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Lire l'Ecriture

  • 11H messe de « la paroisse invisible »

    La résurrection de Lazare par Giotto

    Comment prier : c'est ICI

    La feuille habituelle du dimanche est à télécharger ICI

     

    Dimanche 29 mars

     

    5ème de Carême

    Dimanche de la Passion.

     

    Bien chers amis,

    Nous allons lire en ce dimanche le récit de la Résurrection de Lazare.

    Le texte est long, riche, nuancé. Vous pouvez le faire en plusieurs fois même si, d’un coup, vaut mieux. Entrez dans le texte qui n’est pas un texte mais une Parole qui vous est adressée : vous êtes à Béthanie, au tombeau, à la maison avec Marie ; vous assistez à la scène de la sortie de Lazare, vous êtes pris dans la scène …

    Bonne fête dominicale.

      

     

    MAINTENANT MON ÂME EST TROUBLEE

    PERE, SAUVE-MOI DE CETTE HEURE

    GLORIFIE TON NOM !

    le chant est ICI 


    En vérité, en vérité l’Heure vient et nous y sommes

    Où les morts entendront la voix du Fils de l’homme.

    Alors vous le verrez siégeant à la droite du Père

    Et venant sur les nuées du Ciel pour juger l’univers.

     

    Bénie soit l’éternelle et bienheureuse Trinité

    Le père qui nous a aimés avant que ne commence le monde

    Le Fils qui est venu pour l’Heure de sa Pâque

    L’Esprit qui nous fait passer de ce monde à la Vie Eternelle.

      

     

     

    Saint JEAN 11 : LA « RESURRECTION » DE LAZARE

     

     

                Le dernier des grands évangiles lus pour former les catéchumènes à leur baptême est la résurrection/réanimation de Lazare. Magnifique récit très connu mais qui doit sans cesse être approfondi. La « Résurrection » de Lazare est une préparation des disciples à la foi en la Résurrection de Jésus. Elle montre que Jésus EST et RESTERA MAÎTRE de la mort. La mort n’a sur lui aucun pouvoir. Jésus a reçu du Père, comme il dit,  LE POUVOIR DE DONNER SA VIE ET DE LA REPRENDRE, comme il a le pouvoir de relever Lazare de la mort.

     

                Le climat de l’Evangile est très tendu : en 10/39, les juifs cherchaient à arrêter Jésus et 10/40, il a dû fuir «  au-delà du Jourdain » car ils veulent sa mort. En 11/47 le  sanhédrin délibère et décide de le faire mourir et en 11/54, Jésus doit de nouveau fuir dans le désert.

                Le climat est suffisamment tendu pour que les disciples rappellent à Jésus qu’il est dangereux pour lui d’aller en Judée[1] et que Thomas puisse penser qu’aller avec Jésus, c’est mourir avec lui. [2]Ce retour à Béthanie est donc très audacieux.

                Le chapitre 11 est donc tout à fait particulier dans la vie de Jésus : le maître est à la fois l’homme traqué à l’écart dans le désert et en même temps celui qui accomplit la plus grande de ses œuvres : le dernier signe, sa victoire sur la mort, le dernier ennemi de l’homme. Et cette réanimation va impressionner considérablement[3] et peut-être même, que c’est la raison pour laquelle des grecs qui voudront voir Jésus[4], fait qui est d’une haute importance aux yeux de Jésus.

     

                Nous sommes à Béthanie : un site très connu de l’Evangile, sur le versant oriental du mont des Oliviers, à 15 stades de Jérusalem (= 3 kms).  Lors de tout séjour de Jésus à Jérusalem, il quitte chaque soir le Temple et la ville pour loger à Béthanie chez les amis Marthe, Marie et Lazare.[5]

                Le soir des Rameaux, après avoir chassé les vendeurs du temple, Jésus s’y retira[6],Jésus y mangea chez Simon le lépreux après « la résurrection de Lazare » et y reçut l’onction de Marie.[7] L’Ascension eut lieu tout près[8]. Les premiers chrétiens ont beaucoup fréquenté ce lieu : les fouilles ont montré des Sanctuaires anciens sur le tombeau de Lazare ; le village a été fouillé: maisons, pressoirs, citernes, silos...

     

                La famille de Lazare

         Marie : dans ce commentaire, pour nous, Marie de Béthanie est la pécheresse que nous rencontrons en St Luc[9], Marie de Magdala[10] et Marie de Béthanie, la sœur de Marthe[11]. Une seule et même personne tant le caractère est commun à ces « trois femmes ».

          Lazare est très discret. St Jean parle de l’amitié de Jésus avec Lazare mais nous montre surtout celle avec les deux sœurs. Ce qui surprend, c’est cette anomalie : la maison est gouvernée par Marthe et Lazare n’intervient pas, ce qui est anormal dans l’organisation biblique des familles. Serait-il handicapé mental comme le suggère Jean vannier ?

           Chaque sœur est bien décrite par Jean qui les connaît sans doute bien : active, rapide, organisatrice et intellectuelle pour Marthe; plus affective, vite déconcertée et un rien nonchalante pour Marie.

               

                Le texte est plein de vie, tout le monde bouge beaucoup dans ce passage :  « Tous les personnages quittent l’endroit où ils se trouvent. Tous sortent: Jésus et les disciples de Transjordanie; les juifs de Jérusalem; Marthe du village; Marie avec les juifs de chez elle et du village; Lazare de la tombe. »[12]

     

     

    COMMENTAIRE DU TEXTE

     

    v. 1 : On commence brutalement : on nous annonce la maladie de Lazare et on nomme ses deux sœurs.

     

    v. 2 : A propos de Marie, Jean parle tout de suite de l’onction de parfum faite à Jésus par elle… épisode que Jean racontera seulement au chapitre 12. La Passion de Jésus se profile.

     

    v 3 : Les deux sœurs informent Jésus – absent pour protection - de la situation, et souhaitent sans doute quelque chose de sa part … sans le dire. St Jean de la Croix commente cette façon de faire avec l’Ami, Jésus : informer sans rien demander, ce que fait déjà Marie à Cana. Voici ce qu’il écrit : « Et la raison pour laquelle il est meilleur à l’amant (= le croyant) de représenter sa nécessité à l’Ami que de lui demander d’y satisfaire, tient à trois choses: la première, parce que le Seigneur sait  mieux que  nous-mêmes ce qui nous est nécessaire; la seconde, parce que l’Ami a plus de compassion voyant la nécessité de celui qui l’aime et est plus ému de sa résignation; la troisième parce que l’âme est plus à couvert de l’amour-propre en représentant ce qui lui manque qu’à demander ce dont il lui semble avoir besoin. »[13]

     

    v 4 : Jésus se borne à déclarer mystérieusement : cette maladie ne conduit pas à la mort mais aboutira à ce que la Gloire de Dieu éclate et que la divinité de Jésus soit manifestée.

     

    v 5 - 6 : les versets insistent sur un paradoxe : malgré l’amitié de Jésus pour Lazare et ses sœurs et leur appel au secours, iI reste encore deux jours.

     

    Dialogue avec les disciples. v. 7-16

     

    v 7-8 : Puis, tout à coup, brutalement, Jésus exprime sa résolution d’aller en Judée : l’affolement des disciples est immédiat.

     

    v 9-10 : versets difficiles à comprendre. Peut-être Jésus veut-il dire qu’ils n’ont rien à craindre tant que Jésus – lumière du jour – est avec eux sur le chemin. La sœur Jeanne d’Arc ne commente pas …

     

    v 11-15 : Jésus parle de Lazare et il emploie un mot tout neuf pour eux ! Parler de la mort comme d‘un  sommeil ! Jésus l’a déjà fait auprès de la fille de Jaïre : « elle n’est pas morte mais elle dort »… et tout le monde se moque de lui ![14]

                Ici aussi, les  disciples ne comprennent pas : alors Jésus met les points sur les « i » et affirme qu’il se réjouit de n’avoir pas été là; s’il l’avait été, Lazare ne serait pas mort - exactement ce que lui diront les deux sœurs[15] -. Pourquoi cette joie de Jésus ? Parce qu’il va construire la foi des siens, il va révéler le dessein de vie du Père et la foi des disciples en sera éclairée. La joie de Jésus est forte.

     

    v. 16 : Thomas réagit rapidement, vite enthousiaste. Mais il ne parle plus de Judée. Il dit maintenant : « allons nous aussi pour mourir avec  LUI » !

     

                Ainsi « au terme des seize premiers versets, le lecteur a compris que le miracle aura lieu non seulement en raison de l’amour de Jésus pour ses amis mais pour manifester la gloire de Dieu et susciter la foi en Celui qui affronte la mort : il a le pouvoir de déposer sa vie et le pouvoir de la reprendre pour la communiquer aux hommes. » [16]

     

     

    Marthe rencontre Jésus à l’entrée du village 17-27.

               

    v. 17 : A son arrivée, Jésus trouve Lazare au tombeau depuis 4 jours car habituellement, les funérailles avaient lieu le jour même du décès.

     

    v. 18 - 19 : On nous situe Béthanie – 3 km – de Jérusalem. La famille de Lazare est une famille connue : ce ne sont pas seulement les gens du village qui viennent les consoler mais même des habitants de Jérusalem.

     

    v. 20 – 27 : Les deux sœurs diront à peu près la même chose au Seigneur pour l’aborder. Mais autrement quelle différence de comportement ! Marthe accourt aussitôt vers Jésus, Marie demeure chez elle, assise comme elle en a l’habitude ( assise aux pieds de Jésus en Luc 10) et comme il sied à une femme en deuil. Marthe exprime sa confiancepuis magnifiquement sa foi, Marie demeure accablée sous le poids de la douleur. « L’une affirme l’espérance dans la vie qui ne finit pas, l’autre ne connaît que la séparation advenue. »[17]      

     

                Voyons Marthe…

    Qui part aussitôt qu’elle apprend que Jésus arrive ! (v. 20)

     

    v. 21-22 : Son reproche est très délicat: pour l’atténuer, elle l’associe à une affirmation de confiance et de foi : la présence de Jésus - appelé « Seigneur » - est réconfortante : tout ce qu’il demandera à Dieu cela lui sera accordé : elle « sait cela ». Quelle force de conviction !

     

    v. 23 : Jésus répond par une affirmation claire qui annonce la résurrection future de Lazare.

     

    v. 24 : et à nouveau Marthe parle ; elle a l’habitude d’échanger avec Jésus, y compris sur la foi ; elle déclare qu’elle « sait » « la résurrection au dernier jour ». En répondant ainsi Marthe confesse sa foi et montre que sur ce point, elle croit comme les pharisiens qui sont les seuls à confesser à l’époque « la résurrection au dernier jour ».[18] Jésus ne contredit pas Marthe.

     

    v. 25 : Mais à cette certitude de Marthe, Jésus répond en affirmant qu’il est LUI la Résurrection et la vie, un des fameux « ego eimi » de Jésus – le « Je Suis » en grec, le nom de Dieu au Buisson ardent ! - et il explicite cette affirmation par deux sentences :

     

    en 25, le premier « mourir » évoque le trépas; « Celui qui croit même s’il meurt à la fin de sa vie, vivra, demeurera vivant. ».

    en 26, « mourir pour l’éternité » a le sens fort de perte définitive, de privation à jamais de la vie divine, de mort éternelle, la « seconde mort » de l’Apocalypse.

             Ce qui fait la différence : c’est la foi donnée ou non au Christ : « CELUI QUI CROIT EN MOI »                   

               

                Que veut dire Jésus ?

    - le croyant en Jésus est destiné à la vie qui ne finit pas

    - la résurrection que Marthe attend pour la fin des temps, est son œuvre à lui Jésus. Par Jésus, le croyant devient un « vivant » : le germe de vie éternelle est en lui.

    - Jésus opère une transformation de la foi traditionnelle juive pharisienne : la résurrection est liée à la personne de Jésus en qui on croit ou non.

     

    v. 26 - 27 : la question finale est logique si tout repose sur la foi : Jésus demande à Marthe un acte de foi:. « Crois-tu cela ? »

    Et Marthe lui répond magnifiquement. Elle déclare sa foi et affirme en même temps  QUI est Jésus : « Messie, Fils de Dieu, Celui qui devait venir dans le monde ». Marthe n’est plus juive mais chrétienne ; Jésus n’est pas seulement un être proche de Dieu, à qui Dieu ne peut rien refuser, il est Fils de Dieu et Celui qui vient accomplir l’attente d’Israël.

