Jeudi Saint
Dans ce dernier repas de Jésus avec les siens, un repas d’adieu, Jésus associe deux gestes étonnants, autant l’un que l’autre : le lavement des pieds raconté par St Jean et l’institution de l’eucharistie racontée par les autres évangélistes.
Le lavement des pieds, vous le savez, est assuré normalement par l’esclave non juif de la maison. Jésus en l’accomplissant lui-même, assure donc un des travaux les plus bas dans le monde juif... et il l’exécute par amour, pour permettre aux apôtres de participer au repas qui va devenir la 1ère eucharistie. De cette eucharistie jaillit – en même temps - notre communion familière avec Dieu et notre fraternité communautaire... En effet, non seulement nous devons refaire les gestes eucharistiques –« faites cela en mémoire de moi » - mais aussi le geste du lavement mutuel des pieds – « c’est un exemple que je vous laisse : vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » - !
Nous venons d’entendre ce court texte du prophète Sophonie, explosif, adressé à Israël : « Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. Ce Reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer. » « Un peuple pauvre et petit, un Reste ». C’est dans la continuité de Sophonie que St Paul écrit aux Corinthiens et regarde avec bienveillance et confiance « le petit troupeau de Corinthe où il n’y a pas beaucoup de riches, ni de puissants selon le monde. Et Dieu a choisi justement ce qui n’est rien pour confondre ce qui se croit quelque chose !