moi tout le reste du temps  de la journée… pas ma petite messe du dimanche et rien après… Non un vrai temps donné à Dieu, pour lui, gratuitement pour ne penser qu’à lui et plus à moi !

    Enfin dernière chose : vous arriverez déçu à la fin du carême. Tant mieux vous aurez ainsi un peu plus vu votre misère, votre pauvreté intérieure, votre piètre volonté, votre mensonge à Dieu que vous prétendez aimer sans pouvoir lui donner du temps… Vous serez plus vrai devant le Seigneur, plus humble, plus malléable à la grâce qui vous sera généreusement accordée au matin de Pâques.

  • Pâques 2013

  • Que fait le Christ en souffrant et en mourant sur la Croix ?

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    « Vrai Dieu, Jésus s’est fait vraiment homme. Lui qui est le divin modèle de l’homme créé à l’image de Dieu, Il a assumé et pris sur Lui toutes les souffrances et toutes les faiblesses que l’homme connaît depuis sa chute – tout sauf le péché lui-même – y compris l’absence de Dieu (Ps 21) car le péché chasse Dieu, y compris la mort qui est la conséquence ultime du péché, y compris la descente au séjour des morts, lieu de l’absence absolue de Dieu afin de faire entrer Dieu partout où l’homme souffre, jusque dans l’abîme de la mort, l’accompagnant jusqu’au fond de la détresse pour l’en relever en le ressuscitant, en le faisant monter au ciel et asseoir à la droite du Père. Le Fils de Dieu meurt comme homme pour que le fils de l’homme ressuscite comme Dieu. Voilà pourquoi il fallait que le Fils de Dieu en croix connaisse l’angoisse de l’absence de Dieu pour que tout homme qui meurt puisse retrouver la présence de  Dieu : c’est le  salut. »[1]

     « Père pardonne-leur, car ils ne savant pas ce qu’ils font. » (Luc 23/34)

    « Par cette Parole, le Seigneur qu’on est en train de crucifier demande le pardon de ses bourreaux. Ce n’est la première fois que Dieu est appelé à pardonner à des coupables ! (pardon du peuple hébreu pendant l’Exode ; pardon des Ninivites…il est même annoncé par Isaïe comme l’Agneau qui enlève le péché du monde).

    Jésus demande en même temps le pardon de tous les hommes qui par leurs péchés ont rendu sa mort nécessaire pour venir la tourner vers la Vie, et par conséquent le nôtre puisque nous sommes pécheurs.

    C’est pour tous que le Christ demande pardon : « Quand tu tombes dans le mal, si tu cries toute ta confiance, tu ne tombes plus dans le néant mais dans les bras de Celui qui, sur la croix, les a ouverts à tout jamais. »[2] Et Nicolas Cabasilas, théologien du XIVè siècle à Constantinople, écrit : « Rien ne défie le pardon au point d’excéder la miséricorde divine. Jésus est devenu pour ses bourreaux source de grâce… Il intercède pour les hommes et  délivre le genre humain du poids de ses crimes et rend aux détenues la liberté qu’il n’avait pas à conquérir pour lui-même , étant et Dieu et Seigneur. »[3]


    [1] Dieu est Vivant. Catéchisme pour les familles  par une équipe de chrétiens orthodoxes Cerf 1979 p 219-220

    [2] Olivier Clément Contacts 52 p. 267

    [3] Vie en Christ p. 160 et 39 (édi. D’Amay sur Meuse)

  • CAMPAGNE DE PARTAGE POUR CE CARÊME 2013

    Un groupe d’amis qui aiment l’aventure…

        Des 4X4 qui permettent de s’aventurer dans les pays de l’Est de l’Europe et des Balkans

    La découverte d’une très grande misère
        Surtout chez les orphelins et les personnes âgées.