               

     Marie est envoyée à Jésus par Marthe.

     

    v. 28 – 35 : Marthe ne revient pas sur la question de son frère; le dialogue avec le Christ l’a comblée; alors elle part chercher sa sœur qui demeure dans la maison au milieu des consolateurs juifs. Et Marthe sait ce qu’il faut dire à Marie pour la mettre en mouvement ! « Le Maître est là et il t’appelle ! » Véritable demande de Jésus ou ruse affectueuse de Marthe ?

    Marie sort précipitamment et entraine les visiteurs d’ailleurs. Et dès qu’elle voit la maître, elle se jette à ses pieds : Marthe en l’a pas fait mais Marie Madeleine le fera au jardin le jour de Pâques.[19] 

    Marie formule le même reproche à Jésus que sa sœur mais ne va pas plus loin et éclate en sanglots. Et cela provoque une étonnante réaction du Christ, une méditation sur la mort et sur sa propre mort. 3 verbes expriment la réaction de Jésus : frémir, se troubler et verser des larmes.  L’humanité de Jésus éclate aux yeux de tous :

    « frémir » est un verbe très fort : il veut dire littéralement « produire un bruit sourd »; Jésus est-il en colère devant  la désespérance des hommes devant la mort, pour le manque de foi envers lui-même,... je crois plutôt que la réaction du Christ est provoquée par le tragique de la mort, « les larmes de Dieu devant la mort qui sépare les êtres[20] » et de la mort de l’ami ... et même devant la perspective de sa propre mort. On peut faire la même remarque pour les larmes et le trouble.[21]

     

    v. 36-37 : évidemment les juifs présents contestent… murmurent ! 

    Au v.37, cette contestation provoque un nouveau frémissement de Jésus durant son chemin vers le tombeau : Oui, Jésus pouvait éviter la mort de Lazare mais pas la sienne !

     

    Au tombeau            

     

    v 38 : Nous arrivons enfin au tombeau : une grotte fermée par une pierre. Il y a deux sortes de tombeau: « Les uns sont des chambres auxquelles on accède par une étroite ouverture fermée par une porte en forme de meule... et sont précédés d’un vestibule... Comme celui du Christ. Les autres sont des caveaux en contrebas auxquels on accède par un puits muni quelques fois d’un escalier, le puits étant obturé par une pierre posée dessus. » [22]

     

    v. 39 : quand Jésus donne l’ordre d’enlever la pierre, Marthe se récrie horrifiée et réaliste ; elle si maîtresse d’elle-même perd le contrôle devant la mort.  4 jours, cela veut dire que Lazare est vraiment mort, en début de putréfaction.

     

    v. 40 : Jésus l’appelle à la foi et rappelle que le miracle est pour glorifier Dieu en le montrant maître de la vie et de la mort.

     

    v 41 : ils soulèvent la pierre et Jésus se tourne avec confiance et dans l’action de grâce. vers le Père qui l’exauce toujours : le verbe est au passé, Dieu a déjà a exaucé son Fils. Et cet exaucement de la prière de Fils par le Père est au fondement de la prière des croyants. [23]     

     

    v. 43 : le miracle est raconté dans une extrême sobriété,  avec très peu de détails. Trois mots: « Lazare ici ( deûro)  sors (exo) !

     

    v. 44 : et le mort sort dans ses bandelettes Le mort sort en montant l’escalier et apparaît peu à peu. Cela dut être stupéfiant ! Voir ci-dessous photo de l’escalier du tombeau.

                Lazare, à la différence de Jésus qui, s’étant délivré lui-même, laissera les bandelettes posées là et le suaire roulé à part, garde ses linges; son retour sur terre sera momentané. Il faut un nouvel ordre pour parachever: « délier et aller ».

                Jésus s’est comme effacé et on ne nous dit rien des retrouvailles.

                Lazare est muet comme toujours !

     

    v. 45-53:  les réactions au miracle sont diverses :

     

    - la foi: v 45. Ils croient d’après les œuvres comme Jésus l’a souvent demandé.

     

    - la perplexité: v.46 : ils vont en parler avec les pharisiens, prendre conseil des autorités. La démarche n’est pas forcément malveillante. Elle est prudente.

     

    -  la décision de mort par « les grands prêtres et les pharisiens » v 47-53. Avec  un motif politique : un enthousiasme populaire de croyants donnera l’ impression d’un soulèvement et les romains viendront (ce qui s’était déjà passé dans un passé récent). C’est une donnée historique. Temple et nation -   Israël dans ses deux dimensions religieuse et politique- seront détruits. On peut y voir un attachement réel au peuple et une incompréhension de la mission de Jésus, un certain affolement du conseil est perceptible devant le succès de Jésus.

     

    Mais Saint  Jean donne une lecture théologique profonde en citant le Grand prêtre et en donnant le sens profond des paroles prononcées, sens qui va  plus loin sans doute que ne le pensait Caïphe. Caïphe opposait l’individu Jésus et la nation; c’est la raison d’Etat où l’on calcule avec réalisme politique simplement !  Caïphe évoque les « enfants dispersés » sans doute les juifs de la diaspora et peut-être aussi les nations, évoquant l’affluence, à la fin des temps, des nations à Sion.[24]

     

    v. 53 : ils ne condamnent pas Jésus mais décident fermement – sont résolus à - de le faire mourir; de le liquider comme l’absence de procès chez Jean le montrera. Mais le condamner obligerait à révéler qu’il a des fautes; faire mourir sas procès en fait, confirme l’innocence : on n’a rien pour le condamner; on ne peut que le faire mourir.

     

    v. 54 : Jésus[25] part donc au voisinage du désert. Où ?

                On parle habituellement à de Tayyebé, à 20 kms au Nord – Nord Est de Jérusalem, à une hauteur de 869 m ou le village d’Ephraïm à 30 kms. Ce site est  peut-être est-ce l’Aphréma de 1 Martyrs 11/34 et à l’Ephron de 2 Chroniques 13/19. Peut-être est-ce aussi un rappel discret des israélites obligés de se refugier dans la montagne d’Ephraïm à cause des philistins en 1 Samuel 14/22.

     

     

    Rends-nous la joie de ton Salut, que Ton Jour se lève !
    Donne-nous ton pardon, lave-nous te tout péché
    Donne-nous ta Grâce.  

    Tu as séché Seigneur Jésus tous les pleurs de Marthe
    Aujourd’hui comme hier, Seigneur, tourne-toi vers nous
    Sèche nos larmes. 

    Si par Adam nous vient la mort, Tu nous fais revivre.
    C’est pourquoi nous chantons : Christ maître de la mort
    Notre Délivrance.

    L’homme que Dieu vient habiter ne craint point l’épreuve.
    Car la mort est sommeil : Seigneur, tourne-toi vers nous
    Viens et nous réveille.

    2.png

    Tombeau de Lazare

    fete11_1.jpg

    icône de la résurrection de Lazare. Moniales de Bethléem

    [1] 11/8

    [2] 11/16

    [3] Jean 12/9,10,11 et à nouveau en 12/17-19

    [4] 12/20

    [5] Mt 21:17 et Mc 11: 1.11 mais aussi Luc 10/38

    [6] Mt 21/17

    [7] Mt 26/6; Mc 14/3 et Jn 12/1

    [8] Luc 24/50

    [9] Lc7/36-50

    [10] Lc 8/1-3

    [11] Jn 11/2 et 12/1. C’était l’opinion de St Grégoire le Grand, St Augustin, Bérulle, Lacordaire, la Madeleine du Moyen Age et celle aussi e A. Feuillet et Boismard. Point de vie contesté par certains aujourd’hui.

    [12] Xavier-Léon Dufour livre cité, tome II p. 406

    [13] Saint Jean de la Croix Cantique spirituel  (strophe II/vers 5)

    [14] St Marc 5/39 ; Ce mot de Jésus est incompréhensible pour eux qui pensent que la mort est la fin définitive. Qui dit sommeil dit réveil !

    [15] v 21 et 32

    [16] ( XLD II:415)

    [17] (XLD II/417) comme Marie fera au tombeau du Christ.

    [18]Foi du judaïsme pharisien : « Toi Seigneur qui donnes la vie aux morts » C’est la 2è des18 bénédictions à la prière du matin. On trouve cette affirmation dans la bible en Daniel 12/1-3, 2ème livre des Martyrs d’Israël  7/22-24 et 12/44.

    [19]  St Jean 20/13. Pour nous évidence que Marie de Béthanie et Marie Madeleine sont la même  femme.

    [20]  XLD II/424

    [21] On peut penser au psaume 41/6,12 et 42/5 et les larmes du psalmiste jour et nuit 41/4.

    [22] M. J.  Lagrange  commentaire sur St Jean p.306.

    [23] Voir St Jean 16:24 ; 14:13s et 15:7.

    [24] cf Ez 37/21-26 et 34/ 12-13.et même Isaïe 43/10ss.

    [25] Comme en Jn 10/40-42.

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 28 mars

                Bien chers amis,

                « Unis dans le même Esprit » voilà ce que nous vivons dans cette rencontre dans l’Esprit Saint pour la messe célébrée à votre intention et à vos intentions. La Promesse du Christ – « je suis tous les jours avec vous jusqu’à la fin des temps » - demeure totalement vraie pour nous en ce moment.

                In Christo.

                                       Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

    Intentions de prière des paroissiens :  

    - Prions pour les malades des hôpitaux et cliniques psychiâtriques et leur personnel soignant, et pour tous les personnes dépressives en général. 
Que Marie les apaise et les enveloppe de sa douceur maternelle.


    - Que les évènements actuels nous poussent à plus d'humanité et de souci de l'autre.

    - Que nous mettions à profit ce Carême particulier pour nous tourner davantage vers le Christ et boire encore et toujours au LAIT de sa Parole.

    - Plusieurs familles nous ont confié des décès survenus parmi des proches ces derniers jours, victimes du covd19 ou non. Nous prions pour ces personnes et ceux qui n’ont pu assister aux funérailles de leurs parents et amis.

     

    La Parole de Dieu : Saint Jean 7/ 40 – 53

     

                Comme hier, en poursuivant la lecture de St Jean chapitre 7, nous lisons le chapitre en entier comme Jean l’a écrit…ce qui nous faire davantage de texte que la liturgie.

                Le récit johannique st extrêmement vivant. On est avec Jésus et la foule sur l’esplanade. On sent les réactions, on entend…on a envie de répondre à notre tour, on voit la colère des pharisiens fermés, même à leur ami et collègue Nicodème dont on peut admirer le courage !

     

                Passage qui n’est pas dans la lecture liturgique mais suite d’hier

     

                Nous sommes toujours dans les contestations de Jésus qu’apporte la foule

     

    v. 31-32 : A nouveau, réactions partagées de la foule… Mais cette fois-ci, ce sont ceux qui croient… Le Messie n’en ferait pas plus que lui !  Au v. 32, Les pharisiens et les grands prêtres entendent ces réactions positives « murmurées » et décident d’envoyer des gardes pour l’arrêter.

    v. 33-34 : Le temps que les gardes s‘organisent, Jésus annonce sa mort prochaine !... Il présente sa mort « comme un retour à Celui qui l’a envoyé » … Avec une phrase pour intriguer : « Vous me chercherez mais là où je vais vous ne pouvez pas venir » !(34)

     

    L’effet attendu est immédiat !!! Où ? Où ? et les hypothèses fusent : dans la diaspora des Grecs ? (c’est-à-dire dans les villes du bassin méditerranéen où sont installées des communautés juives)  Pour enseigner Les Grecs ? On a conscience que ces juifs « grecs » font bien partie du peuple élu.

    v. 36 : la perplexité demeure. On n’est pas satisfait des réponses qu’on a évoquées.

    v. 37 : Le v. 37 est très solennel…Jésus profite de cette fête des Tentes riche de l’attente messianique pour se dévoiler. Et il utilise les rites de la fête pour le faire !

     

    v. 37-39 : La Fête des Tentes est une des grandes fêtes d’automne. On célèbre à la fois le séjour dans le désert compris comme le moment béni des fiançailles entre Dieu et son peuple et les récoltes de la terre promise qui viennent de finir.Chaque famille construit sa « tente » (soukka) dans son jardin ou sur son balcon : la tente est couverte de branchage comme toit – on doit pouvoir voir les étoiles – on décore de fruits… on prie et on prend au moins un repas par jour dans cette tente. Cela dure 8 jours. J’ai le souvenir d’être rentré dans Jérusalem au commencement de la fête, en jeep, - je revenais du désert avec le Père Jaques Fontaine et un petit groupe – la ville était en liesse, les gens étaient sous leur tente, la radio diffusait des psaumes et des chants religieux. Quelle atmosphère !

