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Carême

  • 11H messe de « la paroisse invisible »

    La résurrection de Lazare par Giotto

    Comment prier : c'est ICI

    La feuille habituelle du dimanche est à télécharger ICI

     

    Dimanche 29 mars

     

    5ème de Carême

    Dimanche de la Passion.

     

    Bien chers amis,

    Nous allons lire en ce dimanche le récit de la Résurrection de Lazare.

    Le texte est long, riche, nuancé. Vous pouvez le faire en plusieurs fois même si, d’un coup, vaut mieux. Entrez dans le texte qui n’est pas un texte mais une Parole qui vous est adressée : vous êtes à Béthanie, au tombeau, à la maison avec Marie ; vous assistez à la scène de la sortie de Lazare, vous êtes pris dans la scène …

    Bonne fête dominicale.

      

     

    MAINTENANT MON ÂME EST TROUBLEE

    PERE, SAUVE-MOI DE CETTE HEURE

    GLORIFIE TON NOM !

    le chant est ICI 


    En vérité, en vérité l’Heure vient et nous y sommes

    Où les morts entendront la voix du Fils de l’homme.

    Alors vous le verrez siégeant à la droite du Père

    Et venant sur les nuées du Ciel pour juger l’univers.

     

    Bénie soit l’éternelle et bienheureuse Trinité

    Le père qui nous a aimés avant que ne commence le monde

    Le Fils qui est venu pour l’Heure de sa Pâque

    L’Esprit qui nous fait passer de ce monde à la Vie Eternelle.

      

     

     

    Saint JEAN 11 : LA « RESURRECTION » DE LAZARE

     

     

                Le dernier des grands évangiles lus pour former les catéchumènes à leur baptême est la résurrection/réanimation de Lazare. Magnifique récit très connu mais qui doit sans cesse être approfondi. La « Résurrection » de Lazare est une préparation des disciples à la foi en la Résurrection de Jésus. Elle montre que Jésus EST et RESTERA MAÎTRE de la mort. La mort n’a sur lui aucun pouvoir. Jésus a reçu du Père, comme il dit,  LE POUVOIR DE DONNER SA VIE ET DE LA REPRENDRE, comme il a le pouvoir de relever Lazare de la mort.

     

                Le climat de l’Evangile est très tendu : en 10/39, les juifs cherchaient à arrêter Jésus et 10/40, il a dû fuir «  au-delà du Jourdain » car ils veulent sa mort. En 11/47 le  sanhédrin délibère et décide de le faire mourir et en 11/54, Jésus doit de nouveau fuir dans le désert.

                Le climat est suffisamment tendu pour que les disciples rappellent à Jésus qu’il est dangereux pour lui d’aller en Judée[1] et que Thomas puisse penser qu’aller avec Jésus, c’est mourir avec lui. [2]Ce retour à Béthanie est donc très audacieux.

                Le chapitre 11 est donc tout à fait particulier dans la vie de Jésus : le maître est à la fois l’homme traqué à l’écart dans le désert et en même temps celui qui accomplit la plus grande de ses œuvres : le dernier signe, sa victoire sur la mort, le dernier ennemi de l’homme. Et cette réanimation va impressionner considérablement[3] et peut-être même, que c’est la raison pour laquelle des grecs qui voudront voir Jésus[4], fait qui est d’une haute importance aux yeux de Jésus.

     

                Nous sommes à Béthanie : un site très connu de l’Evangile, sur le versant oriental du mont des Oliviers, à 15 stades de Jérusalem (= 3 kms).  Lors de tout séjour de Jésus à Jérusalem, il quitte chaque soir le Temple et la ville pour loger à Béthanie chez les amis Marthe, Marie et Lazare.[5]

                Le soir des Rameaux, après avoir chassé les vendeurs du temple, Jésus s’y retira[6],Jésus y mangea chez Simon le lépreux après « la résurrection de Lazare » et y reçut l’onction de Marie.[7] L’Ascension eut lieu tout près[8]. Les premiers chrétiens ont beaucoup fréquenté ce lieu : les fouilles ont montré des Sanctuaires anciens sur le tombeau de Lazare ; le village a été fouillé: maisons, pressoirs, citernes, silos...

     

                La famille de Lazare

         Marie : dans ce commentaire, pour nous, Marie de Béthanie est la pécheresse que nous rencontrons en St Luc[9], Marie de Magdala[10] et Marie de Béthanie, la sœur de Marthe[11]. Une seule et même personne tant le caractère est commun à ces « trois femmes ».

          Lazare est très discret. St Jean parle de l’amitié de Jésus avec Lazare mais nous montre surtout celle avec les deux sœurs. Ce qui surprend, c’est cette anomalie : la maison est gouvernée par Marthe et Lazare n’intervient pas, ce qui est anormal dans l’organisation biblique des familles. Serait-il handicapé mental comme le suggère Jean vannier ?

           Chaque sœur est bien décrite par Jean qui les connaît sans doute bien : active, rapide, organisatrice et intellectuelle pour Marthe; plus affective, vite déconcertée et un rien nonchalante pour Marie.

               

                Le texte est plein de vie, tout le monde bouge beaucoup dans ce passage :  « Tous les personnages quittent l’endroit où ils se trouvent. Tous sortent: Jésus et les disciples de Transjordanie; les juifs de Jérusalem; Marthe du village; Marie avec les juifs de chez elle et du village; Lazare de la tombe. »[12]

     

     

    COMMENTAIRE DU TEXTE

     

    v. 1 : On commence brutalement : on nous annonce la maladie de Lazare et on nomme ses deux sœurs.

     

    v. 2 : A propos de Marie, Jean parle tout de suite de l’onction de parfum faite à Jésus par elle… épisode que Jean racontera seulement au chapitre 12. La Passion de Jésus se profile.

     

    v 3 : Les deux sœurs informent Jésus – absent pour protection - de la situation, et souhaitent sans doute quelque chose de sa part … sans le dire. St Jean de la Croix commente cette façon de faire avec l’Ami, Jésus : informer sans rien demander, ce que fait déjà Marie à Cana. Voici ce qu’il écrit : « Et la raison pour laquelle il est meilleur à l’amant (= le croyant) de représenter sa nécessité à l’Ami que de lui demander d’y satisfaire, tient à trois choses: la première, parce que le Seigneur sait  mieux que  nous-mêmes ce qui nous est nécessaire; la seconde, parce que l’Ami a plus de compassion voyant la nécessité de celui qui l’aime et est plus ému de sa résignation; la troisième parce que l’âme est plus à couvert de l’amour-propre en représentant ce qui lui manque qu’à demander ce dont il lui semble avoir besoin. »[13]

     

    v 4 : Jésus se borne à déclarer mystérieusement : cette maladie ne conduit pas à la mort mais aboutira à ce que la Gloire de Dieu éclate et que la divinité de Jésus soit manifestée.

     

    v 5 - 6 : les versets insistent sur un paradoxe : malgré l’amitié de Jésus pour Lazare et ses sœurs et leur appel au secours, iI reste encore deux jours.

     

    Dialogue avec les disciples. v. 7-16

     

    v 7-8 : Puis, tout à coup, brutalement, Jésus exprime sa résolution d’aller en Judée : l’affolement des disciples est immédiat.

     

    v 9-10 : versets difficiles à comprendre. Peut-être Jésus veut-il dire qu’ils n’ont rien à craindre tant que Jésus – lumière du jour – est avec eux sur le chemin. La sœur Jeanne d’Arc ne commente pas …

     

    v 11-15 : Jésus parle de Lazare et il emploie un mot tout neuf pour eux ! Parler de la mort comme d‘un  sommeil ! Jésus l’a déjà fait auprès de la fille de Jaïre : « elle n’est pas morte mais elle dort »… et tout le monde se moque de lui ![14]

                Ici aussi, les  disciples ne comprennent pas : alors Jésus met les points sur les « i » et affirme qu’il se réjouit de n’avoir pas été là; s’il l’avait été, Lazare ne serait pas mort - exactement ce que lui diront les deux sœurs[15] -. Pourquoi cette joie de Jésus ? Parce qu’il va construire la foi des siens, il va révéler le dessein de vie du Père et la foi des disciples en sera éclairée. La joie de Jésus est forte.

     

    v. 16 : Thomas réagit rapidement, vite enthousiaste. Mais il ne parle plus de Judée. Il dit maintenant : « allons nous aussi pour mourir avec  LUI » !

     

                Ainsi « au terme des seize premiers versets, le lecteur a compris que le miracle aura lieu non seulement en raison de l’amour de Jésus pour ses amis mais pour manifester la gloire de Dieu et susciter la foi en Celui qui affronte la mort : il a le pouvoir de déposer sa vie et le pouvoir de la reprendre pour la communiquer aux hommes. » [16]

     

     

    Marthe rencontre Jésus à l’entrée du village 17-27.

               

    v. 17 : A son arrivée, Jésus trouve Lazare au tombeau depuis 4 jours car habituellement, les funérailles avaient lieu le jour même du décès.

     

    v. 18 - 19 : On nous situe Béthanie – 3 km – de Jérusalem. La famille de Lazare est une famille connue : ce ne sont pas seulement les gens du village qui viennent les consoler mais même des habitants de Jérusalem.

     

    v. 20 – 27 : Les deux sœurs diront à peu près la même chose au Seigneur pour l’aborder. Mais autrement quelle différence de comportement ! Marthe accourt aussitôt vers Jésus, Marie demeure chez elle, assise comme elle en a l’habitude ( assise aux pieds de Jésus en Luc 10) et comme il sied à une femme en deuil. Marthe exprime sa confiancepuis magnifiquement sa foi, Marie demeure accablée sous le poids de la douleur. « L’une affirme l’espérance dans la vie qui ne finit pas, l’autre ne connaît que la séparation advenue. »[17]      

     

                Voyons Marthe…

    Qui part aussitôt qu’elle apprend que Jésus arrive ! (v. 20)

     

    v. 21-22 : Son reproche est très délicat: pour l’atténuer, elle l’associe à une affirmation de confiance et de foi : la présence de Jésus - appelé « Seigneur » - est réconfortante : tout ce qu’il demandera à Dieu cela lui sera accordé : elle « sait cela ». Quelle force de conviction !