    L’idée germe de leur venir en aide : vêtements, équipements divers, cadeaux pour la joie…

    Ainsi naît l’association Espoir Orient qui d’une manière ou d’une autre aide orphelinats et hospices en Roumanie, Bulgarie, Macédoine…
        Toujours en partenariat avec une association locale

    C’est cette association que nous aiderons cette année en leur remettant le fruit de la collecte de nos efforts de carême…

        En particulier pour un orphelinat de Macédoine

    … et pour un enfant – Stéphane – atteint d’un strabisme si fort qu’il ne peut pas voir … Il faut une opération qui aura lieu sur place en Macédoine en partenariat avec une association et des médecins locaux.

  • Samedi, cinquième semaine de carême

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    Semaine illustrée par la greffe du figuier

    C’est le salut qu’Ezéchiel annonce avec une vision grandiose du rassemblement du peuple de partout où il était disséminé et surtout de sa purification accomplie : « je les retirerai des lieux où ils ont péché, je les purifierai, ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. » Evidement tout cela fut accompli dans le mystère pascal : rassemblement en un seul peuple (voir méditation du jeudi) et purification par le pardon des péchés.

    Mais il y a plus : « Mon serviteur David régnera sur eux » en la personne du Christ Fils de David. Le mystère pascal est aussi l’inauguration du Royaume de Dieu !

  • Vendredi, cinquième semaine de carême

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    Le prophète Jérémie nous introduit dans le cœur du Christ et nous voyons éclater à travers la confiance de Jérémie, celle de Jésus en son Père tandis qu’il s’avance vers sa passion et sa mort.

    « Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable, mes persécuteurs s’écrouleront, leur défaite els couvrira de honte.» Dans les moments difficiles que vit notre Eglise en Europe et dans notre pays, dans cette persécution latente, sournoise mais efficace qui est conduite contre nous dans notre pays, ayons le même confiance que Jérémie et que le Christ ! C’est ce que Dieu attend de nous : notre foi et notre confiance indéfectible en Lui. Du coup retentit dans cette lecture le seul « Alleluia » du carême !!

  • Jeudi, cinquième semaine de carême

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    Il est bon que quelques jours avant Pâques nous soit rappelée l’Alliance conclue par Dieu avec Abraham : il doit devenir le Père d’un grand nombre de peuples, toutes les générations se béniront en la descendance d’Abraham… c’est à dire en Jésus Christ. Abraham non seulement Père des juifs mais d’un grand nombre de peuples ». St Paul l’enseigne dans les Ephésiens : c’est sur la Croix que le Christ « descendant promis à Abraham » a fait des deux peuples – juifs et païens – un seul peuple nouveau. Sur la Croix, le Christ a abattu le mur qui les séparait. (Ephésiens 2/11-22)

  • Mercredi, cinquième semaine de carême

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    Nouvelle situation montrant des jeunes accusés injustement…, jetés dans la fournaise et sauvés par Dieu. Voir lundi dernier ! Mais là encore Dieu ne sauve pas de l’extérieur ! « Nous avons jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu. Eh bien, j’en vois quatre qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes et le 4è ressemble à un être divin. » Bien vu Nabuchodonosor ! Dieu sauve les trois jeunes gens en venant partager leur souffrance dans le feu et les en protée en partageant leur sort ! Quelle magnifique annonce de la venue du Christ et de son mode de salut. Voir mardi !

  • Mardi, cinquième semaine de carême

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    Le découragement des hébreux dans le désert est périodique… ses récriminations continuelles… on dirait des Français ! Rien n’est jamais bien… grave maladie spirituelle, maladie mortelle… comme les serpents à la morsure brûlante ! Le Seigneur Jésus est venu tout assumer de notre nature humaine défigurée par le péché : sans être pécheur lui-même, il a assumé notre nature humaine blessée et c’est parce qu’il a tout assumé de nous que nous sommes sauvés ! C’est ce qu’annonce le serpent de bronze : serpent comme le désir mouvant et mauvais de l’homme… dressé vers le Ciel c’est-à-dire converti vers Dieu, désir orienté vers Dieu, désir sauvé.