                Du temps de Jésus, il y avait au milieu de la fête,  une grande procession des prêtres au petit matin, quand le soleil se levait, jusqu’à la piscine de Siloë pour y chercher de l’eau dans des cruches d’or, remonter au temple et entrer par la Porte Dorée, éclairée par le soleil levant qui miroitait sur les cruches d’or, pour verser cette eau en libation sur l’autel.

    Sans titre.pngLe Temple est au fond. Les prêtres portant des cruches sortaient du Temple par la Porte Dorée (cachée sur la photo à droite), longeaient le Temple, descendaient le long du Tyropéon jusqu’à la piscine de Siloë dont on voit le bassin entouré d’un Portique en bas à droite.

     

    v. 37-38 : Autour de ce rite de l’eau qu’on vient d’accomplir, Jésus se déclare donc la source d’eau vive, - celle de la Samaritaine - pour ceux qui ont soif et qui croient en Lui.  Jésus se réfère, dans sa proclamation, à l’Ancien Testament  en combinant 3 citations clé sur l’eau :

                1) Za 14/8 : « Ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem, moitié vers la mer orientale, moitié vers la mer occidentale : il en sera ainsi en été, comme en hiver. »

                2) Is 58/11 : «  Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. »

                3) Ez 47/1-12 :  «  L’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. »

                Jésus se présente donc, dans son mystère pascal – son Heure -, comme le dispensateur de l’Esprit Saint,  fonction qui dépasse celle du Messie biblique attendu. ! Car Dieu seul peut donner l’Esprit.

    v. 39 : St Jean explique… que l’Esprit promis n’a pas encore été donné puisque le Christ n’est pas glorifié.

     

                Commencement de l’Evangile d’aujourd’hui.

    v. 40 : La foule réagit aussitôt à cette déclaration de Jésus !

    Le résultat est une confusion générale entre ceux qui approuvent le Christ : c’est pour de vrai le prophète attendu ! C’est le Messie … mais les opposants donnent de la voix :  

    v. 40 : les croyants en Jésus sont renforcés.

    v. 41 et 42 :  Ce n’est pas possible que le Messie vienne de Galilée…Il doit venir de Bethléem

    v. 43 : une scission dans la foule 

    v. 44 : on veut l’arrêter mais personne n’ose mettre la main sur lui. Qui veut arrêter ? Certains dans la foule sans doute… ou les gardes. Mais Jésus en impose. On « n’ose pas » dit St Jean.

    v. 45-46 : Car les fameux gardes envoyés l’arrêter,  impressionnés par la force des paroles et la majesté de Jésus,  n’ont rien fait !!

    v. 47- 48 : La colère monte chez les pharisiens : comment pouvez-vous réagir ainsi alors qu’aucun chef n’a cru !!!.. (46-48)

    v. 49 : La colère conduit au jugement et au mépris :  la foule qui croit en « maudits » ! C’est la manière définitive de réagir des pharisiens chaque fois, c’est sans appel.

    v. 50-53 : La colère est telle que même Nicodème qui demande la simple application de la loi – entendre le prévenu avant de le juger– se fait rembarrer sans ménagement malgré sa dignité… par l’argument de la Galilée dont il ne sort pas de prophète. (52)

                Et chacun repart chez soi.

     

     

  • PRIERE A LA CROIX, VEILLÉE DU VENDREDI 27 MARS 2020

    Une reproduction de la Croix de San Damiano qui a parlé à Saint François d’Assise. Le mystère pascal est montré dans son unité : le Christ est crucifié (ses plaies coulent, le centurion et les femmes et Jean au pied de la croix), il a les yeux ouverts et le corps doré (il est vivant, ressuscité) devant le tombeau (fond noir du bras vertical, les soldats le gardent) en haut, il est en Ascension vers le Père et son cou est gros, tenant l’Esprit Saint qu’il va souffler sur les siens et qu’il donne quand « il remet l’esprit ». Sous les pieds du Christ, il est descendu aux enfers pour sauver tous les hommes depuis Adam. Le magnifique nœud de son périzonium (linge autour des reins) est un nœud de Grand Prêtre qui s’offre pour le salut de tous, donnant au monde le Grand Pardon de sa miséricorde.

    Attention, aujourd'hui vendredi, il y a une messe et une veillée !

    Lecture du livre du prophète Isaïe : 52/13 – 53/12.

    4ème chant du Serviteur souffrant lu le Vendredi Saint.

     

    « Mon serviteur réussira, dit le Seigneur;


    Il montera, il s’élèvera, il sera exalté !


     

    Le Seigneur Dieu, en ce 4ème chant du serviteur, prend tout de suite la Parole : Dieu le Père proclame, dès l’entrée de l’oracle, contre toute apparence, la victoire, l’exaltation de son Serviteur fidèle, pour nous la Résurrection du Christ et son exaltation à la Droite de la Majesté divine. Tout l’office de la Passion du Vendredi Saint est dans cette lumière encore discrète mais forte de la Résurrection, de la victoire, de la réussite du salut. Adorer la Croix, c’est adorer l’instrument de la victoire et de la Gloire du Christ.

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    podcast

    1 – Ton peuple racheté par Ta Croix victorieuse
    Célèbre en ce jour Ta Victoire sur la mort.
    Tout pouvoir T’a été donné au ciel et sur la terre
    Ta croix est l’arbre  de Vie du paradis nouveau. 

    2 – Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande Lumière :
    Sur l’Arbre de la Croix s’est levé le Sauveur.
    Son Royaume est un royaume éternel qui ne passera pas
    Et tous les peuples, langues  Le serviront.


    « La multitude avait été consternée en le voyant,

    Car il était si défiguré 
qu’il ne ressemblait plus à un homme ;

    Il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.


    Il étonnera de même une multitude de nations ;

    Devant lui les rois resteront bouche bée,

    Car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit,


    Ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.

    Qui aurait cru ce que NOUS avons entendu ?


    Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? »

     

    La communauté chrétienne - « nous » (53/1) « sa génération » (53/8) - est bouleversée autant par la souffrance du serviteur, si « défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme » et que, en même temps, par la réussite inattendue et glorieuse du serviteur. La communauté est « bouche bée » comme les rois et la multitude des nations à qui le fait est annoncé jusqu’à la fin des temps. Nous, ce soir.


    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    3 – O Golgotha, colline sainte, où Adam fut enseveli
    O Golgotha, centre du monde, sur toi se dresse le Christ
    Il a semé la vie dans le lieu de tristesse
    Et Il attire à Lui l’univers tout entier.

     

    « Devant lui, le serviteur a poussé comme un surgeon, 


    Un racine dans une terre aride ; il était sans apparence

    ni beauté qui attire nos regards,
son aspect n’avait rien pour nous plaire.


    Méprisé, abandonné des hommes,

    Homme de douleurs, familier de la souffrance,

    Il était pareil à celui devant qui on se voile la face. »

     

    Le Christ dans sa passion
: il est pourtant le « Surgeon puissant de la racine de Jessé » chanté par Isaïe[1] mais seul, martyrisé, incompris même de la plupart des siens, renié par Pierre, accompagné par Jean et quelques femmes, Marie sa mère, Marie de Magdala sans doute d’autres femmes un peu plus loin… peut-être quelques disciples : mais tout va si vite de part la volonté des autorités juives que peu de gens savent ce qui se trame… et c’est voulu ! Les autorités juives « se voilent la face devant lui » par l’horreur que cet homme leur inspire mais aussi, au sens figuré : ils ne veulent pas voir.


    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    4 – Tu as pris sur Toi, ô Christ, l’antique malédiction
    Elevé entre terre et Ciel Tu proclames la Paix.
    A l’ombre de Tes ailes, Tu nous prends près de Toi.
    Tu es avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

     

    « Et nous l’avons méprisé, compté pour rien.


    En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait,

    Nos douleurs dont il était chargé.


    Et nous, nous pensions qu’il était frappé,

    Meurtri par Dieu, humilié.


    Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé,


    A cause de nos fautes qu’il a été broyé.


    Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui :


    Par ses blessures, nous sommes guéri. »

     

    La communauté entre dans une plus profonde compréhension de ce qui se passe dans cet événement stupéfiant qui l’a d’abord complètement déconcertée. On passe de la certitude qu’il subissait un châtiment à cause de SESfautes à l’idée qu’en fait, ce n’était pas pour ses péchés qu’il recevait CE CHÂTIMENT MAIS POUR LES PÉCHÉS DES HOMMES ET DE LA COMMUNAUTÉ DES DISCIPLES. Plus encore : «  le châtiment qui nous donne la paix avec Dieu a pesé sur Lui. »

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    5 – Célébrons avec joie la résurrection du Christ
    Nous qui étions ténèbres, devenons lumière dans le Seigneur.
    Que les tombeaux s’ouvrent, que se lèvent les morts
    Pour acclamer le Seigneur de la Vie.

     

    « Nous étions tous errants comme des brebis,

    Chacun suivait son propre chemin.


    Mais le Seigneur a fait retomber sur lui
 nos fautes à nous tous.

    Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche :

    Comme un Agneau conduit à l’abattoir, 


    Comme une brebis muette devant les tondeurs,
 il n’ouvre pas la bouche.


    Arrêté, puis jugé, il a été supprimé.


    Qui donc dans sa génération s’est inquiété de son sort ?


    Il a été retranché de la terre des vivants,

    Frappé à mort pour les révoltes de son peuple.


    On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ;


    Et pourtant il n’avait pas commis de violence,

    On ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. »

     

    Cette découverte éclaire la vie des disciples, et de tout contemplatif de cet événement, les remplit de confusion ; les motifs de honte augmentent à la mesure de la découverte de l’erreur et du refus de voir. Celui qui regarde en vérité le Serviteur découvre son errance, sa volonté rebelle pour suivre son propre chemin, ses fautes… et le silence du Serviteur comme « un agneau muet » est rude à supporter… Jean-Baptiste l’avait dit : Jésus est bien « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’austère prophète du désert avait raison. C’est le moment d’entendre le témoignage rapporté par St Jean[1] : « Beaucoup vinrent à Jésus en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui. »

     

    [1] Jean 10/41-42

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    6 - L’Ange du Seigneur descendit du ciel comme l’éclair !
    Il roula la pierre et s’assit dessus !
    A sa vue, les soldats devinrent comme morts
    O Christ, Tu foules au talon l’Ennemi du genre humain.

     

    « Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur.


    S’il remet sa vie en sacrifice de réparation,

    Il verra une descendance, il prolongera ses jours :


    Par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

    Par suite de ses tourments, il verra la lumière,

    La connaissance le comblera.


    Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes,

    Il se chargera de leurs fautes. »


     

    La compréhension de la communauté progresse jusqu’à la découverte que cette mort ignominieuse du Serviteur est une volonté sainte du serviteur de « s’offrir en sacrifice ».

    La communauté découvre alors que cette action du serviteur est la réalisation du Grand pardon, célébré chaque année sans effet ; l’auteur de la lettre aux hébreux écrit : « La loi de Moïse n’est donc jamais capable, par ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année, de mener à la perfection ceux qui viennent y prendre part. Il est impossible, en effet, que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés.»[3] Et le même auteur alors décrit l’offrande du Christ qui éclaire magnifiquement ce chant du Serviteur : « Aussi, en entrant dans le monde[4], le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses (= le culte du temple avec ses sacrifices) pour établir le second (= le sacrifice du Christ et le culte chrétien en Esprit et en Vérité). Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.[5] »

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    8 – L’Eternel est une Flamme ardente, Béni soit son Nom !
    Des milliers de myriades se tiennent devant LUI.
    Béni le Fils de l’Homme  qui vient vers Lui sur les nuées du Ciel
    Béni le Fleuve de Feu qui coule devant Lui.

     

    Et Dieu reprend la Parole :

    C’est pourquoi, parmi les grands, JE lui donnerai sa part,

    Avec les puissants il partagera le butin,

    Car il s’est dépouillé lui-même
jusqu’à la mort,


    Et il a été compté avec les pécheurs,

    Alors qu’il portait le péché des multitudes
 et qu’il intercédait pour les pécheurs.