     

    v. 23 : Jésus répond par une affirmation claire qui annonce la résurrection future de Lazare.

     

    v. 24 : et à nouveau Marthe parle ; elle a l’habitude d’échanger avec Jésus, y compris sur la foi ; elle déclare qu’elle « sait » « la résurrection au dernier jour ». En répondant ainsi Marthe confesse sa foi et montre que sur ce point, elle croit comme les pharisiens qui sont les seuls à confesser à l’époque « la résurrection au dernier jour ».[18] Jésus ne contredit pas Marthe.

     

    v. 25 : Mais à cette certitude de Marthe, Jésus répond en affirmant qu’il est LUI la Résurrection et la vie, un des fameux « ego eimi » de Jésus – le « Je Suis » en grec, le nom de Dieu au Buisson ardent ! - et il explicite cette affirmation par deux sentences :

     

    en 25, le premier « mourir » évoque le trépas; « Celui qui croit même s’il meurt à la fin de sa vie, vivra, demeurera vivant. ».

    en 26, « mourir pour l’éternité » a le sens fort de perte définitive, de privation à jamais de la vie divine, de mort éternelle, la « seconde mort » de l’Apocalypse.

             Ce qui fait la différence : c’est la foi donnée ou non au Christ : « CELUI QUI CROIT EN MOI »                   

               

                Que veut dire Jésus ?

    - le croyant en Jésus est destiné à la vie qui ne finit pas

    - la résurrection que Marthe attend pour la fin des temps, est son œuvre à lui Jésus. Par Jésus, le croyant devient un « vivant » : le germe de vie éternelle est en lui.

    - Jésus opère une transformation de la foi traditionnelle juive pharisienne : la résurrection est liée à la personne de Jésus en qui on croit ou non.

     

    v. 26 - 27 : la question finale est logique si tout repose sur la foi : Jésus demande à Marthe un acte de foi:. « Crois-tu cela ? »

    Et Marthe lui répond magnifiquement. Elle déclare sa foi et affirme en même temps  QUI est Jésus : « Messie, Fils de Dieu, Celui qui devait venir dans le monde ». Marthe n’est plus juive mais chrétienne ; Jésus n’est pas seulement un être proche de Dieu, à qui Dieu ne peut rien refuser, il est Fils de Dieu et Celui qui vient accomplir l’attente d’Israël.

               

     Marie est envoyée à Jésus par Marthe.

     

    v. 28 – 35 : Marthe ne revient pas sur la question de son frère; le dialogue avec le Christ l’a comblée; alors elle part chercher sa sœur qui demeure dans la maison au milieu des consolateurs juifs. Et Marthe sait ce qu’il faut dire à Marie pour la mettre en mouvement ! « Le Maître est là et il t’appelle ! » Véritable demande de Jésus ou ruse affectueuse de Marthe ?

    Marie sort précipitamment et entraine les visiteurs d’ailleurs. Et dès qu’elle voit la maître, elle se jette à ses pieds : Marthe en l’a pas fait mais Marie Madeleine le fera au jardin le jour de Pâques.[19] 

    Marie formule le même reproche à Jésus que sa sœur mais ne va pas plus loin et éclate en sanglots. Et cela provoque une étonnante réaction du Christ, une méditation sur la mort et sur sa propre mort. 3 verbes expriment la réaction de Jésus : frémir, se troubler et verser des larmes.  L’humanité de Jésus éclate aux yeux de tous :

    « frémir » est un verbe très fort : il veut dire littéralement « produire un bruit sourd »; Jésus est-il en colère devant  la désespérance des hommes devant la mort, pour le manque de foi envers lui-même,... je crois plutôt que la réaction du Christ est provoquée par le tragique de la mort, « les larmes de Dieu devant la mort qui sépare les êtres[20] » et de la mort de l’ami ... et même devant la perspective de sa propre mort. On peut faire la même remarque pour les larmes et le trouble.[21]

     

    v. 36-37 : évidemment les juifs présents contestent… murmurent ! 

    Au v.37, cette contestation provoque un nouveau frémissement de Jésus durant son chemin vers le tombeau : Oui, Jésus pouvait éviter la mort de Lazare mais pas la sienne !

     

    Au tombeau            

     

    v 38 : Nous arrivons enfin au tombeau : une grotte fermée par une pierre. Il y a deux sortes de tombeau: « Les uns sont des chambres auxquelles on accède par une étroite ouverture fermée par une porte en forme de meule... et sont précédés d’un vestibule... Comme celui du Christ. Les autres sont des caveaux en contrebas auxquels on accède par un puits muni quelques fois d’un escalier, le puits étant obturé par une pierre posée dessus. » [22]

     

    v. 39 : quand Jésus donne l’ordre d’enlever la pierre, Marthe se récrie horrifiée et réaliste ; elle si maîtresse d’elle-même perd le contrôle devant la mort.  4 jours, cela veut dire que Lazare est vraiment mort, en début de putréfaction.

     

    v. 40 : Jésus l’appelle à la foi et rappelle que le miracle est pour glorifier Dieu en le montrant maître de la vie et de la mort.

     

    v 41 : ils soulèvent la pierre et Jésus se tourne avec confiance et dans l’action de grâce. vers le Père qui l’exauce toujours : le verbe est au passé, Dieu a déjà a exaucé son Fils. Et cet exaucement de la prière de Fils par le Père est au fondement de la prière des croyants. [23]     

     

    v. 43 : le miracle est raconté dans une extrême sobriété,  avec très peu de détails. Trois mots: « Lazare ici ( deûro)  sors (exo) !

     

    v. 44 : et le mort sort dans ses bandelettes Le mort sort en montant l’escalier et apparaît peu à peu. Cela dut être stupéfiant ! Voir ci-dessous photo de l’escalier du tombeau.

                Lazare, à la différence de Jésus qui, s’étant délivré lui-même, laissera les bandelettes posées là et le suaire roulé à part, garde ses linges; son retour sur terre sera momentané. Il faut un nouvel ordre pour parachever: « délier et aller ».

                Jésus s’est comme effacé et on ne nous dit rien des retrouvailles.

                Lazare est muet comme toujours !

     

    v. 45-53:  les réactions au miracle sont diverses :

     

    - la foi: v 45. Ils croient d’après les œuvres comme Jésus l’a souvent demandé.

     

    - la perplexité: v.46 : ils vont en parler avec les pharisiens, prendre conseil des autorités. La démarche n’est pas forcément malveillante. Elle est prudente.

     

    -  la décision de mort par « les grands prêtres et les pharisiens » v 47-53. Avec  un motif politique : un enthousiasme populaire de croyants donnera l’ impression d’un soulèvement et les romains viendront (ce qui s’était déjà passé dans un passé récent). C’est une donnée historique. Temple et nation -   Israël dans ses deux dimensions religieuse et politique- seront détruits. On peut y voir un attachement réel au peuple et une incompréhension de la mission de Jésus, un certain affolement du conseil est perceptible devant le succès de Jésus.

     

    Mais Saint  Jean donne une lecture théologique profonde en citant le Grand prêtre et en donnant le sens profond des paroles prononcées, sens qui va  plus loin sans doute que ne le pensait Caïphe. Caïphe opposait l’individu Jésus et la nation; c’est la raison d’Etat où l’on calcule avec réalisme politique simplement !  Caïphe évoque les « enfants dispersés » sans doute les juifs de la diaspora et peut-être aussi les nations, évoquant l’affluence, à la fin des temps, des nations à Sion.[24]

     

    v. 53 : ils ne condamnent pas Jésus mais décident fermement – sont résolus à - de le faire mourir; de le liquider comme l’absence de procès chez Jean le montrera. Mais le condamner obligerait à révéler qu’il a des fautes; faire mourir sas procès en fait, confirme l’innocence : on n’a rien pour le condamner; on ne peut que le faire mourir.

     

    v. 54 : Jésus[25] part donc au voisinage du désert. Où ?

                On parle habituellement à de Tayyebé, à 20 kms au Nord – Nord Est de Jérusalem, à une hauteur de 869 m ou le village d’Ephraïm à 30 kms. Ce site est  peut-être est-ce l’Aphréma de 1 Martyrs 11/34 et à l’Ephron de 2 Chroniques 13/19. Peut-être est-ce aussi un rappel discret des israélites obligés de se refugier dans la montagne d’Ephraïm à cause des philistins en 1 Samuel 14/22.

     

     

    Rends-nous la joie de ton Salut, que Ton Jour se lève !
    Donne-nous ton pardon, lave-nous te tout péché
    Donne-nous ta Grâce.  

    Tu as séché Seigneur Jésus tous les pleurs de Marthe
    Aujourd’hui comme hier, Seigneur, tourne-toi vers nous
    Sèche nos larmes. 

    Si par Adam nous vient la mort, Tu nous fais revivre.
    C’est pourquoi nous chantons : Christ maître de la mort
    Notre Délivrance.

    L’homme que Dieu vient habiter ne craint point l’épreuve.
    Car la mort est sommeil : Seigneur, tourne-toi vers nous
    Viens et nous réveille.