     

    – Parole du Seigneur.

    Elle est debout, près de la Croix
    Seule, au plus haut de la douleur,
    Adorant son Dieu qui meurt.

    [1] Au chapitre 11.

    [2] Jean 10/41-42

    [3] Hébreux 10/1 et 4

    [4] L’auteur des hébreux met sur les lèvres du Christ les versets du Ps 39 où le psalmiste découvre que Dieu ne veut plus des sacrifices du Temple pour le péché et s’offre alors lui-même spontanément : « Voici je viens faire ta volonté » car l’accomplissement de la volonté de Dieu vaut tous les sacrifices. Qui  autre que le Christ peut dire au mieux ce verset ?

    [5] Héb. 10/6-10

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 27 mars

    Comment prier (CLIC)

    Attention, aujourd'hui vendredi, il y a une messe et une veillée !

                 Bien chers amis,

    Voici la poursuite de notre lecture de l’Evangile de St Jean. Plongez-vous dedans, c’est l’occasion unique. Je me réjouis ave vous de suivre Jésus pas à pas dans sa mission et sa passion qui commence comme vous le voyez bien avant les jours saints !

    Je vous garde bien unis dans ma prière à l’eucharistie et je vous sens en communion avec moi auprès du Seigneur. Que le Seigneur nous garde dans sa paix. Nous prions toujours avec ferveur à toutes nos intentions.

                                       Avec mon amitié.

     

                Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

                Nous confions le peuple syrien qui va être lui aussi touché par l'épidémie de Coronavirus. Ce peuple, déjà si éprouvé par la guerre, va devoir maintenant affronter la maladie dans un pays où les services de santé sont totalement démunis. 

                Prions afin que les dirigeants de ce pays et de la Turquie pensent en priorité au bien-être de leurs populations, cessent toute querelle et mettent tout en oeuvre pour secourir les habitants de la Syrie.

                J'aimerais prier pour que les soignants des ehpad trouvent en Dieu l'aide pour accepter de voir décéder les personnes dont ils s'occupent au quotidien.

    Ainsi que pour toutes les personnes qui se préparent à un sacrement et qui devront patienter pour recevoir un magnifique don de Dieu. Je pense particulièrement à notre jeune Chloé du caté qui attendait la nuit de Pâques avec joie pour recevoir le baptême.

     

     

                La Parole de Dieu.  Saint Jean 7/ 1 - … 30

     

    Attention ! Le texte que nous donne la liturgie est très découpé. J’ai choisi de commenter le chapitre tel que Jean l’a écrit pour garder la cohérence et de signaler ce qui est dans le texte liturgique d’aujourd’hui et ce qui n’y est pas.

     

    7/1-10 : Jésus ne circule plus en Judée car l’épisode de la guérison du paralytique et les discussions qui ont suivi ont été une véritable provocation. Le chapitre 6 (le discours sur le pain de vie donné à Capharnaüm quelques jours avant la Pâques de l’année 29) s’est déroulé tout entier en Galilée. Jésus qui « attend son Heure » se tient un peu éloigné de Jérusalem. Nous sommes en automne quelques temps avant la fêtes des Tentes, fête au cours de laquelle on se souvient de séjour au désert et on remercie pour les récoltes. C’est une fête très joyeuse et au temps du Christ, très messianique.

     

                Versets qui ne sont pas dans l’Evangile liturgique d’aujourd’hui

     

    v. 2-4 : la famille de Jésus (ses « frères », ses cousins, la fratrie) voient en ce pèlerinage d’automne l’occasion pour Jésus de s’affirmer en public comme Messie ! Qu’il cesse donc d’agir en secret ! Les « œuvres », c’est-à-dire quelques miracles retentissants enthousiasmeront les foules ! La famille pousse Jésus à la manifestation au peuple. « Manifeste-toi au monde »… v.4. C’est une tentation diabolique à nouveau ! C’est pourquoi Jean note : même ses frères ne croyaient pas en lui, c’est-à-dire pensaient à son sujet d’un point de vue humain et promotionnel.

                Note : on peut avoir là aussi une interprétation du geste de Judas. Livrer Jésus pour l’obliger à se manifester comme Messie.

     

    v. 6-9 : Jésus refuse une telle position et il s’explique :

    - il n’est pas venu pour un succès de publicité

    - Jésus établit une comparaison entre la manière du monde à considérer le temps et sa manière à Lui de vivre son temps :

             le temps selon les  hommes est d’être « toujours prêts » à faire quelque chose et n’importe quoi, à chercher la Gloire si bien que les contemporains qui se reconnaissent dans cette manière de faire,  ne peuvent les haïr. Leur temps à eux, est de faire ce qui leur plaît !!  

                Son temps à Lui est celui du Dessein de Dieu et son action est pour révéler la vérité et les œuvres mauvaises ! Toute sa vie renvoie au Père, à la volonté du Père, au rythme du Père, aux étapes voulues par le Père.

     

             Reprise des versets de la liturgie.

    v. 10 : Alors,  Jésus envoie les siens à la fête et lui déclare qu’il ne monte pas à cette fête… en tout cas, son temps n’est pas encore accompli. Il  demeure encore quelques jours en Galilée… et il monte seul quelques jours plus tard, comme en secret.

     

                Versets qui ne sont pas dans l’Evangile liturgique d’aujourd’hui

    v. 11 - 13 : La foule attend Jésus ! On le cherche. La foule est divisée : certains le trouvent bon, d’autres pensent qu’il égare la foule. Mais tous cela se fait dans le secret… ce sont des « murmures » (v.12) seulement entre les gens, on parle à mi-voix, en regardant autour de soi  (v. 13) par peur des juifs c’est-à-dire peur des chefs du peuple. Intéressant  à noter : quand Jean dit « juifs » il parle des chefs du peuple !

     

    v. 14 : tout à coup, au milieu de la fête qui durait 7 jours, Jésus apparaît dans le Temple et enseigne !

    v. 14 -36 : Jésus rencontre 3 contestations :

                1 - Contestation de sa doctrine 14-20

    Jésus connaît les Ecritures (les « Lettres » dit le texte: au sens propre du terme. Comme le texte biblique hébraïque ne comprend que les consonnes, il faut bien quelqu’un, - un maître – pour vous donner les voyelles, les lettres qui manquent !) sans avoir appris dans les écoles rabbiniques !

                Jésus répond… en aggravant son cas ! Ce qui surprend surtout, c’est son ton personnel : « MON enseignement »… c’est-à-dire dit Sr Jeanne d’Arc « un corps de doctrine unique  et cohérent » (note 16b).  Jésus ne se réfère jamais aux docteurs de la loi !... ni aux autorités d’Israël !

                Et aujourd’hui il ajoute qu’il reçoit son enseignement directement de Dieu qu’il appelle son Père (16-18)

                Et la vérification de son enseignement n’est possible qu’à celui qui veut faire la volonté de Dieu. (17).

                Enfin son désintéressement est total (18).

     

    v. 19-21 : Voilà que Jésus reprend l’initiative provoque son auditoire.

                Moïse vous a donné la loi… et vous ne la pratiquez pas ! Mais moi, vous cherchez à me tuer ! La foule répond en démentant : qui cherche à te tuer ? Tu as un démon. Tu es fou ! Et Jésus en réposne revient sur la guérison du paralytique du chapitre 5 à Béthesda ou Bézatha.

     

                2 - Contestation de ses œuvres (21-26)

    v. 21 : Jésus revient le miracle de Bezatha… (5/1-18) Il le fait par allusion. «  Une seule œuvre j’ai faite »… mais un jour de sabbat !!!

    v. 22-23 : Et Jésus discute à la rabbinique dans un raisonnement fort : on peut circoncire le jour du sabbat sans enfreindre le sabbat. L’incise – la circoncision remonte aux Pères et pas à Moïse a pour but de corriger la place disproportionnée que les juifs donnent à Moïse - « Et moi je guéris un homme tout entier » (23) et je n’ai pas le droit !

    v. 24 : conclusion : Vous ne jugez que sur les apparences !

     

                Reprise du texte liturgique d’aujourd’hui

    v. 25-26 : les réactions de la foule.. une sorte de micro-trottoir si utilisé par les journalistes aujourd’hui ! : Interrogations diverses du peuple… Les autorités auraient-elles reconnu en lui le Messie ? On sent bien que les gens n’attendent que cela !! C’est le suspens.

                3 - Contestation de ses origines (27-36)

    v. 27 : C’est la foule qui lance la question : pourtant, ce n’est pas possible qu’il soit le Messie car nous savons d’où il est alors que le Messie, on ne saura pas !

    v. 28 - 29 : Jésus répond du tac au tac : « il crie » même dit le texet… sans doute parce qu’il faut dominer le brouhaha de la foule.

                Sa réponse commence par un étonnement amusé : « Ah !vous savez QUI je suis et d’OU je viens… 

                Puis la réponse vient fermement : « Je ne suis pas venu de moi même… je viens de Dieu et je sais qui il est. C’est lui qui m’a envoyé. Mais comme tout bon juif Jésus, pour ne pas nommer Dieu,  fait une périphrase « IL » ou « Celui qui m’a donné mission » ou « Celui qui m’a envoyé ».

                Le drame du peuple, c’est d’être trop loin de Dieu – par sa faute et par la faute de ses chefs qui l’égarent - pour discerner l’envoyé de Dieu qu’il attend !

     

    v. 30 : Devant cette prétention divine, la réaction est immédiate :

    « Ils cherchaient donc à l’arrêter » … qui sont ces « ils » ? les pharisiens ? les chefs des prêtres ? On ne sait. Cela n’intéresse pas Jean qui met l’accent sur la suite : « mais personne ne jette la main sur lui : son heure n’est pas encore venue ».

                L’ « heure » : « Depuis le temps des prophètes, écrit la Sr Jeanne s’Arc en la note 30c, l’ »heure » marque les étapes décisives de l’histoire du salut : l’heure messianique et l’heure eschatologique (= de la fin des temps et de l’avènement des temps nouveaux). Pour Jésus, c’est le temps de l’accomplissement de sa mission qui passe par la Passion pour aboutir à la Résurrection. Sa souffrance débouche sur une vie nouvelle ; le mot heure marque l’accomplissement du plan de Dieu. »

     

     

     

    Et pour nous ?

    - Comment vivre notre temps ? Son rythme est-il seulement celui de la routine quotidienne, des habitudes .. ? Celui des loisirs – voyages, sorties, …- que je vais prendre comme on dit aujourd’hui qu’on travaille pour ses loisirs… ? Est-ce le temps rythmé par le temps de Dieu, celui de l’année liturgique avec toutes ses nuances, c’est-à-dire l’année de l’œuvre de Dieu, avec le rythme quotidien de la prière ? Cela n’empêche as d’avoir de bonnes habitudes, et d’aimer les voyages. Mais où est la structure de mon temps ? Est-elle à Dieu ? ou à moi ? « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » dit Jésus en Mt 6/21

     

    - Prendre le temps de reprendre les réponses de Jésus, d’y faire vraiment attention, de les réfléchir et de contempler Jésus avec elles.

     

    L'esplanade du templeP2100163.JPG

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 26 mars

    Comment prier (CLIC)

                Bien chers amis,

     

                Le Seigneur est celui qui nous invite chaque soir à s’unir à Lui dans son offrande et son intercession auprès du Père. C’est Lui l’Unique prêtre en qui notre baptême nous a unis, en faisant de nous un peuple sacerdotal. Le ministre est celui qui, en agissant au nom du Christ Tête et Source de l’Eglise, rend présent le Christ dans sa Pâque à laquelle nous pouvons nous unir vraiment par notre communion, même spirituelle en ce moment et accomplir notre mission de prière au coeur du monde et pour son salut.

                                       Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

    Intentions de prière des paroissiens : Prions ce soir pour les personnes isolées, dans la précarité, qui ne peuvent être entourées, aidées.
    Pour les mourants, les agonisants. À défaut de leurs familles, des soignants débordés, que toi Seigneur tu te fasses proche et les consoles.
    Je rends grâce pour les initiatives et gestes d'entraide qui voient le jour ici et là un peu partout envers les plus démunis , mais aussi à notre niveau , les uns envers les autres...

    Seigneur , éclaire et unis tous les chercheurs de toutes les nations pour qu'ils trouvent et apportent un remède au fléau qui frappe notre monde , nous t'en prions .
    Dans ton amour Seigneur , réunis tes enfants dispersés et donne nous ta Paix , nous t'en prions.