    2.png

    Tombeau de Lazare

    fete11_1.jpg

    icône de la résurrection de Lazare. Moniales de Bethléem

    [1] 11/8

    [2] 11/16

    [3] Jean 12/9,10,11 et à nouveau en 12/17-19

    [4] 12/20

    [5] Mt 21:17 et Mc 11: 1.11 mais aussi Luc 10/38

    [6] Mt 21/17

    [7] Mt 26/6; Mc 14/3 et Jn 12/1

    [8] Luc 24/50

    [9] Lc7/36-50

    [10] Lc 8/1-3

    [11] Jn 11/2 et 12/1. C’était l’opinion de St Grégoire le Grand, St Augustin, Bérulle, Lacordaire, la Madeleine du Moyen Age et celle aussi e A. Feuillet et Boismard. Point de vie contesté par certains aujourd’hui.

    [12] Xavier-Léon Dufour livre cité, tome II p. 406

    [13] Saint Jean de la Croix Cantique spirituel  (strophe II/vers 5)

    [14] St Marc 5/39 ; Ce mot de Jésus est incompréhensible pour eux qui pensent que la mort est la fin définitive. Qui dit sommeil dit réveil !

    [15] v 21 et 32

    [16] ( XLD II:415)

    [17] (XLD II/417) comme Marie fera au tombeau du Christ.

    [18]Foi du judaïsme pharisien : « Toi Seigneur qui donnes la vie aux morts » C’est la 2è des18 bénédictions à la prière du matin. On trouve cette affirmation dans la bible en Daniel 12/1-3, 2ème livre des Martyrs d’Israël  7/22-24 et 12/44.

    [19]  St Jean 20/13. Pour nous évidence que Marie de Béthanie et Marie Madeleine sont la même  femme.

    [20]  XLD II/424

    [21] On peut penser au psaume 41/6,12 et 42/5 et les larmes du psalmiste jour et nuit 41/4.

    [22] M. J.  Lagrange  commentaire sur St Jean p.306.

    [23] Voir St Jean 16:24 ; 14:13s et 15:7.

    [24] cf Ez 37/21-26 et 34/ 12-13.et même Isaïe 43/10ss.

    [25] Comme en Jn 10/40-42.

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 28 mars

                Bien chers amis,

                « Unis dans le même Esprit » voilà ce que nous vivons dans cette rencontre dans l’Esprit Saint pour la messe célébrée à votre intention et à vos intentions. La Promesse du Christ – « je suis tous les jours avec vous jusqu’à la fin des temps » - demeure totalement vraie pour nous en ce moment.

                In Christo.

                                       Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

    Intentions de prière des paroissiens :  

    - Prions pour les malades des hôpitaux et cliniques psychiâtriques et leur personnel soignant, et pour tous les personnes dépressives en général. 
Que Marie les apaise et les enveloppe de sa douceur maternelle.


    - Que les évènements actuels nous poussent à plus d'humanité et de souci de l'autre.

    - Que nous mettions à profit ce Carême particulier pour nous tourner davantage vers le Christ et boire encore et toujours au LAIT de sa Parole.

    - Plusieurs familles nous ont confié des décès survenus parmi des proches ces derniers jours, victimes du covd19 ou non. Nous prions pour ces personnes et ceux qui n’ont pu assister aux funérailles de leurs parents et amis.

     

    La Parole de Dieu : Saint Jean 7/ 40 – 53

     

                Comme hier, en poursuivant la lecture de St Jean chapitre 7, nous lisons le chapitre en entier comme Jean l’a écrit…ce qui nous faire davantage de texte que la liturgie.

                Le récit johannique st extrêmement vivant. On est avec Jésus et la foule sur l’esplanade. On sent les réactions, on entend…on a envie de répondre à notre tour, on voit la colère des pharisiens fermés, même à leur ami et collègue Nicodème dont on peut admirer le courage !

     

                Passage qui n’est pas dans la lecture liturgique mais suite d’hier

     

                Nous sommes toujours dans les contestations de Jésus qu’apporte la foule

     

    v. 31-32 : A nouveau, réactions partagées de la foule… Mais cette fois-ci, ce sont ceux qui croient… Le Messie n’en ferait pas plus que lui !  Au v. 32, Les pharisiens et les grands prêtres entendent ces réactions positives « murmurées » et décident d’envoyer des gardes pour l’arrêter.

    v. 33-34 : Le temps que les gardes s‘organisent, Jésus annonce sa mort prochaine !... Il présente sa mort « comme un retour à Celui qui l’a envoyé » … Avec une phrase pour intriguer : « Vous me chercherez mais là où je vais vous ne pouvez pas venir » !(34)

     

    L’effet attendu est immédiat !!! Où ? Où ? et les hypothèses fusent : dans la diaspora des Grecs ? (c’est-à-dire dans les villes du bassin méditerranéen où sont installées des communautés juives)  Pour enseigner Les Grecs ? On a conscience que ces juifs « grecs » font bien partie du peuple élu.

    v. 36 : la perplexité demeure. On n’est pas satisfait des réponses qu’on a évoquées.

    v. 37 : Le v. 37 est très solennel…Jésus profite de cette fête des Tentes riche de l’attente messianique pour se dévoiler. Et il utilise les rites de la fête pour le faire !

     

    v. 37-39 : La Fête des Tentes est une des grandes fêtes d’automne. On célèbre à la fois le séjour dans le désert compris comme le moment béni des fiançailles entre Dieu et son peuple et les récoltes de la terre promise qui viennent de finir.Chaque famille construit sa « tente » (soukka) dans son jardin ou sur son balcon : la tente est couverte de branchage comme toit – on doit pouvoir voir les étoiles – on décore de fruits… on prie et on prend au moins un repas par jour dans cette tente. Cela dure 8 jours. J’ai le souvenir d’être rentré dans Jérusalem au commencement de la fête, en jeep, - je revenais du désert avec le Père Jaques Fontaine et un petit groupe – la ville était en liesse, les gens étaient sous leur tente, la radio diffusait des psaumes et des chants religieux. Quelle atmosphère !

                Du temps de Jésus, il y avait au milieu de la fête,  une grande procession des prêtres au petit matin, quand le soleil se levait, jusqu’à la piscine de Siloë pour y chercher de l’eau dans des cruches d’or, remonter au temple et entrer par la Porte Dorée, éclairée par le soleil levant qui miroitait sur les cruches d’or, pour verser cette eau en libation sur l’autel.

    Sans titre.pngLe Temple est au fond. Les prêtres portant des cruches sortaient du Temple par la Porte Dorée (cachée sur la photo à droite), longeaient le Temple, descendaient le long du Tyropéon jusqu’à la piscine de Siloë dont on voit le bassin entouré d’un Portique en bas à droite.

     

    v. 37-38 : Autour de ce rite de l’eau qu’on vient d’accomplir, Jésus se déclare donc la source d’eau vive, - celle de la Samaritaine - pour ceux qui ont soif et qui croient en Lui.  Jésus se réfère, dans sa proclamation, à l’Ancien Testament  en combinant 3 citations clé sur l’eau :

                1) Za 14/8 : « Ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem, moitié vers la mer orientale, moitié vers la mer occidentale : il en sera ainsi en été, comme en hiver. »

                2) Is 58/11 : «  Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. »

                3) Ez 47/1-12 :  «  L’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. »

                Jésus se présente donc, dans son mystère pascal – son Heure -, comme le dispensateur de l’Esprit Saint,  fonction qui dépasse celle du Messie biblique attendu. ! Car Dieu seul peut donner l’Esprit.

    v. 39 : St Jean explique… que l’Esprit promis n’a pas encore été donné puisque le Christ n’est pas glorifié.

     

                Commencement de l’Evangile d’aujourd’hui.

    v. 40 : La foule réagit aussitôt à cette déclaration de Jésus !

    Le résultat est une confusion générale entre ceux qui approuvent le Christ : c’est pour de vrai le prophète attendu ! C’est le Messie … mais les opposants donnent de la voix :  

    v. 40 : les croyants en Jésus sont renforcés.

    v. 41 et 42 :  Ce n’est pas possible que le Messie vienne de Galilée…Il doit venir de Bethléem

    v. 43 : une scission dans la foule 

    v. 44 : on veut l’arrêter mais personne n’ose mettre la main sur lui. Qui veut arrêter ? Certains dans la foule sans doute… ou les gardes. Mais Jésus en impose. On « n’ose pas » dit St Jean.

    v. 45-46 : Car les fameux gardes envoyés l’arrêter,  impressionnés par la force des paroles et la majesté de Jésus,  n’ont rien fait !!

    v. 47- 48 : La colère monte chez les pharisiens : comment pouvez-vous réagir ainsi alors qu’aucun chef n’a cru !!!.. (46-48)

    v. 49 : La colère conduit au jugement et au mépris :  la foule qui croit en « maudits » ! C’est la manière définitive de réagir des pharisiens chaque fois, c’est sans appel.

    v. 50-53 : La colère est telle que même Nicodème qui demande la simple application de la loi – entendre le prévenu avant de le juger– se fait rembarrer sans ménagement malgré sa dignité… par l’argument de la Galilée dont il ne sort pas de prophète. (52)

                Et chacun repart chez soi.

     

     

  • Samedi 28 mars - Pour la prière du matin.

    Comment prier c'est ICI

    Bien chers amis,

             Heureux de vous saluer au réveil ! Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt même en confinement !

             Que cette ode matinale vous fasse retrouver Notre Bon Seigneur avec joie et gratitude… dans un saint repentir.

             Avec mon amitié dans le Christ. Votre curé.

     

    Intentions de prière confiées à tous :

                Seigneur, éclaire et unis tous les chercheurs de toutes les nations pour qu'ils trouvent et apportent un remède au fléau qui frappe notre monde , nous t'en prions .
Dans ton amour Seigneur , réunis tes enfants dispersés et donne nous ta Paix , nous t'en prions.

                Que nos coeurs réalisent la richesse être en lien avec notre famille, nos amis, nos voisins…

    Que les querelles familiales, les séparations, les orgueils qui  nous maintiennent à distance, les uns des autres, nous paraissent dérisoires et nous fassent reprendre le chemin de l'unité, du pardon, de l'indulgence et de l’amour dans nos familles.

     

    En note, vous trouverez les références des épisodes évoqués dans l’ode d’aujourd’hui. Y recourir est un bon moyen d‘entrer dans la Bible !

    Ode d’aujourd’hui (24)

     

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut.

     

    Tu es venu ô Christ, Tu as illuminé les mages et réjoui les bergers :

    D’enfants innocents, tu as fait les premiers témoins de la foi

    Et le vieillard Siméon T’a reçu dans ses bras, bénissant Dieu !

     

    Revêtu de la chair, Tu as mangé avec les hommes

    Aux noces de Cana, Tu as changé l’eau en vin ;

    Toi qui donnes la joie, voici venue l’Heure de la Croix.

     

    O Jésus très bon, Tu as relevé le paralytique de son grabat

    Tu as ressuscité le fils de le veuve de Naïm et guéri le serviteur du centurion

    Tu as annoncé à la Samaritaine le culte dans l’Esprit et la Vérité.

     

    Tu as guéri l’aveugle-né, ressuscité Lazare ;

    Marie a répandu sur Toi l’onction, en vue de Ta sépulture

    Le grain déposé en terre meurt et porte beaucoup de fruit.

     

    Un glaive de  douleur a transpercé ton âme, ô Marie

    Debout au pied de la croix de ton fils, dans l’attente du Royaume

    Tu es devenue notre Mère car tu nous as enfanté par la croix.

     

     

                Voilà une ode plus contemplative : nous ne nous laissons plus « juger » par les personnages de la Bible nos frères aînés dans la foi et le péché, mais nous contemplons le Sauveur dans son action en notre faveur. Plus simple peut-être aussi que les précédentes : les événements évoqués, nous les avons déjà presque tous commentés et médités. Comme la Vierge, repassons-les dans notre cœur.

     

                Cette méditation renouvelée m’a fait penser à ce couplet de Jacopone da Todi [1] dans le Dies irae : « Souviens-vous, Jésus si doux : en me cherchant Tu t’es assis, fatigué, me rachetant par la Croix et la Passion : que tant de travaux ne soient pas vains ! ». C’est aussi la joie du psalmiste : « Par Tes œuvres, Tu me combles de joie, Seigneur ; devant l'ouvrage de tes mains, je m'écrie : Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Combien sont profondes tes pensées ! » (Ps 91). Contemplons donc toute la vie du Seigneur ses joies et ses peines et pensons que tout est pour nous : « Le monde de la création, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » (1 Co 3/23)

                Nous retrouvons la mention de l’Heure de Jésus dont je vous rappelle la définition : « Depuis le temps des prophètes, écrit la Sr Jeanne s’Arc en la note 30c du chapitre 7 de St Jean, « l’heure » marque les étapes décisives de l’histoire du salut : l’heure messianique et l’heure eschatologique (= de la fin des temps et de l’avènement des temps nouveaux). Pour Jésus, c’est le temps de l’accomplissement de sa mission qui passe par la Passion pour aboutir à la Résurrection. Sa souffrance débouche sur une vie nouvelle ; le mot « heure » marque l’accomplissement du plan de Dieu. »

     

                Dans la 4ème strophe, nous trouvons évoquée la résurrection de Lazare que nous lirons demain à la messe et l’onction de Béthanie que nous lirons le lundi saint. Mais se trouve cité aussi un verset célèbre de Jésus : face à la perspective de sa mort prochaine, Jésus tente de faire comprendre aux apôtres et aux disciples proches, que sa mort ne sera pas, comme ils le pensent la fin de tout[2], mais au contraire la fécondité d’une vie démultipliée. Pour cela il utilise plusieurs comparaisons : le grain de blé qui meurt et porte beaucoup de fruit dans l’épi (St Jean 12/24) ; ou bien la maison du Père où il y a beaucoup de demeures et que Jésus, par sa mort et sa résurrection, va rouvrir pour les enfants de Dieu. (St Jean 14/2).

     

                Enfin dans la dernière strophe, nous retrouvons la prédiction de Siméon à Marie concernant le glaive qui lui transpercera le cœur. Mais Saint André lit l’événement d’une manière toute particulière : cette douleur pour lui, c’est le fait que Marie reçoive la mission d’être la mère de l’Eglise « Femme, voici ton fils ! » c’est-à-dire la misison d’enfanter les hommes à Dieu : dans la prière de bénédiction de l’eau du 5ème siècle, à la vigile pascale, le prêtre demande à Dieu : « Et maintenant Seigneur, regarde avec amour ton Eglise, multiplie ses générations, Toi qui réjouis Ta cité sainte par le Fleuve de ta grâce et fais jaillir en Elle la source du baptême pour que renaissent les nations de l’univers. Que de cette fontaine sacrée, comme d’un sein maternel très pur, émergent des enfants de Dieu ».Unie au Christ à la croix, Marie, icône de l’Eglise, reçoit la mission de Mère des disciples du Christ représentés en Saint Jean. Et St André ajoute que, debout au pied de la Croix, Marie était « dans l’attente du Royaume », ce royaume dont le mystère pascal de Jésus était l’inauguration.

     

     

    Chant : VOICI LE PAIN QUI DONNE LA VIE

    LE PAIN VIVANT DESCENDU DU CIEL

    IL A PRIS CHAIR DE LA VIERGE MARIE DE LA MERE DES VIVANTS.

     

    Le Christ est mis à mort en dehors de Jérusalem

    Et Marie, fille d’Israël, marche avec Lui vers le calvaire

    Quand il sera élevé de terre, Il attirera tout à Lui.

     

    Le Christ st le Grand Prêtre de l’Alliance Nouvelle

    Il passe de ce monde au Père en lui disant : « voici je viens »

    Et Marie le reçoit dans ses bras « qu’il me soit fait selon Ta parole »

     

    Jésus se lève du tombeau dans la Puissance de l’Esprit

    Assis à la Droite du Père, il accueille Marie sa Mère

    Il la comble de sa Gloire, la couronnant de son Amour.

     

     

    [1] Jacopone da Todi  est né vers  1230 à Todi en Ombrie ; il est mort tout près de Todi en 1306. Juriste, marié, il perd sa jeune épouse en 1268 et cette disparition accidentelle le plonge dans une grave crise spirituelle. Il entre dans le tiers-ordre  franciscain puis dans l’ordre lui-même et devient un « poète errant et prêchant ». Il est l'auteur d'une centaine de poèmes d'inspiration religieuse, pleins de ferveur avec une louange passionnée de l’amour divin. St Philippe Néri aimait beaucoup ses poésies religieuses et les faisait chanter dans les réunions de prière de l’Oratoire.

    [2] A l’époque de Jésus, dans le judaïsme très divers, beaucoup de fidèles pensent comme toute la Bible que lorsqu’on est mort, tout est fini. Certains courants minoritaires parlent d’une résurrection finale (comme le dit Marthe à Jésus à Béthanie), d’autres comme dans le livre de la Sagesse parle d’une existence impérissable donnée à l’home par Dieu. Mais tous pensent que la venue du Royaume de Dieu sera sur terre.

  • PRIERE A LA CROIX, VEILLÉE DU VENDREDI 27 MARS 2020

    Une reproduction de la Croix de San Damiano qui a parlé à Saint François d’Assise. Le mystère pascal est montré dans son unité : le Christ est crucifié (ses plaies coulent, le centurion et les femmes et Jean au pied de la croix), il a les yeux ouverts et le corps doré (il est vivant, ressuscité) devant le tombeau (fond noir du bras vertical, les soldats le gardent) en haut, il est en Ascension vers le Père et son cou est gros, tenant l’Esprit Saint qu’il va souffler sur les siens et qu’il donne quand « il remet l’esprit ». Sous les pieds du Christ, il est descendu aux enfers pour sauver tous les hommes depuis Adam. Le magnifique nœud de son périzonium (linge autour des reins) est un nœud de Grand Prêtre qui s’offre pour le salut de tous, donnant au monde le Grand Pardon de sa miséricorde.

    Attention, aujourd'hui vendredi, il y a une messe et une veillée !

    Lecture du livre du prophète Isaïe : 52/13 – 53/12.

    4ème chant du Serviteur souffrant lu le Vendredi Saint.

     

    « Mon serviteur réussira, dit le Seigneur;


    Il montera, il s’élèvera, il sera exalté !


     

    Le Seigneur Dieu, en ce 4ème chant du serviteur, prend tout de suite la Parole : Dieu le Père proclame, dès l’entrée de l’oracle, contre toute apparence, la victoire, l’exaltation de son Serviteur fidèle, pour nous la Résurrection du Christ et son exaltation à la Droite de la Majesté divine. Tout l’office de la Passion du Vendredi Saint est dans cette lumière encore discrète mais forte de la Résurrection, de la victoire, de la réussite du salut. Adorer la Croix, c’est adorer l’instrument de la victoire et de la Gloire du Christ.

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    podcast

    1 – Ton peuple racheté par Ta Croix victorieuse
    Célèbre en ce jour Ta Victoire sur la mort.
    Tout pouvoir T’a été donné au ciel et sur la terre
    Ta croix est l’arbre  de Vie du paradis nouveau. 

    2 – Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande Lumière :
    Sur l’Arbre de la Croix s’est levé le Sauveur.
    Son Royaume est un royaume éternel qui ne passera pas
    Et tous les peuples, langues  Le serviront.


    « La multitude avait été consternée en le voyant,

    Car il était si défiguré 
qu’il ne ressemblait plus à un homme ;

    Il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.


    Il étonnera de même une multitude de nations ;

    Devant lui les rois resteront bouche bée,

    Car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit,


    Ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.

    Qui aurait cru ce que NOUS avons entendu ?


    Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? »

     

    La communauté chrétienne - « nous » (53/1) « sa génération » (53/8) - est bouleversée autant par la souffrance du serviteur, si « défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme » et que, en même temps, par la réussite inattendue et glorieuse du serviteur. La communauté est « bouche bée » comme les rois et la multitude des nations à qui le fait est annoncé jusqu’à la fin des temps. Nous, ce soir.