     

     

                La Parole de Dieu. Saint Jean 5/ 31- 47

     

                Comme souvent dans l’Evangile de Saint Jean un miracle contesté est suivi d’une longue discussion de Jésus avec les pharisiens, devant le peuple. Chaque fois, Jésus y explicite son mystère, en termes voilés et clairs à la fois. Il est possible que Saint Jean ait mis dans ces discours, une partie des explications que Jésus donnait aux apôtres dans la grotte des enseignements du Mont des Oliviers. Il aurait tenu dans le groupe des apôtres le rôle du secrétaire que chaque groupe de disciples de rabbins avait et qui était chargé de garder par écrit les enseignements du maître. Ce qui expliquerait pourquoi nous n’avons pas ces discours dans les autres évangiles. Mais quand on y regarde de plus près, bien des éléments forts de ces discours sont dispersés dans l’enseignement de Jésus dans les Evangiles synoptiques mais à l’état « embryonnaire ».

     

                Résumé du discours de Jésus avant les versets d’aujourd’hui.[1]

     

     

    v. 17 : La controverse entre Jésus et les Juifs sur l’esplanade du Temple vient de ce que Jésus AGIT pendant le sabbat. Or l’homme doit se reposer le sabbat à l’image de Dieu qui se REPOSA de toute l’œuvre de création qu’il avait faite.

    Et Jésus déclare : « Mon Père jusqu’à présent œuvre et moi aussi j’œuvre ».

     

    Plusieurs éléments capitaux à noter : « Mon Père » c’est la première fois que Jésus prononce une telle phrase qui explicite un rapport personnel à Dieu… aucun  juif n’aurait osé dire cela. A la rigueur « notre Père » ou sous forme ne question « n’est-il pas ton père ? ». Jean montre la réaction immédiate de l’auditoire : v. 18. « il disait Dieu son propre Père se faisant lui-même l’égal de Dieu. » Et Jésus ajoute : « Mon Père œuvre tout le temps » : le repos de Dieu n’est pas vraiment possible sinon il n’y aurait plus rien ! Dieu crée à tout instant ! Et Jésus de même : crée à tout instant et recrée à tout instant ; Son œuvre est double en quelque sorte !

     

    v. 19-30 : Jésus précise ce que veut dire « être fils »

    v. 19-20 : « Le Fils ne fait rien de lui-même, il fait ce qu’il voit faire au Père…car le Père qui aime le fils, lui montre tout. » ; Le fils dépend entièrement du Père. Le Père confie tout au Fils. Telle se fait l’unité du Père et du Fils.Cela sera repris en conclusion au verset 30 avec un ajout : «  je ne cherche pas ma volonté à moi mais la volonté de elui qui m’a donné mission. 

             Et Jésus donne des exemples : v. 20-21 : exemple : le Père ressuscite et le fils aussi, il a ce pouvoir divin.[2]

                          

                Il faut savoir que tout autour du Temple et sur les collines avoisinantes, il y a des tombeaux ![3] Dans ce quartier où Jésus est, il est comme au milieu d’un cimetière entre les vieilles tombes du temps de David et celles que les riches se sont fait creuser pour leur mort !  On comprend mieux cette phrase « L’heure vient où ceux qui  sont dans les tombeaux… » quand on connaît l’environnement. v.25.

    v. 22 -23 et 29 : le Père a remis le jugement des hommes au Fils, à Jésus… comme dans le livre de Daniel en  12/2« Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. »

                On mesure la grandeur que Jésus évoque pour lui-même dans ces versets et la force de ce qui advient au vrai disciple : v. 23 : « les hommes doivent honorer le Fils comme ils honorent le Père. »   v. 24 : « celui qui entend la Parole de Jésus et qui y croit  est passé de la mort à la vie et a dépassé je jugement ! »

     

     

     

    Nous sommes prêts pour écouter les versets de Jésus aujourd’hui.

    Après avoir exprimer sa dignité de Fils, Jésus évoque ce qui témoigne en sa faveur, ce qui assure sa crédibilité.

     

    v. 31 – 47 : les témoignages qui accréditent Jésus et ses Paroles.

    v. 31-32 : Jésus n’a pas que son témoignage personnel pour se défendre…Ce qui serait nettement insuffisant. Jésus évoque alors d’autres témoins :

     

    v. 33-35 le témoignage de Jean baptiste… « dont je sais que son témoignage est vrai »

    Et d’ailleurs les juifs ont envoyé une délégation auprès de lui et il a témoigné de la vérité !  Les juifs ont  voulu se réjouir un moment sans le croire ! St Jean écrit : « vous avez voulu vous-même vous réjouir une heure à sa lumière » (v.32) une heure !  Mais Jean était  une« lampe » : Pourquoi ce mot ? en Sirac le sage 48/1, on lit à propos d’Elie : « Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une lampe. »

     

    v. 36  les œuvres que le Père m’a données d’accomplir.  Jésus évoque là  ses miracles, en particulier celui du paralytique mais aussi sans doute d’autres qui ne sont pas racontés  dans l’Evangile.

     

    v. 37-40 : la Voix du Père codifiée dans les Ecrits Saints

                Jésus ne dit pas « la Parole du Père » mais la « Voix ». On voit bien que nous ne sommes pas disciples d’un « écrit » mais de la Voix d’une Personne qui nous parle, voix dont le message est consigné par écrit pour être proclamé dans l’assemblée du peuple  comme on le fait à la messe à la suite de la synagogue et du temple ; cette voix est entendue personnellement par les prophètes : 1 Samuel 3/6 et ss/ « La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli…Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. »

     

                Mais pour Jésus, la maladie spirituelle des pharisiens est si grave qu’ils ne peuvent même plus lire en vérité les Ecrits qui sont témoignages rendus à Jésus : Le texte de St Jean dit : vous scrutez les Ecrits parce que vous pensez avoir en eux la vie éternelle. Or ils sont témoignants de moi » (v 39) La sœur Jeanne d’Arc commente : « Le grec est très fort : le participe qui est à l’aoriste, est intemporel : les Ecrits (= Moïse et la Torah (v.45) sont des témoins permanents. » (note 39c) Les pharisiens pensent être sauvés en restant dans l’application pratique de l’Ecrit alors que les Ecrits témoignent du Fils à écouter : « Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir le Vie »v. 40

                Et cette « maladie » pharisienne s’aggrave du fait qu’ils s’enferment non seulement dans la méditation de l’Ecrit au lieu de venir à Jésus mais en plus, ils sont enfermés dans un commentaire de l’Ecrit qui se réfère uniquement à des maîtres du passé, très honorés, qu’on se glorifie de citer au bon moment pour appuyer sa propre pensée ! (v. 44) Ils cherchent plus leur gloire et celle de leurs maîtres que celle du Dieu Vivant. La sœur Jeanne d’Arc écrit : « l’immense littérature juive honore sans se lasser les paroles des rabbins qui ont précédé. Jésus dit que telle n’est pas la voie de la foi. » (note 44b)

     

                Tout conduit Jésus à émettre un jugement sur sa génération résumée en une phrase sévère : « je vous connais, l’amour qui vient de Dieu[4] n’est pas en vous » ! v.42

                Et cela se manifeste ainsi : v. 41 - 47 

    - refus d’accueillir le Christ mais large accueil à tous les autres maîtres qui enseignent, parfois n’importe quoi ! Ils sont préférés au Fils (43)

    - incapacité de croire car on se mesure sans cesse les uns aux autres, tués  par le regard mutuel mimétique. (v 44)

    - toute la Torah et Moïse en premier accusent  le peuple d’infidélité (45-47)

     

     

    Et nous ?

    Nous devons être très modestes !

                Nous pouvons très bien comme les contemporains de Jésus préférer nos habitudes et nos conforts de pensée à l’écoute dérangeante du Christ qui parle. La phrase assassine qui est la nôtre devant une difficulté : « Jésus ne demande pas cela, Jésus ne dit pas cela… » et on trouve toutes sortes de bonnes raisons pour atténuer la parole du Maître… soit dans les exigences morales soit dans les conversions intellectuelles que la foi exige. Les paroles de Jésus ne sont pas soumises à l’approbation de notre raison ou de notre pensée morale : c’est l’inverse ! Ce sont SES paroles à LUI qui s’imposent à notre raison et à notre morale.

                Quant à la « Gloire tirée les uns des autres », ce n’est rien d‘autre qu’une forme de respect humain, la volonté de paraître libre, autonome, « on ne me la fait pas à moi » qui sent si bon son français et ses repas ou rencontres où il ne faut pas paraître «en être encore à ce point ».

      

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    1 – maquette de la ville de Jérusalem au temps de Jésus : nous avons devant nous l’esplanade du Temple et au milieu le Temple. La discussion de Jésus avec les pharisiens a lieu soit sur l’esplanade soit sous un des portiques qui entourent toute l’esplanade. La porte qui est devant vous est la Porte Dorée c’est-à-dire de l’Orient, elle reçoit le soleil levant.

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    2 – La même porte,  en réalité,  aujourd’hui  avec tous les tombeaux tout près pour entrer les premiers dans la Jérusalem de la fin des temps.

    Photos Yvette Jacques.

     

    [1] v. 17-30 que nous n’avons pas lus hier en raison de la fête de l’Annonciation.

    [2] Cette affirmation est développée en v. 25-29… où est développé le thème de la Résurrection : résurrection de ceux qui ont fait le bien, résurrection de vie ; résurrection de ceux qui ont fait le mal, résurrection de jugement v 29.

     

    [3] Dans l’AncienTestament, Seul Dieu peut relever les morts ; voici quelques citations : Dt 32/39, « pas d’autre dieu que moi ; c’est moi qui fais mourir et vivre », 1 Sam 2/6 : « Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène », 2 R 5/7 :  « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? » et Sg 16/13 : «Toi, tu as pouvoir sur la vie et sur la mort, tu fais descendre aux portes des enfers, et tu en ramènes. »

                Mais aussi Daniel 7/13-14 et 22. Là, pour une unique fois,  un « Fils d’homme » est associé à Dieu « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite… jusqu’à la venue du Vieillard qui avait prononcé le jugement en faveur des saints du Très-Haut, et le temps était arrivé où les saints avaient pris possession de la royauté. »

     

    [4] La construction grammaticale est claire : c’est un génitif qui exprime l’origine. Sr J d’Arc note 42b

  • 18H messe de « la paroisse invisible » 25 mars

    Annonciation

    N'oubliez pas ! illuminons l'Annonciation ce soir à 19h30

     

                Bien chers amis,

    Nous avons à lire le récit de l’Annonciation.

    Prenez le temps de lire lentement ce texte et son commentaire.

    Le texte est d’une telle richesse qu’on ne peut jamais la donner en homélie mais, là, par écrit et avec le temps, on peut le faire.

    J’en profite aujourdhui !!!!

    Profitez-en aussi… vous avez du temps : plongez-vous dans ce texte. C’est une occasion peut-être unique de le faire

    Et réjouissez-vous : le même Christ vient habiter ne vous comme en Marie par l’eucharistie et la communion spirituelle.

                                       Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

    Intentions de prière des paroissiens : Seigneur, nous te confions nos frères chrétiens de Terre Sainte. Les restrictions imposées par l'autorité israélienne pour contenir la contagion du coronavirus sont toujours de plus en plus sévères et tous les pèlerinages sont annulés.Nous te prions pour tous les malades, les personnels soignants, les infirmiers, les médecins et les personnes qui souffrent dans ce pays où Notre Seigneur a vaincu la souffrance, le Mal et la mort sur la croix.

    Prions avec ferveur pour la conversion de notre pauvre France si malmenée. Puisse cette lourde épreuve lui redonner le sens de Dieu et l'aider à retrouver sa Foi.

     

    VOICI LA DEMEURE DE DIEU PARMI LES HOMMES

    MARIE, TERRE ADMIRABLE, TERRE DE LA PROMESSE

    MERE DE L’EMMANUEL

     

    L’Ange du Seigneur fut envoyé à Marie

    Et la Vierge fut éblouie par la Lumière.

    Ecoute, Marie, Vierge du Christ :

    Tu concevras et tu enfanteras un fils ;

    Tu es le Paradis nouveau et la Terre Promise

    En toi le Soleil a établi sa demeure.

     

    Le Seigneur ta regardée dans Son Amour ;

    Reçois la Parole que par l’Ange Il t’envoie.

    Il vient vers nous, Dieu véritable

    Il revêt dans ton sein la chair du premier Adam

    Engendré par le Père et Né dans le temps,

    Dieu et homme, Lumière de vie, le Créateur du monde.

     

     

    EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON ST LUC

    ICI

     

                Nous avons, dans le 1er chapitre de St Luc, deux annonciations : une à Zacharie dans le Temple de Jérusalem, une en Galilée, à Marie, dans sa maison.[1] Nous allons comparer ces deux récits bien différents et les différences éclairent chacun.

     

    1 - Les deux « annonciations »

                Voyons les différences : Pour l’annonce à Zacharie (1/5-10), nous avons une longue présentation des parents, Zacharie et d’Elisabeth, et des circonstances : longue attente sans enfant, stérilité malgré leur fidèle pratique de la Loi. Nous sommes à Jérusalem, au milieu de la foule, dans le Temple, au cœur même d’Israël et Jean Baptiste est ainsi rattaché à l’ordre de la liturgie et de la Loi anciennes. L’insistance sur l’origine sacerdotale des deux parents souligne fortement le lien entre Jean Baptiste et l’Ancien Testament.

     

                A l’annonce à Nazareth, tout est calme, d’un calme impressionnant, silencieux. Pour présenter Marie, le strict minimum (1/26-27.) On ne sait rien de sa famille (alors que nous savons qu’Elisabeth est de la famille prestigieuse d’Aaron). Pour Marie, l’insistance est plutôt sur le contraste entre virginité et maternité (v 27: le texte dit « à une vierge mariée », comme en 2/5).  De plus, nous sommes à Nazareth, un village perdu, des tribus du Nord, jamais cité dans la Bible. C’est le bas monde !

               

                L’annonce de la naissance de Jean est une réponse à la prière des deux parents (v.13. C’est tout l’Ancien Testament qui monte à travers eux, vers Dieu ! : des prêtres, des justes, leur prière. C’est la terre qui demande au ciel. Leur stérilité est symbolique de celle de l’Ancienne Alliance qui n’aboutit pas depuis de longs siècles, depuis le retour de l’Exil à Babylone

     

                Pour Marie au contraire, pas de demande de l’homme. C’est Dieu qui intervient,  c’est une IRRUPTION de Dieu dans l’histoire des hommes, un COMMENCEMENT ABSOLU : on part du ciel et non pas des parents. Marie n’a rien demandé, l’initiative est totalement de Dieu : la structure même du texte du v. 26 le montre : « au sixième mois  fut envoyé par Dieu l’Ange ». En agissant ainsi d’une manière aussi absolue, Dieu montre qu’il a l’initiative et qu’il fait du totalement neuf : Marie n’est pas rattachée à l’Ancien Testament par sa famille; sa virginité montre qu’elle est offerte à toute nouveauté divine; elle est le symbole de la Nouvelle Alliance. C’est Dieu qui vient au-devant de l’homme !  Le salut ne vient que de la grâce de Dieu.

     

    2 - la salutation de l’ange :

                Le contraste est frappant. Pour Zacharie, la salutation ressemble à toutes celles de l’Ancien Testament quand un ange visite les hommes pour leur donner un message de la part de Dieu. (Exemples de Samson (Livre des Juges 13/2-7 ou Gédéon Juges 6/11-13)).

     

                Pour Marie, tout est différent: Marie est passive. Elle reçoit un NOUVEAU NOM « Pleine de grâce ou comblée de grâce» : c’est le nom nouveau que l’Ange lui donne… et qui la surprend.

     

                C’est une forme de verbe rare : un participe parfait passif. « Il s’agit de la faveur ( grâce) singulière de Dieupour Marie, de son amour royal ; et le parfait passif marque que cette faveur a été accordée par Dieu depuis toujours et qu’elle demeure à jamais. Marie est l’élue du Seigneur, la Bien Aimée du Roi. »[2]          

                Ce mot revient une autre fois dans le Nouveau Testament, en Ephésiens 1/6, pour parler de la grâce qui NOUS est faite dans le Fils bien aimé.

     

               Il y a tout de même presque un parallèle dans Ancien Testament : en Daniel 9/23, l’ange Gabriel (qui apparaît déjà en Daniel 8/16 et 9/21) vient au devant de Daniel et lui dit : « Une parole est sortie et je suis venu pour te la faire connaître car tu es un homme objet de la faveur de Dieu. ». Ce n’est pas le même mot[3] mais le contexte est le même, celui de l’annonce de la délivrance d’Israël.[4] Pour Marie, cette grâce l’enveloppe totalement, avant sa naissance (comme il est dit aussi un peu à Jérémie[5]), pendant sa vie et éternellement.

     

    3 - le contenu du message

                Evidemment la différence entre les deux messages saute aux yeux :

                Pour Zacharie, le message concerne l’annonce de l’enfantement d’Elisabeth ;  l’enfant qui va naître sera un « consacré »[6] ; l’ange donne son régime alimentaire (v.15),  il aura une mission précise (16-17) ; ce sera un prophète dans l’esprit d’Elie selon la prophétie de Malachie 3/1. On dit ce Jean FERA. De plus cet enfant causera la joie de ses parents et de beaucoup en Israël (14-15). Quelle que soit la grandeur de Jean Baptiste (elle est signalée au v.15), il est un homme simplement, un prophète.  « Il sera grand » c’est le point commun entre Jean (v15) et Jésus (v.32)

     

                Pour Marie : l’annonce de la conception par l’Ange cite la prophétie d’Isaïe 7/14 [7] Puis suit une compilation des prophéties messianiques : Paumes 2/2; 2 Samuel 7/12 et suivants, Isaïe 9/7; Daniel  7/13. On dit davantage ce que SERA Jésus. Et l’humanité de Jésus n’a pas besoin de régime alimentaire ou de genre de vie spéciaux !

     

    A ce niveau du récit, l’enfant à naître sera le Messie attendu, descendant de David, chargé d’établir définitivement le règne de Dieu. C’est celui qu’une grande partie du  judaïsme attend.

     

    4 - la réaction et la réponse de l’Ange :

                Zacharie demande un signe pour croire !  Marie croit mais demande comment cela va se passer.  Zacharie est donc sanctionné pour son manque de foi, un peu fermement ! Bien voir au v 18 «  je suis un vieillard » et la réplique de l’ange au v 19 « et moi je suis Gabriel » ! Un signe lui sera accordé, il sera muet, il n’aura plus accès à la parole puisqu’il n’a pas cru à la Parole.

                L’ange, en revanche,  répond à la question de Marie :

                D’abord la question: « comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’homme. » En langage sémitique, cela veut dire qu’elle n’a pas encore de relations conjugales puisqu’elle est mariée à Joseph, un descendant de David mais qu’ils ne vivent pas encore ensemble.  

                La réponse de l’Ange : L’Ange va donner au vieux titre royal et messianique sa signification nouvelle, sa PLENITUDE : c’est le verset 35 : L’enfant sera saint, c’est-à-dire divin. « Il sera Fils de Dieu » et son messianisme, né et pris dans l’Esprit Saint, sera spirituel. Aussi le titre de Fils de Dieu connu de l’Ancien Testament prend dans ce texte une plénitude inconnue de l’Ancien Testament. C’est une nouveauté totale.

     

                Il faut aussi souligner le parallèle avec Ex 40/34 pour mesurer l’ampleur de ce qui est dit à Marie « La nuée couvrit la tente du Rendez-vous et la Gloire du Seigneur emplit la Demeure. »  On a pratiquement les mêmes mots : Marie est la nouvelle Arche d’Alliance, couverte comme la tente de la Nuée – « La puissance du Très haut t’obombrera » dit St Luc - et la Gloire emplit Marie.

     

                En même temps, dans l’Exode il n’y a pas mention de l’Esprit Saint ! L’Esprit Saint éveille Marie à sa maternité dans la ligne même du propos de virginité qu’elle a opposé en 1/34 : Vierge pour être toute à Dieu, totalement.... La voilà vraiment toute à Dieu, puisque Mère de Dieu. L’Esprit créateur qui a fait naître la vie aux origines, fera naître la vie en Marie.

     

                A ce niveau de réponse, nous savons que le Messie davidique attendu sera en même temps Dieu venu parmi les siens comme toute l’eschatologie[8] juive l’attendait. Les prophètes annonçaient la venue du Messie et la venue de Dieu :  L’Annonciation nous révèle que c’est une même et seule venue.

               

                Ensuite, sans que Marie n’ait rien demandé, l’ange lui donne un signe : l’attente d’une naissance chez Elisabeth. Et Le tout se termine par une affirmation  nette : v 37 « Rien n’est impossible à Dieu », citation presque mot pour mot de Genèse 18/14 lors de l’annonce de la naissance d’Isaac à Abraham et à Sarah. La boucle est bouclée : on revient à la promesse faite à Abraham ! Jésus est le Fils de la promesse !

     

                On pense immédiatement à St Jean où Jésus déclare : « Abraham exulta à la pensée qu’il verrait mon jour. Il l’a vu et fut dans la joie. » (Jean 8/56). Ou au commentaire de St Paul : « C’est à Abraham que les promesses furent adressées et à sa descendance; l’Ecriture ne dit pas : et aux descendants comme s’il s’agissait de plusieurs; elle n’en désigne qu’un : et à TA descendance, c’est-à-dire le Christ. »(Ga.3/16)

     

                Le message de l’Ange reprend souvent des paroles de l’Ancien Testament montrant comment le Seigneur réalise les promesses qu’il a faites. On a déjà vu cela avec l’Exode et la nuée. En voici d’autres :

    v 28 Réjouis toi, comblée de grâce le Seigneur est avec toi

    So 3/14-17 Réjouis toi fille de Sion, le Seigneur, Roi d’Israël est en toi .....

    v30 Ne crains pas Marie, tu as trouvé grâce auprès de Dieu

    .... Ne crains pas Sion, Le Seigneur ton Dieu est en ton sein, Héros qui sauve

    v 31 Tu concevras....

    Is 7/14 La Vierge concevra...

    v 32 Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père...

    2 Sam 7 je serai pour lui un père...ton trône sera ferme à jamais

    v 33 il régnera pour toujours... et Is 9/5-6 : un fils nous est donné, étendu est l’empire pour le trône de David. 

    5 - la réponse de Marie :

                Deux expressions la désignent: au commencement de la part de Dieu, « comblée de grâce » et à la fin, sur ses lèvres, « la servante du Seigneur ». Dieu lui demande d’être la mère du Messie qui est le Fils de Dieu. « De son acceptation dépend le salut des hommes. Elle accepte et engage par là le destin de toute l’humanité qu’elle représente ainsi réellement devant Dieu. » [9]

                St Luc nous montre que Marie assume ce rôle décisif au centre de l’histoire d’une manière tout à fait exceptionnelle : elle maîtrise parfaitement la situation, sans affolement, sans protestation inutile, sans fausse humilité, sans doute, avec réalisme posant les questions qui conviennent et acquiesçant sans un moment d’hésitation ! Elle accepte d’être aimée de Dieu et d’être choisie pour une mission particulière, exceptionnelle....

                Elle ne fait pas de manière. Notons les différences : Sarah doute et rit ; Anne la mère de Samuel pleure et se lamente ; la mère de Samson s’affole et croit qu’elle va mourir parce qu’elle a vu un Ange. Marie, elle, est vraiment « comblée de grâce » : cela se voit ! Une parfaite unité de l’être, une parfaite maîtrise, une docilité à Dieu, une paix profonde, une grande sagesse... une parfaite liberté. Voilà la parfaite humanité dans la grâce, par grâce de Dieu anticipée comme l’enseigne le dogme de l’Immaculée Conception.

               

                Une dernière remarque : Souvent on se demande qu’est-ce que Marie a su du mystère de son Fils à l’Annonciation ? Mais poser cette question équivaut de nos jours à douter !

                Voici ce je réponds :

                - La présence d’un Ange et non une théophanie (manifestation directe de Dieu) montre que Marie est laissée dans l’ombre de la foi comme nous.

                - Le message de l’Ange est un bouquet de citations de l’Ancien Testament, que Marie connaît, médite et comprend, elle qui est familière de la Bible comme tout croyant biblique.