    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    3 – O Golgotha, colline sainte, où Adam fut enseveli
    O Golgotha, centre du monde, sur toi se dresse le Christ
    Il a semé la vie dans le lieu de tristesse
    Et Il attire à Lui l’univers tout entier.

     

    « Devant lui, le serviteur a poussé comme un surgeon, 


    Un racine dans une terre aride ; il était sans apparence

    ni beauté qui attire nos regards,
son aspect n’avait rien pour nous plaire.


    Méprisé, abandonné des hommes,

    Homme de douleurs, familier de la souffrance,

    Il était pareil à celui devant qui on se voile la face. »

     

    Le Christ dans sa passion
: il est pourtant le « Surgeon puissant de la racine de Jessé » chanté par Isaïe[1] mais seul, martyrisé, incompris même de la plupart des siens, renié par Pierre, accompagné par Jean et quelques femmes, Marie sa mère, Marie de Magdala sans doute d’autres femmes un peu plus loin… peut-être quelques disciples : mais tout va si vite de part la volonté des autorités juives que peu de gens savent ce qui se trame… et c’est voulu ! Les autorités juives « se voilent la face devant lui » par l’horreur que cet homme leur inspire mais aussi, au sens figuré : ils ne veulent pas voir.


    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    4 – Tu as pris sur Toi, ô Christ, l’antique malédiction
    Elevé entre terre et Ciel Tu proclames la Paix.
    A l’ombre de Tes ailes, Tu nous prends près de Toi.
    Tu es avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

     

    « Et nous l’avons méprisé, compté pour rien.


    En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait,

    Nos douleurs dont il était chargé.


    Et nous, nous pensions qu’il était frappé,

    Meurtri par Dieu, humilié.


    Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé,


    A cause de nos fautes qu’il a été broyé.


    Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui :


    Par ses blessures, nous sommes guéri. »

     

    La communauté entre dans une plus profonde compréhension de ce qui se passe dans cet événement stupéfiant qui l’a d’abord complètement déconcertée. On passe de la certitude qu’il subissait un châtiment à cause de SESfautes à l’idée qu’en fait, ce n’était pas pour ses péchés qu’il recevait CE CHÂTIMENT MAIS POUR LES PÉCHÉS DES HOMMES ET DE LA COMMUNAUTÉ DES DISCIPLES. Plus encore : «  le châtiment qui nous donne la paix avec Dieu a pesé sur Lui. »

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    5 – Célébrons avec joie la résurrection du Christ
    Nous qui étions ténèbres, devenons lumière dans le Seigneur.
    Que les tombeaux s’ouvrent, que se lèvent les morts
    Pour acclamer le Seigneur de la Vie.

     

    « Nous étions tous errants comme des brebis,

    Chacun suivait son propre chemin.


    Mais le Seigneur a fait retomber sur lui
 nos fautes à nous tous.

    Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche :

    Comme un Agneau conduit à l’abattoir, 


    Comme une brebis muette devant les tondeurs,
 il n’ouvre pas la bouche.


    Arrêté, puis jugé, il a été supprimé.


    Qui donc dans sa génération s’est inquiété de son sort ?


    Il a été retranché de la terre des vivants,

    Frappé à mort pour les révoltes de son peuple.


    On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ;


    Et pourtant il n’avait pas commis de violence,

    On ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. »

     

    Cette découverte éclaire la vie des disciples, et de tout contemplatif de cet événement, les remplit de confusion ; les motifs de honte augmentent à la mesure de la découverte de l’erreur et du refus de voir. Celui qui regarde en vérité le Serviteur découvre son errance, sa volonté rebelle pour suivre son propre chemin, ses fautes… et le silence du Serviteur comme « un agneau muet » est rude à supporter… Jean-Baptiste l’avait dit : Jésus est bien « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’austère prophète du désert avait raison. C’est le moment d’entendre le témoignage rapporté par St Jean[1] : « Beaucoup vinrent à Jésus en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui. »

     

    [1] Jean 10/41-42

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    6 - L’Ange du Seigneur descendit du ciel comme l’éclair !
    Il roula la pierre et s’assit dessus !
    A sa vue, les soldats devinrent comme morts
    O Christ, Tu foules au talon l’Ennemi du genre humain.

     

    « Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur.


    S’il remet sa vie en sacrifice de réparation,

    Il verra une descendance, il prolongera ses jours :


    Par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

    Par suite de ses tourments, il verra la lumière,

    La connaissance le comblera.


    Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes,

    Il se chargera de leurs fautes. »


     

    La compréhension de la communauté progresse jusqu’à la découverte que cette mort ignominieuse du Serviteur est une volonté sainte du serviteur de « s’offrir en sacrifice ».

    La communauté découvre alors que cette action du serviteur est la réalisation du Grand pardon, célébré chaque année sans effet ; l’auteur de la lettre aux hébreux écrit : « La loi de Moïse n’est donc jamais capable, par ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année, de mener à la perfection ceux qui viennent y prendre part. Il est impossible, en effet, que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés.»[3] Et le même auteur alors décrit l’offrande du Christ qui éclaire magnifiquement ce chant du Serviteur : « Aussi, en entrant dans le monde[4], le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses (= le culte du temple avec ses sacrifices) pour établir le second (= le sacrifice du Christ et le culte chrétien en Esprit et en Vérité). Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.[5] »

     

    TA CROIX Ô CHRIST EST NOTRE LUMIÈRE

    NOUS ACCLAMONS TA RESURRECTION

    QUI DONNE LA VIE.

    8 – L’Eternel est une Flamme ardente, Béni soit son Nom !
    Des milliers de myriades se tiennent devant LUI.
    Béni le Fils de l’Homme  qui vient vers Lui sur les nuées du Ciel
    Béni le Fleuve de Feu qui coule devant Lui.

     

    Et Dieu reprend la Parole :

    C’est pourquoi, parmi les grands, JE lui donnerai sa part,

    Avec les puissants il partagera le butin,

    Car il s’est dépouillé lui-même
jusqu’à la mort,


    Et il a été compté avec les pécheurs,

    Alors qu’il portait le péché des multitudes
 et qu’il intercédait pour les pécheurs.

     

    – Parole du Seigneur.

    Elle est debout, près de la Croix
    Seule, au plus haut de la douleur,
    Adorant son Dieu qui meurt.

    [1] Au chapitre 11.

    [2] Jean 10/41-42

    [3] Hébreux 10/1 et 4

    [4] L’auteur des hébreux met sur les lèvres du Christ les versets du Ps 39 où le psalmiste découvre que Dieu ne veut plus des sacrifices du Temple pour le péché et s’offre alors lui-même spontanément : « Voici je viens faire ta volonté » car l’accomplissement de la volonté de Dieu vaut tous les sacrifices. Qui  autre que le Christ peut dire au mieux ce verset ?

    [5] Héb. 10/6-10

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 27 mars

    Comment prier (CLIC)

    Attention, aujourd'hui vendredi, il y a une messe et une veillée !

                 Bien chers amis,

    Voici la poursuite de notre lecture de l’Evangile de St Jean. Plongez-vous dedans, c’est l’occasion unique. Je me réjouis ave vous de suivre Jésus pas à pas dans sa mission et sa passion qui commence comme vous le voyez bien avant les jours saints !

    Je vous garde bien unis dans ma prière à l’eucharistie et je vous sens en communion avec moi auprès du Seigneur. Que le Seigneur nous garde dans sa paix. Nous prions toujours avec ferveur à toutes nos intentions.

                                       Avec mon amitié.

     

                Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

                Nous confions le peuple syrien qui va être lui aussi touché par l'épidémie de Coronavirus. Ce peuple, déjà si éprouvé par la guerre, va devoir maintenant affronter la maladie dans un pays où les services de santé sont totalement démunis. 

                Prions afin que les dirigeants de ce pays et de la Turquie pensent en priorité au bien-être de leurs populations, cessent toute querelle et mettent tout en oeuvre pour secourir les habitants de la Syrie.

                J'aimerais prier pour que les soignants des ehpad trouvent en Dieu l'aide pour accepter de voir décéder les personnes dont ils s'occupent au quotidien.

    Ainsi que pour toutes les personnes qui se préparent à un sacrement et qui devront patienter pour recevoir un magnifique don de Dieu. Je pense particulièrement à notre jeune Chloé du caté qui attendait la nuit de Pâques avec joie pour recevoir le baptême.

     

     

                La Parole de Dieu.  Saint Jean 7/ 1 - … 30

     

    Attention ! Le texte que nous donne la liturgie est très découpé. J’ai choisi de commenter le chapitre tel que Jean l’a écrit pour garder la cohérence et de signaler ce qui est dans le texte liturgique d’aujourd’hui et ce qui n’y est pas.

     

    7/1-10 : Jésus ne circule plus en Judée car l’épisode de la guérison du paralytique et les discussions qui ont suivi ont été une véritable provocation. Le chapitre 6 (le discours sur le pain de vie donné à Capharnaüm quelques jours avant la Pâques de l’année 29) s’est déroulé tout entier en Galilée. Jésus qui « attend son Heure » se tient un peu éloigné de Jérusalem. Nous sommes en automne quelques temps avant la fêtes des Tentes, fête au cours de laquelle on se souvient de séjour au désert et on remercie pour les récoltes. C’est une fête très joyeuse et au temps du Christ, très messianique.

     

                Versets qui ne sont pas dans l’Evangile liturgique d’aujourd’hui

     

    v. 2-4 : la famille de Jésus (ses « frères », ses cousins, la fratrie) voient en ce pèlerinage d’automne l’occasion pour Jésus de s’affirmer en public comme Messie ! Qu’il cesse donc d’agir en secret ! Les « œuvres », c’est-à-dire quelques miracles retentissants enthousiasmeront les foules ! La famille pousse Jésus à la manifestation au peuple. « Manifeste-toi au monde »… v.4. C’est une tentation diabolique à nouveau ! C’est pourquoi Jean note : même ses frères ne croyaient pas en lui, c’est-à-dire pensaient à son sujet d’un point de vue humain et promotionnel.

                Note : on peut avoir là aussi une interprétation du geste de Judas. Livrer Jésus pour l’obliger à se manifester comme Messie.

     

    v. 6-9 : Jésus refuse une telle position et il s’explique :

    - il n’est pas venu pour un succès de publicité

    - Jésus établit une comparaison entre la manière du monde à considérer le temps et sa manière à Lui de vivre son temps :

             le temps selon les  hommes est d’être « toujours prêts » à faire quelque chose et n’importe quoi, à chercher la Gloire si bien que les contemporains qui se reconnaissent dans cette manière de faire,  ne peuvent les haïr. Leur temps à eux, est de faire ce qui leur plaît !!  

                Son temps à Lui est celui du Dessein de Dieu et son action est pour révéler la vérité et les œuvres mauvaises ! Toute sa vie renvoie au Père, à la volonté du Père, au rythme du Père, aux étapes voulues par le Père.

     

             Reprise des versets de la liturgie.

    v. 10 : Alors,  Jésus envoie les siens à la fête et lui déclare qu’il ne monte pas à cette fête… en tout cas, son temps n’est pas encore accompli. Il  demeure encore quelques jours en Galilée… et il monte seul quelques jours plus tard, comme en secret.

     

                Versets qui ne sont pas dans l’Evangile liturgique d’aujourd’hui

    v. 11 - 13 : La foule attend Jésus ! On le cherche. La foule est divisée : certains le trouvent bon, d’autres pensent qu’il égare la foule. Mais tous cela se fait dans le secret… ce sont des « murmures » (v.12) seulement entre les gens, on parle à mi-voix, en regardant autour de soi  (v. 13) par peur des juifs c’est-à-dire peur des chefs du peuple. Intéressant  à noter : quand Jean dit « juifs » il parle des chefs du peuple !

     

    v. 14 : tout à coup, au milieu de la fête qui durait 7 jours, Jésus apparaît dans le Temple et enseigne !

    v. 14 -36 : Jésus rencontre 3 contestations :

                1 - Contestation de sa doctrine 14-20

    Jésus connaît les Ecritures (les « Lettres » dit le texte: au sens propre du terme. Comme le texte biblique hébraïque ne comprend que les consonnes, il faut bien quelqu’un, - un maître – pour vous donner les voyelles, les lettres qui manquent !) sans avoir appris dans les écoles rabbiniques !

                Jésus répond… en aggravant son cas ! Ce qui surprend surtout, c’est son ton personnel : « MON enseignement »… c’est-à-dire dit Sr Jeanne d’Arc « un corps de doctrine unique  et cohérent » (note 16b).  Jésus ne se réfère jamais aux docteurs de la loi !... ni aux autorités d’Israël !

                Et aujourd’hui il ajoute qu’il reçoit son enseignement directement de Dieu qu’il appelle son Père (16-18)

                Et la vérification de son enseignement n’est possible qu’à celui qui veut faire la volonté de Dieu. (17).

                Enfin son désintéressement est total (18).

     

    v. 19-21 : Voilà que Jésus reprend l’initiative provoque son auditoire.

                Moïse vous a donné la loi… et vous ne la pratiquez pas ! Mais moi, vous cherchez à me tuer ! La foule répond en démentant : qui cherche à te tuer ? Tu as un démon. Tu es fou ! Et Jésus en réposne revient sur la guérison du paralytique du chapitre 5 à Béthesda ou Bézatha.

     

                2 - Contestation de ses œuvres (21-26)

    v. 21 : Jésus revient le miracle de Bezatha… (5/1-18) Il le fait par allusion. «  Une seule œuvre j’ai faite »… mais un jour de sabbat !!!

    v. 22-23 : Et Jésus discute à la rabbinique dans un raisonnement fort : on peut circoncire le jour du sabbat sans enfreindre le sabbat. L’incise – la circoncision remonte aux Pères et pas à Moïse a pour but de corriger la place disproportionnée que les juifs donnent à Moïse - « Et moi je guéris un homme tout entier » (23) et je n’ai pas le droit !

    v. 24 : conclusion : Vous ne jugez que sur les apparences !

     

                Reprise du texte liturgique d’aujourd’hui

    v. 25-26 : les réactions de la foule.. une sorte de micro-trottoir si utilisé par les journalistes aujourd’hui ! : Interrogations diverses du peuple… Les autorités auraient-elles reconnu en lui le Messie ? On sent bien que les gens n’attendent que cela !! C’est le suspens.

                3 - Contestation de ses origines (27-36)

    v. 27 : C’est la foule qui lance la question : pourtant, ce n’est pas possible qu’il soit le Messie car nous savons d’où il est alors que le Messie, on ne saura pas !

    v. 28 - 29 : Jésus répond du tac au tac : « il crie » même dit le texet… sans doute parce qu’il faut dominer le brouhaha de la foule.

                Sa réponse commence par un étonnement amusé : « Ah !vous savez QUI je suis et d’OU je viens… 

                Puis la réponse vient fermement : « Je ne suis pas venu de moi même… je viens de Dieu et je sais qui il est. C’est lui qui m’a envoyé. Mais comme tout bon juif Jésus, pour ne pas nommer Dieu,  fait une périphrase « IL » ou « Celui qui m’a donné mission » ou « Celui qui m’a envoyé ».

                Le drame du peuple, c’est d’être trop loin de Dieu – par sa faute et par la faute de ses chefs qui l’égarent - pour discerner l’envoyé de Dieu qu’il attend !

     

    v. 30 : Devant cette prétention divine, la réaction est immédiate :

    « Ils cherchaient donc à l’arrêter » … qui sont ces « ils » ? les pharisiens ? les chefs des prêtres ? On ne sait. Cela n’intéresse pas Jean qui met l’accent sur la suite : « mais personne ne jette la main sur lui : son heure n’est pas encore venue ».

                L’ « heure » : « Depuis le temps des prophètes, écrit la Sr Jeanne s’Arc en la note 30c, l’ »heure » marque les étapes décisives de l’histoire du salut : l’heure messianique et l’heure eschatologique (= de la fin des temps et de l’avènement des temps nouveaux). Pour Jésus, c’est le temps de l’accomplissement de sa mission qui passe par la Passion pour aboutir à la Résurrection. Sa souffrance débouche sur une vie nouvelle ; le mot heure marque l’accomplissement du plan de Dieu. »

     

     

     

    Et pour nous ?

    - Comment vivre notre temps ? Son rythme est-il seulement celui de la routine quotidienne, des habitudes .. ? Celui des loisirs – voyages, sorties, …- que je vais prendre comme on dit aujourd’hui qu’on travaille pour ses loisirs… ? Est-ce le temps rythmé par le temps de Dieu, celui de l’année liturgique avec toutes ses nuances, c’est-à-dire l’année de l’œuvre de Dieu, avec le rythme quotidien de la prière ? Cela n’empêche as d’avoir de bonnes habitudes, et d’aimer les voyages. Mais où est la structure de mon temps ? Est-elle à Dieu ? ou à moi ? « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » dit Jésus en Mt 6/21

     

    - Prendre le temps de reprendre les réponses de Jésus, d’y faire vraiment attention, de les réfléchir et de contempler Jésus avec elles.

     

    L'esplanade du templeP2100163.JPG

  • Vendredi 27 mars - Pour la prière du matin.

    Comment prier ICI

    Bien chers amis,

    Nous revoici ensemble pour la prière du matin, pour acclamer le Soleil Levant qu’est le Christ.

    Bonne et sainte journée à tous. Portons nous les uns les autres dans la prière et l’amitié surtout ceux qui n’ont pas les moyens techniques d’être en relation avec nous par internet.

    .

    Avec mon amitié.

     

    En note, vous trouverez les références des épisodes évoqués dans l’ode d’aujourd’hui. Y recourir est un bon moyen d‘entrer dans la Bible !

    Prière des paroissiens : 

     

     

    Ode d’aujourd’hui (23)

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut.

    O Christ, Tu t’es fait homme, conversant avec moi dans la chair

    En tout semblable à moi sauf le péché

    Appelants les pécheurs à la conversion.

     

    Tu as jeûné quarante jours dans le désert et tu as souffert la faim

    Tu fis tenté par le diable, le Prince de ce monde

    Tu as vaincu l’Ennemi et toute la gloire des royaumes de la terre.

     

    Les enfants joyeux ont acclamé le Fils de David des palmes à la main

    Les foules ont étendu leurs vêtements sur le chemin du Roi, doux et humble de cœur

    Jérusalem, le Christ pleure sur toi car tu n’as pas reconnu le temps de sa visite.

     

    Déjà la porte du Royaume est ouverte

    Les publicains et les prostituées précèdent les justes au Paradis

    Tu es venu chercher et sauver ce qui était perdu.

     

    O Marie, tu as accompagné ton Fils aux portes de la mort

    Par toi, nous sommes rachetés de la malédiction

    Car tu as enfanté notre joie, le Christ notre Seigneur.

     

     

     

                Strophe 1 : Elle évoque l’incarnation et Jésus parcourant routes et chemins de Galilée, Judée et Samarie et même au pays de Tyr, conversant avec tous « chemin faisant ». Cela renvoie à Genèse 3/10 : « Adam et Eve entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. » Ainsi avec l’homme dans son intégrité, Dieu parlait chaque jour à la brise du soir. Seuls quelques  grands hommes de Dieu eurent cette chance après le péché : on songe  à l’intercession d’Abraham auprès de Dieu se  rendant à Sodome et à Gomorrhe  (Genèse 18/13 et ss) ou « Moïse avec qui Dieu parlait avec Moïse face à face, comme un ami parle à son ami ». (Ex 33/11) ou encore les prophètes « Car le Seigneur Dieu ne fait rien sans en révéler le secret à ses serviteurs les prophètes. » (Amos 3/7).