                - De plus, le message est progressif et Marie est conduite avec pédagogie à la révélation du mystère du Christ, Fils de Dieu. Marie a dû connaître d’autres étapes dans la compréhension progressive du mystère de son Fils. Dans toute la Bible, chaque serviteur de Dieu reçoit, dans sa vocation, l’information nécessaire à sa mission. Dieu ne méprise pas ses serviteurs au point d’en faire des esclaves qui ignorent ce qu’ils font ou ont à dire Cette révélation est forcément limitée et progressive en raison de l’esprit humain, pour Marie comme pour nous, tout arrive dans le temps et la maturation. St Luc nous montre Marie comprenant et méditant le mystère tout au long de sa vie, inventoriant et découvrant dans la foi et la fidélité, tout ce que l’illumination de l’Annonciation lui avait donné.

                - Elle a dû se fonder toute entière sur cette Parole de l’Annonciation, le fondement de sa vie, … et même au calvaire où tout ce qui lui fut annoncé, semble démenti, elle croit.

     

    VOICI LA DEMEURE DE DIEU PARMI LES HOMMES

    MARIE, TERRE ADMIRABLE, TERRE DE LA PROMESSE

    MERE DE L’EMMANUEL

     

    Réjouissez-vous avec moi, bien aimés du Seigneur,

    Mon cœur est devenu le temple de Dieu

    Il s’est penché sur on humble servante.

    Il a fait de mon sein la porte du Ciel !`

    En moi, Il a pris chair, le Fils Unique du Père

    Jésus, le plus beau des enfants des hommes.

     

    Les lieux où s’est passée l’Annonciation.

     

     

    1 – Dans la crypte de la basilique de l’Annonciation, à Nazareth, se trouve la grotte qui était sous la maison de Marie avec l’escalier au fond, derrière l’autel.

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    2 – Sur un des murs de cette grotte au milieu de dizaines d’autres, se trouve ce beau graffiti, des années 60-70 de notre ère qui reprend en grec les premiers mots de la salutation de l’Ange : « Chairé Maria », » Rejouis-toi marie. »

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    [1] Pour les orthodoxes, l’ange a parlé à Marie à l’unique fontaine du village qui coule toujours dans l’église St Gabriel à Nazareth. Pour les catholiques, l’ange est apparu à Marie dans sa maison ; une légende de Nazareth réconcilie les deux : l’ange est apparu à Marie à la fontaine et lui a dit : « Viens à la maison j’ai quelques chose à te dire. »

    [2] Commentaire de l’Evangile selon St Luc du P. Augustin Georges p. 435. Voir aussi Cahier Evangile du même auteur. N° 5. 1973

    [3] Dans le texte grec de Daniel c’est éleïnos)

    [4] Autre clin d’œil biblique : Il y a dans Daniel l’annonce faite à Daniel, l’affirmation d’un délai entre l’annonce et la réalisation de la délivrance: 70 semaines. Or de l’annonce à Zacharie à la présentation au temple, il y a 70 semaines.

    [5] Dieu dit à Jérémie en 1/5 : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. »

    [6]  Nazir en hébreu. voir Juges 13/4-5.

    [7] L’ange cite le passage d’Isaïe selon la traduction grecque de la Bible en remplaçant le dernier mot -Emmanuel / Dieu avec nous, cité déjà au v. 28 par « le Seigneur est avec toi » - par JÉSUS.

    [8] L’eschatologie, c’est l’attente de la fin des temps dans la venue du Royaume de Dieu.

    [9] George p. 439

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 24 mars

                Bien chers amis,

     

                « Unis par le même Esprit nous osons prier ensemble » : cette introduction à la prière du Notre Père nous convient bien en ce moment à nous qui prions ensemble dans noter isolement ! Quelle catéchèse pratique, quotidienne, qui nous révèle ce qui se passe sans cesse, à chaque instant, dans l’Eglise et dans la communion des saints, tous unis dans le Christ par l’Esprit Saint et tournés, en Christ, vers le Père avec les Anges. Voilà l’Eglise !

                                       Avec mon amitié.

     

                Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

                Intentions de prière des paroissiens :

    Nous te prions pour les soignants, qu’ils continuent à se battre pour sauver des vies, sans perdre force et courage.

    Nous te prions pour toutes les familles confinées, surtout celles qui vivent dans l’exiguïté et la promiscuité, aide les dépasser leurs  tensions et leurs difficultés liées à l’enfermement.

    Permets à chacun, Seigneur, de te découvrir et d’avancer dans la foi à travers cette épreuve que no traversons tous. Seigneur nous t’en prions.

    Comme le suggère une paroissienne, aujourd’hui tout particulièrement, confions au Seigneur tous ceux qui font la manche aux portes de nos églises et à tous les SDF. En cette période de confinement, confions aussi toutes les familles qui connaissent la maltraitance et sont prisonnières d'addictions de toutes sortes.

     

    Chers amis,

    nous poursuivons notre chemin avec le Christ dans l’Evangile de St Jean.

     

     

    VOUS TOUS QUI ÊTES NÉS DE L’EAU ET DE L’ESPRIT

    C’EST PAR LA CROIX DU CHRIST QUE VOUS ÊTES SAUVÉS !

     

    Voici venir le Jour de l’Alliance nouvelle

    Jésus et ses disciples montent à Jérusalem

    Le Fils de l’homme sera livré aux mains des pécheurs

    Mais le troisième jour, Il ressuscitera.

     

     

    Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean

     

    La Parole de Dieu : Saint Jean 5/1-16           

    Encore l’eau !

     

                Au chapitre 3, Nicodème est venu à Jésus de nuit… et il a appris « qu’il fallait renaître de l’eau et de l’Esprit ». Au chapitre 4, le Seigneur Jésus attendait au puits de Sychar pour répondre au besoin de la femme samaritaine et Jésus lui a parlé de « l’Eau Vive qui jaillirait en source pour la vie éternelle ».

                Ici le Seigneur Jésus se rend dans le quartier de Béthesda. (connu par un texte de Qumran, en araméen dans une version qui signifie « Maison des deux bassins ».) Ce quartier n’est pas dans les remparts à l’époque de Jésus et le quartier est mal famé !

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    Voici le quartier. A gauche, le mur de l’esplanade du Temple. Au centre le quartier en chantier. On voit les deux bassins et leurs portiques. Et derrière – non représenté sur la maquette – le petit temple d’Esculape. (Maquette de la ville de Jérusalem au temps de Jésus. Muée d’Israël. Photo : Yvette Jacques.

     

    Premier acte : 1 - 8

    – Où sommes-nous ?  Au réservoir de Béthesda     

    Le chapitre commence par la mention de la fête des Juifs. Quelle fête ? Schein émet l’hypothèse qu’il s’agit de Souccoth[1] en raison de la place de l’eau dans l’épisode (eau très importante à la fête de Souccoth)

    Le lieu nous est décrit par St Jean : près de la porte des brebis, construite par Néhémie (3/1 et 12/39) : « 1 Eliaschib, le Grand Prêtre, se leva avec ses frères, les prêtres, et ils bâtirent la porte des brebis. Ils la consacrèrent et en posèrent les battants; ils la consacrèrent, depuis la tour de Méa jusqu'à la tour de Hananeel ».

    Cette Porte est  en face de la montagne des Oliviers, à côté du Temple: c’est la porte par laquelle, jadis, on amenait les troupeaux, pour paître sur la montagne des Oliviers. (Aujourd'hui cette porte s'appelle la porte des lions, ou la porte de St. Étienne).

    Derrière cette porte, à quelques cent mètres, deux grands réservoirs (55m sur 44 m et 19 m de profondeur) creusés dans le roc, de forme trapézoïdale séparés par une digue de 6, 50 m de large sous le pontificat de Simon fils d’Onias 200 av JC contiennent pour l’eau des ablutions. Du temps du Christ ces bassins sont désaffectés, seulement remplis d’eau de pluie au profit d’un bassin plus grand au Sud, Birket Israël, construite par les Romains. On voit encore en partie ces grands bassins en ruines.

     

    Mais près des bassins : dans des grottes qui existaient au temps du Christ et furent  aménagées, peu après le Christ, sous Hadrien, des bains peu profonds, auxquels on accède par quelques marches. C’est un temple païen dédié à Esculape !... fréquenté par des malades et des bien portants… comme ces juifs rigoureux qui reprocheront au malade de porter son brancard ! La méditation biblique du serpent d’airain « facilite » le passage au culte du serpent ! Mais c’est tout de même inouï, nous sommes à 100 m du Temple. Et Jésus y va !

     

    « Esculape est l’équivalent romain du dieu grec de la médecine Asclepios. Ce fut en 291 av. J.-C., après une de ces pestes terribles qui servaient souvent d'occasion pour la pratique de religions nouvelles, que les livres sibyllins conseillèrent de chercher Esculape à Épidaure pour l'amener à Rome. On envoya une ambassade en Épire, et, selon la légende, quand les envoyés eurent été introduits dans le temple, le serpent sacré d'Esculape se mit de lui-même en marche, et les accompagna jusqu'à leur vaisseau. Les Romains, une fois instruits des cérémonies du culte, emmenèrent à Rome cet animal, qu'on regardait comme le génie d'Esculape. » (Imago mundi encyclopédie en ligne)

     Certains pensent que le serpent d’airain (ramené du désert où il avait été dressé par Moïse voir livre des Nombres (21/4 …) avait été brisé et jeté là car il commençait à devenir un objet de culte pour les juifs !

    « Un culte à ce totem était pratiqué dans le temple de Jérusalem jusqu'au règne du roi Ézéchias, (2 Rois 18/3-5) qui, en réformant les cultes afin de débarrasser Juda de ses idoles « fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles, et mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël avaient jusqu'alors brûlé des parfums devant lui : on l'appelait Nehoushtan » (Wikipédia)

    Cassé en deux par Ezéchias et laissé là, il avait donné lieu à la création d‘un centre à Esculape !...  à 100 m du temple !

    Dans ces grottes aménagées se trouvait une multitude de malades : des infirmes dans l'impossibilité de se mouvoir, des aveugles incapables de se diriger, des boiteux à la marche incertaine, des paralysés, « desséchés » dit le texte (St Jn v. 3) !      

     

    Le fameux verset 4 :   Il a disparu des évangiles actuels !   En voici le teste : «  Car l’ange du Seigneur descendait par moments dans la piscine et agitait l’eau : le premier alors à y entrer après que l’eau a été agitée, se trouvait sain quel que fut son mal. » Ce verset 4 prépare la réponse du paralytique au verset 7. Ce verset 4 est connu par toute la tradition latine de commentaires et citations concernant le chapitre 5 de Jean, la première référence étant chez Tertullien et Tatien en 170 !  Mais Boismard en a nié l’authenticité, une glose postérieure paraît-il ! Les études actuelles  montrent au contraire que c’est la version latine qui est authentique et que ce sont les versions grecques de l’Evangile de St Jean qui ont supprimé ce verset à cause du culte à Sérapis et à Esculape ! Ce verset atteste la gêne juive devant ce temple d’Esculape et on tente d’expliquer bibliquement le phénomène guérisseur pour ne pas permettre qu’il soit attribué à Esculape !

     

    Tous les malades rassemblés en ce lieu attendaient le mouvement de l'eau dans le réservoir, espérant alors obtenir la guérison (v. 4).

     

    Que se passe-t-il ?

     

    Nous avons comme acteur de ce chapitre Jésus, un homme paralysé et plus loin les gens. Les disciples sont apparemment absents.

     

    v. 5 : « il y avait là un homme »…. Quel laconisme ! C’est l’homme en général… Gisant et passif. … mais aussi quel rustre !

    Cet homme : 38 ans paralysé… Jean pense tout de suite  au séjour des Hébreux au désert qui a duré  réellement 38 ans : 1 année pour se préparer à entrer en Terre Promise après la sortie d’Egypte, le refus d’entrée par le peuple sauf le groupe de Caleb et dont 38 ans de pérégrination pour que la génération pécheresse disparaisse : et c’est la 40ème  année qu’a lieu l’entrée du peuple en Terre Promise sous la direction de Josué comme le dit précisément Dt 2/14) : « Le temps que durèrent nos marches de Kadès-Barnéa au passage du torrent de Zéred fut de trente-huit ans, jusqu'à ce que toute la génération des hommes de guerre eût disparu du milieu du camp, comme l'Eternel le leur avait juré. »

    L’homme paralysé devient l’icône du peuple d’Israël paralysé en ses coutumes et multiples lois, qui ne peut plus bouger, qui est sans espérance en Dieu et qui ne demande rien à Jésus. Car ce paralysé ne demande rien à Jésus. C’est le Maître qui lui dit « veux-tu guérir ? »

     

    v. 6 : Jésus s'adresse à l’homme « étendu », il sait par lui-même qu’il y a longtemps qu’il est là : « Veux-tu être guéri ? »littéralement « veux-tu être sain ? »

    L’homme par lui-même n’a rien demandé ! Il ne sait pas qui est Jésus.