                Mais le Concile de Vatican II écrit pour nous à la suite de l’Incarnation : « Dans les Saints Livres, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux (21)… Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa bonté (cf. Ep 1,9) grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l'Esprit saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine (cf. Ep 2,18 ; 2 P 1,4). Par cette révélation, le Dieu invisible (cf. Col 1,15 ; 1 Tm 1,17) s'adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis (cf. Ex 33,11 ; Jn 15,14-15), il s'entretient avec eux (cf. Ba3,28) pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie. »[1] Voilà comment le Concile parle de ce que nous faisons chaque jour en nous mettant à l’écoute de la Parole ! Dieu nous parle comme à ses amis et nous fait entrer dans son intimité. !

                Est-ce vraiment ainsi que vous lisez l’Ecriture ? Si oui, Dieu soit béni ! Sinon, mettez-vous y vite !

                Strophe 2 : Elle évoque les tentations de Jésus au désert et sa victoire sur le Prince de ce monde. Puissions-nous participer de cette victoire en résistant aux tentations dans la force même du Christ qu’on appelle la grâce.

                Strophe 3 : Elle met en lumière la contradiction de Jérusalem : d’un côté, elle acclame le Christ Roi aux Rameaux avec enthousiasme mais, en même temps,  elle n’a pas reconnu le temps de la visite de Dieu dans le Christ et ne s’est pas convertie. Et Jésus en pleure. N’est-ce pas aussi parfois/souvent… ma contradiction : enthousiaste un jour dans la joie de l’Evangile … découragé à la première difficulté et vite désabusé… jusqu’à la reprise de soi… pour un tour !

                Strophe 4 : c’est des propos les plus scandaleux de Jésus face aux pharisiens qui se voulaient parfaits pour accueillir Dieu : Matthieu 21/28- 32  « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole ! » Attention de ne pas tomber dans le même travers…

                Strophe 5 : Avec la Vierge Marie au calvaire… « Aux portes de la mort », jusqu’au tombeau. Mais la tonalité de la dernière strophe est toujours à la joie et à la confiance : « Par toi, nous sommes rachetés de la malédiction car tu as enfanté notre joie, le Christ notre Seigneur. » Amen.

     

    IL EST VAINCU LE PRINCE DE CE MONDE

    GLOIRE O CHRIST VAINQUEUR QUI NOUS A SAUVES.

    Gloire au Père très bon qui nous délivre du mal

    Gloire au Christ vainqueur qui a combattu dans le désert

    Gloire à l’Esprit de vérité qui triomphe du mensonge

    Que le Nom du Dieu Très Haut soit sanctifié !

     

     

    [1] Concile Vatican II Dei Verbum Constitution dogmatique sur la révélation n° 2 et 21

  • 18H messe de « la paroisse invisible » du 26 mars

    Comment prier (CLIC)

                Bien chers amis,

     

                Le Seigneur est celui qui nous invite chaque soir à s’unir à Lui dans son offrande et son intercession auprès du Père. C’est Lui l’Unique prêtre en qui notre baptême nous a unis, en faisant de nous un peuple sacerdotal. Le ministre est celui qui, en agissant au nom du Christ Tête et Source de l’Eglise, rend présent le Christ dans sa Pâque à laquelle nous pouvons nous unir vraiment par notre communion, même spirituelle en ce moment et accomplir notre mission de prière au coeur du monde et pour son salut.

                                       Avec mon amitié.

     

    Intentions de prière : nous prions toujours pour tous les malades et ceux qui sont morts, les personnels soignants, tous ceux qui assurent la vie de notre société (commerçants, force de l’ordre…). Nous demandons au Seigneur la grâce que l’épidémie cesse. Nous prions les uns pour les autres dans une grande amitié spirituelle.

    Intentions de prière des paroissiens : Prions ce soir pour les personnes isolées, dans la précarité, qui ne peuvent être entourées, aidées.
    Pour les mourants, les agonisants. À défaut de leurs familles, des soignants débordés, que toi Seigneur tu te fasses proche et les consoles.
    Je rends grâce pour les initiatives et gestes d'entraide qui voient le jour ici et là un peu partout envers les plus démunis , mais aussi à notre niveau , les uns envers les autres...

    Seigneur , éclaire et unis tous les chercheurs de toutes les nations pour qu'ils trouvent et apportent un remède au fléau qui frappe notre monde , nous t'en prions .
    Dans ton amour Seigneur , réunis tes enfants dispersés et donne nous ta Paix , nous t'en prions.

     

     

                La Parole de Dieu. Saint Jean 5/ 31- 47

     

                Comme souvent dans l’Evangile de Saint Jean un miracle contesté est suivi d’une longue discussion de Jésus avec les pharisiens, devant le peuple. Chaque fois, Jésus y explicite son mystère, en termes voilés et clairs à la fois. Il est possible que Saint Jean ait mis dans ces discours, une partie des explications que Jésus donnait aux apôtres dans la grotte des enseignements du Mont des Oliviers. Il aurait tenu dans le groupe des apôtres le rôle du secrétaire que chaque groupe de disciples de rabbins avait et qui était chargé de garder par écrit les enseignements du maître. Ce qui expliquerait pourquoi nous n’avons pas ces discours dans les autres évangiles. Mais quand on y regarde de plus près, bien des éléments forts de ces discours sont dispersés dans l’enseignement de Jésus dans les Evangiles synoptiques mais à l’état « embryonnaire ».

     

                Résumé du discours de Jésus avant les versets d’aujourd’hui.[1]

     

     

    v. 17 : La controverse entre Jésus et les Juifs sur l’esplanade du Temple vient de ce que Jésus AGIT pendant le sabbat. Or l’homme doit se reposer le sabbat à l’image de Dieu qui se REPOSA de toute l’œuvre de création qu’il avait faite.

    Et Jésus déclare : « Mon Père jusqu’à présent œuvre et moi aussi j’œuvre ».

     

    Plusieurs éléments capitaux à noter : « Mon Père » c’est la première fois que Jésus prononce une telle phrase qui explicite un rapport personnel à Dieu… aucun  juif n’aurait osé dire cela. A la rigueur « notre Père » ou sous forme ne question « n’est-il pas ton père ? ». Jean montre la réaction immédiate de l’auditoire : v. 18. « il disait Dieu son propre Père se faisant lui-même l’égal de Dieu. » Et Jésus ajoute : « Mon Père œuvre tout le temps » : le repos de Dieu n’est pas vraiment possible sinon il n’y aurait plus rien ! Dieu crée à tout instant ! Et Jésus de même : crée à tout instant et recrée à tout instant ; Son œuvre est double en quelque sorte !

     

    v. 19-30 : Jésus précise ce que veut dire « être fils »

    v. 19-20 : « Le Fils ne fait rien de lui-même, il fait ce qu’il voit faire au Père…car le Père qui aime le fils, lui montre tout. » ; Le fils dépend entièrement du Père. Le Père confie tout au Fils. Telle se fait l’unité du Père et du Fils.Cela sera repris en conclusion au verset 30 avec un ajout : «  je ne cherche pas ma volonté à moi mais la volonté de elui qui m’a donné mission. 

             Et Jésus donne des exemples : v. 20-21 : exemple : le Père ressuscite et le fils aussi, il a ce pouvoir divin.[2]

                          

                Il faut savoir que tout autour du Temple et sur les collines avoisinantes, il y a des tombeaux ![3] Dans ce quartier où Jésus est, il est comme au milieu d’un cimetière entre les vieilles tombes du temps de David et celles que les riches se sont fait creuser pour leur mort !  On comprend mieux cette phrase « L’heure vient où ceux qui  sont dans les tombeaux… » quand on connaît l’environnement. v.25.

    v. 22 -23 et 29 : le Père a remis le jugement des hommes au Fils, à Jésus… comme dans le livre de Daniel en  12/2« Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. »

                On mesure la grandeur que Jésus évoque pour lui-même dans ces versets et la force de ce qui advient au vrai disciple : v. 23 : « les hommes doivent honorer le Fils comme ils honorent le Père. »   v. 24 : « celui qui entend la Parole de Jésus et qui y croit  est passé de la mort à la vie et a dépassé je jugement ! »

     

     

     

    Nous sommes prêts pour écouter les versets de Jésus aujourd’hui.

    Après avoir exprimer sa dignité de Fils, Jésus évoque ce qui témoigne en sa faveur, ce qui assure sa crédibilité.

     

    v. 31 – 47 : les témoignages qui accréditent Jésus et ses Paroles.

    v. 31-32 : Jésus n’a pas que son témoignage personnel pour se défendre…Ce qui serait nettement insuffisant. Jésus évoque alors d’autres témoins :

     

    v. 33-35 le témoignage de Jean baptiste… « dont je sais que son témoignage est vrai »

    Et d’ailleurs les juifs ont envoyé une délégation auprès de lui et il a témoigné de la vérité !  Les juifs ont  voulu se réjouir un moment sans le croire ! St Jean écrit : « vous avez voulu vous-même vous réjouir une heure à sa lumière » (v.32) une heure !  Mais Jean était  une« lampe » : Pourquoi ce mot ? en Sirac le sage 48/1, on lit à propos d’Elie : « Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une lampe. »

     

    v. 36  les œuvres que le Père m’a données d’accomplir.  Jésus évoque là  ses miracles, en particulier celui du paralytique mais aussi sans doute d’autres qui ne sont pas racontés  dans l’Evangile.