     

    v. 7 : Sa réponse montre tout son désarroi, son découragement. Il n'a plus d'espérance en qui que ce soit : « Je n'ai personne… » dit-il pour bénéficier du bouillonnement. L’homme n’a aucune force pour se sauver. C’est un des sens profond de cet épisode.

     

    v. 8 : Jésus dit à l'infirme : « Dresse-toi (un des verbes de la Résurrection Egeiré), prends ton brancard et marche ». Comme le dit le Ps 102/3 : « Dieu guérit toutes tes infirmités »… Ou à défaut, Dieu te rend libre au milieu de tes infirmités, il leur fait porter du fruit.

     

    v. 9 a : L'homme croit ce que Jésus vient de dire. Il se lève, il marche, il est aussitôt guéri. Comme autrefois l'Israélite dans le désert, mordu par le serpent, était instantanément guéri s'il regardait avec foi vers le serpent d'airain. Ce paralysé regarde Jésus, et tout est changé dans sa vie ! Et il part sans même chercher à retrouver Jésus ne serait-ce que pour dire merci !

    v. 9 c : Mais un drame se prépare ! La guérison a eu lieu dans un temple païen…mais surtout le jour du sabbat ! Drame !

     

     Deuxième acte : 10 – 16  dans le temple

     

    v. 10 : Les juifs se scandalisent d’une guérison le jour du sabbat mais eux sont pourtant présents eux aussi en ce lieu bien païen !!  !...  au lieu de se réjouir de la guérison de cet infirme ! qu’ils ont constaté de leurs propres yeux!

     

    v. 11-13 : La paralysé guéri sait répondre : « Celui qui m’a guéri » Il ne connaît pas le Christ et le miracle n’a rien éveillé en lui ! Et il ne sait pas quoi répondre !... et Jésus avait disparu dans la foule.

     

    v. 14 : C’est Jésus qui le retrouve – il l’a cherché lui ! - le paralysé dans le temple où il s’est rendu. Il en était exclu jusque là ! Et L’appel de Jésus est d’être sain aussi dans son âme en ne péchant plus… car l’état de pécheur est pire que l’état de malade. Jésus dira la même chose à la femme adultère : « Va, dorénavant ne pèche plus » (8 : 11).

    Le Christ nous délivre du péché pour que nous ne péchions plus ! Nous avons dans ces versets un résumé de toute l'œuvre du Seigneur Jésus :  Il est venu vers nous pour nous restaurer complètement, corps et âme. 

     

    SON ŒUVRE EST UNE RE-CRÉATION COMPLÈTE.

    Apparemment l’homme entend mais ne comprend rien … et même devant Jésus il ne dit pas merci et n’a pas le moindre sentiment de gratitude !... Cela ne nous arrive-t-il pas aussi ?

     

    v. 15-16 : Cette fois-ci, l’homme sait qui est son guérisseur et le dit aux juifs. Et cette révélation déclenche la première phase de la persécution de Jésus par ses contemporains, les responsables religieux de son peuple.

     

    VOUS TOUS QUI ÊTES NÉS DE L’EAU ET DE L’ESPRIT

    C’EST PAR LA CROIX DU CHRIST QUE VOUS ÊTES SAUVÉS !

     

    Voici venir le Jour de l’Alliance nouvelle

    Et toute chair naîtra de l’eau et de l’Esprit ;

    Le Seigneur gravera sa Loi au fond de notre être

    Et sur nos cœurs, Il l’écrira.

     

    L’Esprit l’Eau et le Sang[2]sont témoins du Seigneur

    Béni soit Dieu le Père qui nous appelle ses enfants

    Béni soit Jésus Christ qui nous a sauvés par son Sang

    Béni soit l’Esprit qui nous renouvelle par l’eau du baptême.

     

    [1] p. 81

    [2]  C’est de St Jean dans sa 1ère épitre : « L’Esprit qui repose sur le Christ au baptême dans l’eau du Jourdain annonçant le sang et l’eau du cœur du Christ sur la Croix et l’Esprit donné dans le dernier souffle de Jésus qui meurt en remettant l’Esprit Saint. »

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 23 mars

                Bien chers amis,

                Nous voilà regroupés « mystiquement » autour du Seigneur, dans une communion de désir qui est seule possible dans ces circonstances difficiles mais qui est efficace dans la grâce car nous sommes dans la main du Seigneur ressuscité et il nous touche, nous rejoint quand il veut, comme il veut … si nous le désirons. Le péché nous sépare de lui, le repentir sincère, le désir ardent de la communion nous unit à Lui.

                Célébrons donc ensemble le mystère pascal.

    Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle

    Intentions de prière des paroissiens

    Prions pour les personnes âgées en EHPAD, qui sont plus isolées que jamais.
 Prions pour les 130 000 Français retenus loin de chez eux.

    Prions le Seigneur, de donner force et courage à TOUT le personnel des hôpitaux , à TOUTES les personnes de santé , de sécurité du terrain.


    Prions le Seigneur de nous ouvrir toujours plus à la fraternité par nos pensées bienveillantes à nos proches, notre entourage.


    Donne-nous Seigneur de voir, d'entendre Ta Parole.

    
Nous te rendons grâce pour la présence de notre curé à nos cotés chaque jour 
" que Ta Volonté soit faite "

     

     

                Le saint du jour : Saint Toribio de Mogrovejo  est né le 16 novembre 1538 dans la Province de Léon en Espagne. Laïc encore, ce juriste devint, en 1572, président du Tribunal de l'Inquisition à Grenade, nommé par le roi  Philippe II. Huit ans plus tard, toujours laïc, il est nommé archevêque de Lima. Il reçoit la prêtrise et l’épiscopat et s’embarque pour son diocèse où il arrive le 24 mai 1581. Son diocèse est immense (= la moitié de la France) et tout de suite, Toribio le parcourt dans des conditions très difficiles (à pied, dans les tempêtes, les hautes montagnes, les animaux sauvages et les bandits). Il visite les communautés, s’occupe des indiens et prend leur défense devant les autorités du Roi d’Espagne dans le Nouveau Monde. Il est considéré comme un bienfaiteur des Indiens. Le clergé est peu nombreux et mal formé. Il fonde le premier séminaire de l’Amérique Latine comme le veut le Concile de Trente à Lima, construit des églises et des écoles, réunit des synodes, ouvre des couvents. Mais il s’attache aussi à créer des structures civiles : routes, écoles, hôpitaux. On a comparé son action épiscopale à celle de St Charles Borromée à Milan. Toribio meurt épuisé le 23 mars 1606.

      

     

                Avec cette 4ème semaine de carême, nous commençons notre montée vers Pâques avec une lecture quasi continue de l’Evangile de St Jean. Nous partons de la Galilée au chapitre 4 de St Jean après le récit de la samaritaine. Et cela nous conduira au récit du tombeau vide le matin de Pâques. Magnifique route si riche ! Alors suivons le Maître, pas à pas puis à la fin, heure par heure.

     

    Le passage d’aujourd’hui, inaugural de la montée vers Pâques, requiert de nous une foi aussi grande, ferme, totale que celle du fonctionnaire royal. C’est la grâce que nous demandons les uns pour les autres, d’autant plus durant ce temps où nous sommes comme jamais dans les mains de Dieu.

     

     

                La Parole de Dieu, Saint Jean 4/43-54

     

     v. 3-45 : la route. Après deux jours passés au milieu des Samaritains et quittant leur joie de croire, Jésus et les siens repartent pour la Galilée.

                Depuis Sychar, deux heures de marche et on arrive à Sébaste, une ville romaine entièrement païenne avec son énorme temple qui domine tout et dans ce temple, une statue de César Auguste divinisé ! Ensuite, il reste encore une grosse colline à grimper et on est en Galilée. Depuis le sommet, le groupe peut contempler les belles collines de Samarie et les plaines de Galilée.

                On passe alors à Sanur, l’antique Béthulie, la patrie de Judith victorieuse du général païen Holopherne[1]. Deux heures plus tard on est à Ginaé et on commence à traverser la grande plaine d’Yizzréel (= Dieu sème).

                St Jean nous dit que Jésus y est bien accueilli. (v 45). Pour que nous ne réjouissions pas trop vite et comprenions que cet accueil est superficiel, Jean nous a prévenu au verset 44. Et pourtant nous allons voir que cette renommée de Jésus a gagné jusqu’à Capharnaüm, au bord du lac.

     

    v. 46 : on traverse toute la plaine d’Yizzréel pour arriver à Cana. Jésus est donc retourné sans doute dans la famille de sa mère. Ce séjour laisse entrevoir que Jésus a dû y venir souvent.

     

    v. 47 : L’évangile nous emmène donc à Capharnaüm. Un fonctionnaire royal – donc un juif au service d’Hérode – a un enfant malade. Sitôt que la nouvelle parvient que Jésus est en Galilée, à Cana, aussitôt il part.

                Imaginez la distance à pied ! Parti au lever du soleil de Capharnaüm, notre fonctionnaire a contourné le lac vers le sud et s’est engouffré dans les Gorges de l’Arbel. A la saison où nous sommes, il fait vite très chaud. Dès qu’il quitte la vallée, c’est une très rude montée par une gorge étroite où l’ont peut être attaqué par des brigands ou des mercenaires à la solde de Rome. Au milieu de la matinée, le fonctionnaire est au village d’Arbel. La route vers Cana contourne les cornes de Hattin : il fait très chaud, la poussière du chemin vous colle à la peau en sueur. Il faut 3 heures de marche pour arriver au sommet. Tout est sec, la poussière est plus abondante mais le chemin est facile. Une heure après, le fonctionnaire atteint Rimmon, « la ville des grenadiers ». Il est dans la jolie plaine d’Asochis… une heure après, notre voyageur est à Cana… Une pente très raide mène au village ! C’est la 7ème heure, celle du repas. Il cherche Jésus et le trouve sans doute facilement et, sans retard,  il expose sa demande concernant son fils malade.

     

    v. 48 : l’accueil de Jésus est un peu froid ! Il parle en général certes – cela concerne tous les auditeurs de Cana et par eux, tous les Galiléens… cela est éclairé par le v. 44 - : Jésus reproche de chercher des signes … sans avoir la foi ! On peut admirer la maîtrise du père qui vient de faire un si long chemin… et ne dit rien !

     

    v. 49-50 : Avec persévérance comme la cananéenne, il poursuit calmement sa demande… Il invite Jésus à descendre vite à Capharnaüm.

    La réponse de Jésus fuse aussitôt : « Ton fils vit. »

                Et le fonctionnaire croit sur parole et part aussitôt.

    Quelle foi ! Sans rien demander de plus. Sur la parole de Jésus, il part.

     

    La Parole de Jésus, Parole créatrice – « tout fut fait par Lui » disent la Genèse, le Ps 32,  St Jean et St Paul – est aussi puissante comme salvatrice et purificatrice.

     

    Il est parti tout de suite ! Pour une nouvelle demi-journée de marche !... mais il est trop tard dans la journée pour arriver le soir à Capharnaüm. Il a dû coucher au village d’Arbel.

     

    v. 51 : Il arrive à Capharnaüm dans la fin de la mâtinée. Mais ses serviteurs sont venus au devant de lui avec la bonne nouvelle.

     

    v. 52-53 : C’est une enquête : à quelle heure la guérison ? C’est bien au moment où Jésus a parlé… à la fameuse 7ème heure, l’arrivée du fonctionnaire à Cana.

     

    v. 54 : « Il croit »… non plus la parole mais d’une manière absolue. Il croit… et toute sa maison avec lui comme dans le Actes de Apôtres.

     

    Et St Jean conclut : un deuxième signe à Cana, au retour de Jésus « de Judée en Galilée ». C’est la 5ème fois qu’il le dit !

     

    [1] On peut lire dans sa Bible,  le livre de Judith qui raconte cette histoire.

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    Le Lac et la Gorge dans laquelle il faut s’enger pour monter à Cana.

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    Les gorges de l’Arbel

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    Depuis les hauts plateaux de Galilée, le lac au fond.