     

    v. 37-40 : la Voix du Père codifiée dans les Ecrits Saints

                Jésus ne dit pas « la Parole du Père » mais la « Voix ». On voit bien que nous ne sommes pas disciples d’un « écrit » mais de la Voix d’une Personne qui nous parle, voix dont le message est consigné par écrit pour être proclamé dans l’assemblée du peuple  comme on le fait à la messe à la suite de la synagogue et du temple ; cette voix est entendue personnellement par les prophètes : 1 Samuel 3/6 et ss/ « La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli…Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. »

     

                Mais pour Jésus, la maladie spirituelle des pharisiens est si grave qu’ils ne peuvent même plus lire en vérité les Ecrits qui sont témoignages rendus à Jésus : Le texte de St Jean dit : vous scrutez les Ecrits parce que vous pensez avoir en eux la vie éternelle. Or ils sont témoignants de moi » (v 39) La sœur Jeanne d’Arc commente : « Le grec est très fort : le participe qui est à l’aoriste, est intemporel : les Ecrits (= Moïse et la Torah (v.45) sont des témoins permanents. » (note 39c) Les pharisiens pensent être sauvés en restant dans l’application pratique de l’Ecrit alors que les Ecrits témoignent du Fils à écouter : « Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir le Vie »v. 40

                Et cette « maladie » pharisienne s’aggrave du fait qu’ils s’enferment non seulement dans la méditation de l’Ecrit au lieu de venir à Jésus mais en plus, ils sont enfermés dans un commentaire de l’Ecrit qui se réfère uniquement à des maîtres du passé, très honorés, qu’on se glorifie de citer au bon moment pour appuyer sa propre pensée ! (v. 44) Ils cherchent plus leur gloire et celle de leurs maîtres que celle du Dieu Vivant. La sœur Jeanne d’Arc écrit : « l’immense littérature juive honore sans se lasser les paroles des rabbins qui ont précédé. Jésus dit que telle n’est pas la voie de la foi. » (note 44b)

     

                Tout conduit Jésus à émettre un jugement sur sa génération résumée en une phrase sévère : « je vous connais, l’amour qui vient de Dieu[4] n’est pas en vous » ! v.42

                Et cela se manifeste ainsi : v. 41 - 47 

    - refus d’accueillir le Christ mais large accueil à tous les autres maîtres qui enseignent, parfois n’importe quoi ! Ils sont préférés au Fils (43)

    - incapacité de croire car on se mesure sans cesse les uns aux autres, tués  par le regard mutuel mimétique. (v 44)

    - toute la Torah et Moïse en premier accusent  le peuple d’infidélité (45-47)

     

     

    Et nous ?

    Nous devons être très modestes !

                Nous pouvons très bien comme les contemporains de Jésus préférer nos habitudes et nos conforts de pensée à l’écoute dérangeante du Christ qui parle. La phrase assassine qui est la nôtre devant une difficulté : « Jésus ne demande pas cela, Jésus ne dit pas cela… » et on trouve toutes sortes de bonnes raisons pour atténuer la parole du Maître… soit dans les exigences morales soit dans les conversions intellectuelles que la foi exige. Les paroles de Jésus ne sont pas soumises à l’approbation de notre raison ou de notre pensée morale : c’est l’inverse ! Ce sont SES paroles à LUI qui s’imposent à notre raison et à notre morale.

                Quant à la « Gloire tirée les uns des autres », ce n’est rien d‘autre qu’une forme de respect humain, la volonté de paraître libre, autonome, « on ne me la fait pas à moi » qui sent si bon son français et ses repas ou rencontres où il ne faut pas paraître «en être encore à ce point ».

      

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    1 – maquette de la ville de Jérusalem au temps de Jésus : nous avons devant nous l’esplanade du Temple et au milieu le Temple. La discussion de Jésus avec les pharisiens a lieu soit sur l’esplanade soit sous un des portiques qui entourent toute l’esplanade. La porte qui est devant vous est la Porte Dorée c’est-à-dire de l’Orient, elle reçoit le soleil levant.

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    2 – La même porte,  en réalité,  aujourd’hui  avec tous les tombeaux tout près pour entrer les premiers dans la Jérusalem de la fin des temps.

    Photos Yvette Jacques.

     

    [1] v. 17-30 que nous n’avons pas lus hier en raison de la fête de l’Annonciation.

    [2] Cette affirmation est développée en v. 25-29… où est développé le thème de la Résurrection : résurrection de ceux qui ont fait le bien, résurrection de vie ; résurrection de ceux qui ont fait le mal, résurrection de jugement v 29.

     

    [3] Dans l’AncienTestament, Seul Dieu peut relever les morts ; voici quelques citations : Dt 32/39, « pas d’autre dieu que moi ; c’est moi qui fais mourir et vivre », 1 Sam 2/6 : « Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène », 2 R 5/7 :  « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? » et Sg 16/13 : «Toi, tu as pouvoir sur la vie et sur la mort, tu fais descendre aux portes des enfers, et tu en ramènes. »

                Mais aussi Daniel 7/13-14 et 22. Là, pour une unique fois,  un « Fils d’homme » est associé à Dieu « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite… jusqu’à la venue du Vieillard qui avait prononcé le jugement en faveur des saints du Très-Haut, et le temps était arrivé où les saints avaient pris possession de la royauté. »

     

    [4] La construction grammaticale est claire : c’est un génitif qui exprime l’origine. Sr J d’Arc note 42b

  • Jeudi 26 mars - Pour la prière du matin.

    Comment prier ICI

    Bien chers amis,

             Chaleureuse salutation à tous !

             Bonne et sainte journée. Unis dans la prière et l’amitié dan le Christ… et nous sommes nombreux !

     

    Avec mon amitié.

     

    En note, vous trouverez les références des épisodes évoqués dans l’ode d’aujourd’hui. Y recourir est un bon moyen d‘entrer dans la Bible !

     

    Ode d’aujourd’hui (22)

     

    Refrain  Gloire à Toi ô Christ, notre espérance, Gloire à toi, Christ notre salut

    J’ai entendu les plaintes de Jérémie dans la fosse

    Et sa lamentation sur Sion dévastée.

    Comme lui, je pleure et je supplie

    Sauve-moi du gouffre du péché.

     

    J’ai entendu Daniel dans la fosse aux lions

    J’ai entendu les trois enfants dans la fournaise bénissant le Seigneur

    Dé livre moi, ô Christ, du lion rugissant et de la flamme de l’enfer.

     

    O Bon Pasteur, toi qui connais les brebis par leur nom

    Et qui donnes Ta vie pour Ton Eglise

    Sauve-moi de la Gueule du lion, ramène moi dans le troupeau de Ton bercail.

     

    O Toi le Bon Samaritain, Tu t’es penché sur moi

    Tu m’as soigné avec l’huile de Ta miséricorde et le Vin de Ton amour

    Toi, l’Ami des hommes, prends moi sur tes épaules comme la brebis perdue.

     

     

                La 1ère strophe rappelle deux événements de la vie de Jérémie :[1] 

               

                Ce que Jérémie a dit au roi et aux princes d’Israël ne leur a pas plu :  alors les princes avec la complicité du  roi, firent jeter Jérémie dans une citerne du palais : dans cette citerne, il n'y avait pas d'eau, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue. C’est un étranger, Ébed-Mélek l'Éthiopien, dignitaire de la maison du roi, qui sachant cet acte vint voir le roi pour lui reprocher d’avoir ainsi agi, complice des princes d’Israël : le roi lui concéda de sortir Jérémie de cette citerne et de lui donner à manger.

                Et l’autre fait est que Jérémie a dicté à son secrétaire des Lamentations sublimes sur la détresse extrême de Jérusalem durant le siège de la ville par Nabuchodonosor. Le livre des lamentations suit le livre du prophète dans nos bibles. La poésie en est poignante.

                Cette citerne où on enfonce… qu’elle belle image de notre enfoncement lent mais inexorable dans le péché si le Christ ne nous en délivre pas ! notre enlisement … Dieu avait dit aussi, en se plaignant : « Oui, mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau ! » C’est aussi en Jérémie 2/13 !

                La 2ème strophe, rappel d’épisodes de la vie de Daniel (fosse aux lions Daniel 6/17-25 et fournaise Daniel 3/8-23)… le lion pour St Pierre, c’est le symbole de Satan qui rôde comme le fauve en chasse : « votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (1 Pierre 5/8). Que le Seigneur nous fasse échapper au fauve !

                La strophe 3 nous tourne vers le Bon Pasteur qui connaît ses brebis. Donc il me connaît. C’est la source de ma confiance : il est Bon et Il me connaît, il a même donné sa vie pour son Eglise dont je suis. Cela me fait penser à la prière de la paix avant la communion : « Seigneur ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise. Donne-lui cette Paix et maintiens son unité. » Ma prière est forte car elle est portée par la foi de l’Eglise. Même la prière personnelle repose sur la foi de toute l’Eglise.

                Enfin la strophe 4 évoque le bon samaritain. Cette scène est si extraordinaire, c’est une parabole mais on la prend toujours pour une histoire vraie ! Pour St André comme pour beaucoup de Pères et même de vitraux du Moyen Age de nos cathédrales[2] : le Bon Samaritain c’est le Christ qui se penche sur l’humanité tombée dans le fossé, symbolisée par l’homme attaqué par des bandits, par le Mal. L’auberge c’est l’Eglise à qui le Seigneur laisse de quoi soigner les hommes ; quant à l’huile et au vin, il y a de nombreuses interprétations : huile des sacrements, vin eucharistique ou comme ici miséricorde et amour. La monture du samaritain, c’est ses épaules où il met la brebis retrouvée. L’auteur et le priant s’appliquent à eux-mêmes ces paraboles et cet amour du Seigneur qui le comble.

     

    [1] Jérémie 38/4 - 13

    [2] Cathédrales de Chartres, Sens, Bourges. Voir en ligne sur les sites.